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Éloignement des étrangers : ce que change la circulaire du 15 avril 2026

Éloignement des étrangers : ce que change la circulaire du 15 avril 2026

Quand un étranger est interpellé, la frontière entre procédure pénale et procédure administrative d’éloignement est souvent floue.

Peut-on enchaîner une garde à vue et une retenue pour vérification du droit au séjour ? Quelles pièces pénales peuvent être transmises à la préfecture ? Un contrôle judiciaire bloque-t-il forcément une OQTF ou une rétention ?

La circulaire du garde des Sceaux du 15 avril 2026, publiée au Bulletin officiel du ministère de la Justice, essaie de clarifier ces zones grises : elle montre comment la justice et la préfecture sont invitées à se coordonner lorsqu’une personne étrangère passe d’une enquête pénale à une éventuelle mesure d’éloignement.

Analyse de la circulaire du 15 avril 2026

Le texte traite principalement de trois sujets.

D’abord, l’articulation entre la garde à vue et la retenue pour vérification du droit au séjour.

Ensuite, les conditions dans lesquelles certaines pièces de procédure pénale peuvent être communiquées à l’autorité administrative malgré le secret de l’enquête.

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Enfin, la question de savoir si une personne sous contrôle judiciaire ou sous assignation à résidence sous surveillance électronique peut quand même faire l’objet d’une mesure d’éloignement.

Garde à vue et retenue pour vérification du droit au séjour : peut-on enchaîner les deux ?

La première précision importante porte sur la retenue pour vérification du droit au séjour, souvent appelée RVDS.

Il s’agit d’une mesure administrative décidée lorsqu’un étranger ne peut pas justifier de son droit de séjourner en France lors d’un contrôle. Cette retenue est décidée par un officier de police judiciaire, le procureur doit être informé dès le début, et la durée maximale est de 24 heures.

Le CESEDA prévoit explicitement qu’une personne d’abord retenue pour vérification du droit au séjour peut ensuite être placée en garde à vue si, pendant cette retenue, apparaissent des éléments justifiant l’ouverture d’une enquête judiciaire. Dans ce cas, la durée de la retenue s’impute sur celle de la garde à vue.

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La circulaire va plus loin sur le mouvement inverse. Elle admet, dans certaines hypothèses, qu’une retenue pour vérification du droit au séjour succède à une garde à vue, notamment lorsque les investigations pénales sont terminées mais que des vérifications administratives restent à faire. Cette possibilité doit rester encadrée, que les vérifications administratives devraient en principe être anticipées pendant la garde à vue, et que la durée totale de privation de liberté doit être surveillée de près.

Sur le terrain, cet enchaînement pose une question simple : l’administration peut-elle “prolonger” indirectement une privation de liberté en changeant de base juridique ? La circulaire répond en substance que cela peut être possible, mais seulement si les opérations administratives n’ont pas pu être réalisées plus tôt et si le cadre légal de la retenue est respecté. Elle insiste aussi sur la nécessité d’aviser le procureur de la République, ce qui rejoint l’article L. 813-4 du CESEDA.

Pour une personne étrangère concernée, cette phase est décisive. Beaucoup de moyens de défense en rétention administrative reposent justement sur la régularité de ce qui s’est passé avant le placement en centre de rétention : contrôle, interpellation, garde à vue, levée de garde à vue, retenue, transmission des pièces. La circulaire montre bien que l’administration doit pouvoir justifier cette chaîne de procédure.

Secret de l’enquête : que peut recevoir la préfecture ?

Le deuxième point important concerne la transmission des pièces pénales.

En principe, le secret de l’enquête et de l’instruction protège la procédure pénale, y compris face à l’administration. Mais, dans les dossiers d’éloignement, la préfecture a besoin de certaines pièces pour démontrer la régularité des mesures privatives de liberté précédentes et, dans certains cas, pour caractériser une menace à l’ordre public.

La circulaire admet donc une transmission encadrée de certaines pièces. Elle vise notamment, par principe, les procès-verbaux d’audition portant sur la situation administrative de l’étranger, les consultations de fichiers comme le FAED, VISABIO ou le SBNA, ainsi qu’à l’issue de la garde à vue certaines pièces permettant d’établir l’identité, la nationalité, les conditions d’interpellation, de placement en garde à vue, de notification des droits et de fin de garde à vue.

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En revanche, cette communication n’est pas illimitée. L’article R. 170 du code de procédure pénale prévoit que l’autorisation peut être refusée si la demande n’est pas justifiée par un motif légitime, si la délivrance de la copie peut nuire à l’efficacité de l’enquête ou à la présomption d’innocence, et qu’elle peut être accordée seulement après occultation de certains éléments. C’est exactement l’équilibre que la circulaire essaie de formaliser.

Contrôle judiciaire, bracelet électronique et éloignement : compatible ou non ?

Le troisième volet du texte est particulièrement sensible.

La circulaire rappelle qu’en principe, le fait qu’une personne étrangère soit engagée dans une procédure pénale ne fait pas automatiquement obstacle à une mesure d’éloignement. Une personne sous contrôle judiciaire ou sous assignation à résidence sous surveillance électronique peut être visée par une mesure d’éloignement.

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Mais il faut immédiatement ajouter une nuance essentielle. La circulaire explique aussi que, lorsque la personne est effectivement soumise à un contrôle judiciaire ou à une ARSE, l’autorité préfectorale doit en tenir compte et ne peut pas exécuter l’éloignement comme si ces contraintes judiciaires n’existaient pas. En dehors de ces cas précis, l’éloignement reste juridiquement possible, mais il peut perturber les droits de la défense, l’accès aux soins, la représentation en justice ou encore les droits de la victime. C’est pour cela que le texte demande une appréciation coordonnée entre les autorités.

Cette circulaire change d’abord la pratique. Elle confirme que la préfecture et le parquet doivent se parler plus tôt et plus efficacement. Elle confirme aussi qu’une sortie de garde à vue peut être pensée, dans la mesure du possible, en lien avec une mesure d’éloignement ou de rétention. Pour un étranger interpellé, cela signifie que le volet “séjour” du dossier peut s’accélérer très vite après la phase pénale.

Ce que la circulaire ne change pas

La circulaire n’efface ni les droits de la défense, ni le contrôle du juge, ni les garanties du CESEDA. Elle ne transforme pas non plus automatiquement une procédure pénale en procédure d’éloignement. Elle rappelle un cadre, mais chaque mesure reste contestable si les conditions légales ne sont pas respectées.

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En clair, le texte renforce la coordination administrative et judiciaire, mais il ne supprime pas les moyens de défense. Il rend même certains débats plus visibles : durée totale de privation de liberté, qualité des pièces transmises, justification du motif légitime, effet du contrôle judiciaire sur l’exécution de l’éloignement.

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Il ne suffit pas de regarder la décision préfectorale elle-même. Il faut aussi vérifier tout ce qui l’a précédée : contrôle d’identité, retenue, garde à vue, levée de garde à vue, transmission des pièces, fondement de la menace à l’ordre public, compatibilité avec les obligations judiciaires. C’est précisément ce que la circulaire du 15 avril 2026 pousse les autorités à mieux encadrer.

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Carte bleue européenne 2026 : ce qui change en France

Carte bleue européenne 2026 : ce qui change en France

La carte bleue européenne est souvent présentée comme le titre de séjour des profils hautement qualifiés qui veulent travailler en Europe. C’est vrai, mais la réalité juridique est plus technique : le décret n° 2026-308 du 24 avril 2026, entré en vigueur le 26 avril 2026, ajuste le régime français de la carte bleue européenne pour faciliter la mobilité intra-européenne et mieux préparer l’accès au dispositif par l’expérience professionnelle, en complément du diplôme. Le texte a bien été publié au Journal officiel du 25 avril 2026.

L’idée centrale est simple : la France ne change pas complètement l’économie générale du dispositif, mais elle le rend plus fluide pour deux catégories de personnes.

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D’abord, les titulaires d’une carte bleue européenne délivrée par un autre État membre de l’Union européenne, qui peuvent désormais venir travailler en France pour une courte durée sans passer par une autorisation de travail.

Ensuite, les profils hautement qualifiés qui n’ont pas forcément le diplôme “classique”, mais une expérience professionnelle pertinente, même si cette ouverture reste encore partiellement suspendue à un futur arrêté ministériel

L’apport du décret du 24 avril 2026

Le décret du 24 avril 2026 poursuit la mise en conformité du droit français avec la directive (UE) 2021/1883 sur la carte bleue européenne. Il modifie à la fois le code du travail et le CESEDA.

Son apport le plus concret tient à deux points.

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D’un côté, il complète l’article R. 5221-2 du code du travail pour ajouter un nouveau cas de dispense d’autorisation de travail. Sont désormais dispensés d’autorisation de travail, pour une activité salariée en France d’une durée maximale de 90 jours sur toute période de 180 jours, les titulaires d’une carte bleue européenne ou d’une carte de résident de longue durée-UE portant la mention “Ancien titulaire d’une carte bleue européenne”, lorsque ce titre a été délivré par un autre État membre.

De l’autre côté, le décret crée l’article R. 421-21 C du CESEDA. Ce texte organise la nouvelle voie d’accès fondée sur l’expérience professionnelle pertinente : un arrêté des ministres chargés de l’immigration et du travail devra fixer la liste des professions pour lesquelles 3 années d’expérience sur les 7 dernières années pourront ouvrir droit à la carte bleue européenne. À ce stade, le code renvoie toujours à cet arrêté, ce qui montre que la réforme est engagée mais pas entièrement finalisée.

L’importance de cette réforme

La réforme est importante parce qu’elle répond à deux critiques récurrentes du système.

Première critique : la mobilité intra-européenne restait parfois plus théorique que réellement simple.

Deuxième critique : le dispositif valorisait surtout le diplôme, alors que certains secteurs recrutent aussi des profils très qualifiés grâce à leur expérience, notamment dans les métiers techniques et numériques.

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La directive (UE) 2021/1883 allait précisément dans ce sens : rendre la carte bleue plus attractive, mieux reconnue dans l’Union et plus adaptée au marché du travail contemporain.

Cette directive visait ainsi à faciliter l’entrée et le séjour des travailleurs hautement qualifiés ressortissants de pays tiers, tout en améliorant leur mobilité au sein de l’Union.

Le décret français du 24 avril 2026 s’inscrit clairement dans cette logique. Il ne révolutionne pas tout, mais il enlève un verrou important pour la mobilité courte et prépare un second assouplissement autour de l’expérience professionnelle.

Ce qui change en pratique

La mobilité de courte durée devient plus simple

C’est le changement le plus immédiatement opérationnel. Avant, un titre de séjour délivré par un autre pays de l’Union ne permettait pas, en principe, de travailler en France.

Le décret crée ici une exception ciblée pour la carte bleue européenne. Désormais, le titulaire d’une carte bleue européenne délivrée par un autre État membre, ou l’ancien titulaire disposant d’une carte de résident longue durée-UE correspondante, peut venir exercer une activité salariée en France jusqu’à 90 jours sur 180 jours sans autorisation de travail. C’est une avancée très concrète pour les entreprises internationales, les talents mobiles et les groupes présents dans plusieurs pays de l’Union.

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En pratique, cela ne veut pas dire que tout devient libre de conditions. Cela signifie seulement que, pour cette mobilité courte, l’étape administrative de l’autorisation de travail n’est plus requise dans ce cas précis. Pour des mobilités plus longues ou une installation en France, d’autres règles continuent de s’appliquer.

La reconnaissance de l’expérience professionnelle progresse

C’est probablement la partie la plus stratégique de la réforme, même si elle n’est pas encore totalement aboutie. L’article L. 421-11 du CESEDA prévoit désormais que la carte de séjour pluriannuelle “talent-carte bleue européenne” peut être délivrée à l’étranger qui occupe un emploi hautement qualifié pendant au moins 6 mois et justifie soit :

  • d’un diplôme sanctionnant au moins 3 années d’études supérieures,
  • soit d’une expérience professionnelle d’au moins 5 ans d’un niveau comparable,
  • soit, dans certaines professions à fixer par décret, d’au moins 3 ans d’expérience professionnelle pertinente au cours des 7 années précédant la demande.

Cette dernière voie “3 ans sur 7” existait dans la loi, mais qu’elle restait incomplète faute de texte d’application.

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Le décret du 24 avril 2026 avance sur ce point en créant l’article R. 421-21 C, qui renvoie à un arrêté ministériel pour la liste des professions concernées. À ce jour, le code renvoie toujours à cet arrêté à venir.

Attention, les exigences de fond ne sont pas modifiées

Le décret du 24 avril 2026 ne supprime pas les exigences de fond de la carte bleue européenne. Il ne supprime ni la logique d’emploi hautement qualifié, ni l’exigence d’un contrat de travail, ni celle d’un seuil de rémunération fixé par les textes. L’article L. 421-11 maintient ces conditions générales.

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Il ne transforme pas non plus immédiatement la voie “expérience pertinente 3 ans sur 7” en guichet ouvert à tous les profils. Le décret crée le mécanisme, mais son champ précis dépend encore d’un arrêté à venir. C’est la principale limite du texte à ce stade.

En conclusion

Pour un employeur ou un candidat, la réforme appelle une lecture simple.

Si le profil dispose déjà d’un diplôme Bac+3 ou plus ou d’une expérience de 5 ans de niveau comparable, la carte bleue européenne restait déjà envisageable, sous réserve des autres conditions, notamment le niveau de rémunération et l’emploi hautement qualifié. Le décret n’a pas supprimé ce cadre.

En revanche, pour les profils qui veulent entrer par la voie plus récente des 3 années d’expérience pertinente sur 7 ans, il faut rester prudent. Le principe légal existe bien, et le décret a créé le support réglementaire, mais l’application concrète dépend encore de la liste des professions qui sera fixée par arrêté. Tant que cette liste n’est pas fixée, cette voie reste juridiquement annoncée mais pas totalement opérationnelle.

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Enfin, n’oublions pas que le régime de la mobilité longue n’a pas été créé par le décret de 2026, mais il reste important à comprendre. L’article R. 421-21 du CESEDA prévoit qu’un étranger justifiant d’un séjour d’au moins 18 mois dans un autre État membre sous couvert d’une carte bleue européenne peut solliciter en France une carte de séjour pluriannuelle “talent-carte bleue européenne”. La décision d’admission au séjour en France doit alors être communiquée à l’autorité compétente du premier État membre.

Cette règle complète bien la réforme de 2026 :

  • mobilité courte de 90/180 jours sans autorisation de travail ;
  • mobilité plus longue avec demande de titre en France selon le régime de la carte bleue.

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Sur le plan pratique, la carte bleue européenne relève de la famille des titres “talent”. Pour un séjour d’au moins un an, le demandeur doit en principe passer par un visa de long séjour talent puis déposer sa demande de carte sur internet ; pour un séjour inférieur à un an, un VLS-TS talent peut suffire. La démarche se fait via l’ANEF.

Le CESEDA prévoit que la carte bleue européenne est une carte de séjour pluriannuelle. Elle permet l’exercice de l’activité salariée correspondant aux critères qui ont justifié sa délivrance, et, en cas de perte involontaire d’emploi, son renouvellement peut être adapté à la durée des droits à l’assurance chômage.

Autre point pratique utile : il existe un formulaire spécifique Cerfa 15615 intitulé Éléments du contrat de travail justifiant une demande de carte de séjour pluriannuelle Talent “Carte bleue européenne”. Cela confirme qu’en pratique, le dossier repose très fortement sur la nature du poste, la durée du contrat et le niveau de qualification attendu.

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Ainsi, EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

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Abandon de poste : contester la présomption de démission

Abandon de poste : contester la présomption de démission

Depuis 2023, un salarié qui abandonne volontairement son poste peut être considéré comme démissionnaire, à condition que l’employeur respecte une procédure précise.

Mais attention : tous les abandons de poste ne valent pas démission.

Une décision récente de la cour d’appel d’Amiens du 4 février 2026 rappelle une règle importante : même si le salarié ne répond pas dans le délai prévu par la mise en demeure, la présomption de démission peut être renversée lorsqu’il justifie ensuite d’un motif sérieux et involontaire d’absence, puis reprend son travail.

Qu’est-ce que la présomption de démission pour abandon de poste ?

La présomption de démission est un mécanisme prévu par l’article L. 1237-1-1 du Code du travail.

Il permet à l’employeur de considérer qu’un salarié a démissionné lorsque celui-ci :

  • abandonne volontairement son poste ;
  • ne justifie pas son absence ;
  • ne reprend pas le travail après une mise en demeure ;
  • ne respecte pas le délai fixé par l’employeur.

Le texte précise que le salarié est présumé démissionnaire à l’expiration du délai fixé dans la mise en demeure.

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En pratique, cette présomption est lourde de conséquences : une démission ne donne généralement pas droit à l’allocation chômage, contrairement à un licenciement.

Ainsi, la présomption de démission ne s’applique que si l’abandon de poste est volontaire.

Si le salarié a un motif légitime, il ne peut pas être traité automatiquement comme démissionnaire.

Peuvent notamment constituer des motifs légitimes :

  • un arrêt maladie ;
  • un accident ;
  • une hospitalisation ;
  • l’exercice du droit de retrait ;
  • l’exercice du droit de grève ;
  • le refus d’exécuter une instruction illégale ;
  • une modification du contrat imposée par l’employeur.

L’employeur doit demander par écrit au salarié de justifier son absence et de reprendre son poste, avec un délai minimum de 15 jours calendaires.

Quelle procédure l’employeur doit-il respecter ?

L’employeur ne peut pas décider seul, du jour au lendemain, qu’un salarié a démissionné.

Il doit d’abord adresser une mise en demeure au salarié, par lettre recommandée ou par lettre remise en main propre contre décharge. Cette mise en demeure doit demander au salarié de justifier son absence et de reprendre son poste.

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Le délai laissé au salarié ne peut pas être inférieur à 15 jours calendaires. Ce délai commence à courir à compter de la date de présentation de la mise en demeure, et non à compter du jour où le salarié la lit effectivement.

La mise en demeure doit permettre au salarié de comprendre les conséquences de son silence ou de son absence de reprise du travail. Autrement dit, l’employeur doit informer clairement le salarié qu’il risque d’être considéré comme démissionnaire.

L’affaire jugée par la cour d’appel d’Amiens : un salarié malade qui reprend son poste

Dans l’affaire jugée le 4 février 2026, le salarié était initialement en arrêt maladie. Il avait informé son employeur de son premier arrêt, mais n’avait pas transmis à temps la prolongation.

L’employeur lui adresse alors une mise en demeure, lui demandant de justifier son absence ou de reprendre le travail avant une certaine date. Le salarié ne répond pas dans le délai fixé.

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Mais ensuite, plusieurs éléments changent la situation :

  • l’employeur reçoit un arrêt de travail couvrant une partie de l’absence ;
  • le salarié bénéficie ensuite de congés payés prévus de longue date ;
  • le salarié reprend finalement son travail pendant trois semaines ;
  • l’employeur lui remet seulement après ses documents de fin de contrat.

La cour d’appel d’Amiens considère que la présomption de démission ne pouvait pas s’appliquer. Le salarié avait justifié d’un motif sérieux et involontaire d’absence, puis il avait repris le travail. La rupture du contrat devait donc être analysée comme un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Ainsi, la procédure de présomption de démission ne doit pas devenir une sanction automatique.

L’employeur doit vérifier la réalité de la situation.

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Un salarié qui ne répond pas immédiatement à une mise en demeure n’est pas forcément un salarié qui veut démissionner. Il peut être malade, hospitalisé, en difficulté personnelle ou dans l’impossibilité matérielle de répondre.

La cour d’appel d’Amiens retient ici une approche concrète : si le salarié reprend le travail et si l’employeur accepte cette reprise pendant plusieurs semaines, il devient difficile de soutenir ensuite que le contrat était déjà rompu par une démission présumée.

Présomption de démission : comment réagir

Que doit faire un salarié qui reçoit une mise en demeure ?

Un salarié qui reçoit une mise en demeure pour abandon de poste doit agir très vite.

Il doit idéalement :

  1. répondre par écrit à l’employeur ;
  2. transmettre les justificatifs disponibles ;
  3. conserver une preuve d’envoi ;
  4. expliquer clairement le motif de l’absence ;
  5. reprendre le travail si son état le permet ;
  6. consulter un avocat si l’employeur maintient la rupture.

En cas d’arrêt maladie, il faut transmettre l’arrêt initial et les prolongations dans les meilleurs délais. Même si un retard peut parfois être expliqué, il augmente fortement le risque de contentieux.

Il peut ensuite saisir le Conseil de Prud’hommes.

La contestation est directement portée devant le bureau de jugement. Le juge doit se prononcer sur la nature de la rupture et ses conséquences. Le Code du travail prévoit que le conseil de prud’hommes statue au fond dans un délai d’un mois à compter de sa saisine.

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Le salarié peut demander au juge de dire que la rupture ne constitue pas une démission, mais un licenciement injustifié.

Les arguments peuvent notamment être les suivants :

  • l’absence n’était pas volontaire ;
  • le salarié était malade ;
  • la mise en demeure était irrégulière ;
  • le délai de 15 jours n’a pas été respecté ;
  • la lettre ne précisait pas clairement les conséquences ;
  • l’employeur a accepté la reprise du travail ;
  • la rupture a été actée tardivement ;
  • les documents de fin de contrat sont erronés.

Que doit faire l’employeur avant d’appliquer la présomption de démission ?

L’employeur doit éviter les automatismes.

Avant d’appliquer la présomption de démission, il doit vérifier :

  • si l’absence est réellement volontaire ;
  • si le salarié a été correctement mis en demeure ;
  • si le délai de 15 jours minimum a été respecté ;
  • si la lettre mentionne clairement les conséquences possibles ;
  • si le salarié a fourni un motif légitime ;
  • si l’entreprise n’a pas, par son comportement, accepté la poursuite du contrat.

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La décision de la cour d’appel d’Amiens montre un risque pratique important : si l’employeur laisse le salarié reprendre son travail pendant plusieurs semaines, puis lui remet ensuite ses documents de fin de contrat, la rupture peut être requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Quels impacts sur les droits au chômage ?

Une présomption de démission peut priver le salarié de l’allocation chômage, sauf situation particulière.

À l’inverse, si la rupture est requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse, le salarié peut demander :

  • une indemnité de licenciement, si les conditions sont remplies ;
  • une indemnité compensatrice de préavis ;
  • une indemnité pour licenciement injustifié ;
  • la rectification des documents de fin de contrat ;
  • une attestation France Travail conforme.

Lorsque le contrat prend fin, l’employeur doit remettre au salarié plusieurs documents, dont l’attestation destinée à France Travail. Ce document permet au salarié de faire valoir ses droits aux allocations chômage.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour mettre en oeuvre ou contester une procédure de présomption de démission?

La présomption de démission est un outil puissant pour l’employeur, mais elle doit être utilisée avec prudence.

Un salarié absent n’est pas forcément démissionnaire.

Lorsque l’absence est justifiée par un motif sérieux, notamment médical, et que le salarié reprend ensuite son travail, la présomption de démission peut être contestée.

La décision de la cour d’appel d’Amiens du 4 février 2026 rappelle que les juges examinent la réalité de la situation, et pas seulement le silence du salarié dans le délai de mise en demeure.

Chez Exilae Avocats, nous vous accompagnons en ce sens.

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Ainsi, EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

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Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

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Nationalité française : éviter la perte par désuétude

Nationalité française : éviter la perte par désuétude

La nationalité française peut se transmettre par les parents. Mais lorsqu’une famille vit à l’étranger depuis plusieurs générations, l’administration ou les tribunaux peuvent parfois opposer ce que l’on appelle la perte de nationalité française par désuétude.

Cette notion est technique, souvent mal comprise, et peut avoir des conséquences très lourdes : refus de certificat de nationalité française, impossibilité d’obtenir un passeport français, contestation de la nationalité d’un enfant ou d’un descendant.

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Un arrêt récent de la Cour de cassation du 25 mars 2026 apporte une précision importante : lorsqu’un parent a été reconnu français par une décision de justice rendue avant l’expiration du délai de 50 ans, cette décision peut empêcher que la désuétude soit opposée à son enfant.

Qu’est-ce que la perte de nationalité française par désuétude ?

La “désuétude” signifie, en langage simple, que la nationalité française n’a pas été utilisée ou revendiquée pendant une très longue période.

En droit français, les articles 23-6 et 30-3 du Code civil permettent, dans certaines situations, de constater la perte de la nationalité française lorsque la personne et ses ascendants ont vécu durablement à l’étranger sans avoir eu de lien juridique ou administratif visible avec la France.

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L’article 30-3 du Code civil vise notamment le cas d’une personne qui réside ou a résidé habituellement à l’étranger, alors que les ascendants dont elle tient la nationalité française sont restés fixés à l’étranger pendant plus d’un demi-siècle. Dans ce cas, la personne ne peut pas prouver sa nationalité française par filiation si elle-même et le parent qui devait lui transmettre cette nationalité n’ont pas eu la possession d’état de Français.

Autrement dit, la question n’est pas seulement : “Ai-je un ancêtre français ?” La vraie question est souvent : la nationalité française a-t-elle été juridiquement ou administrativement reconnue dans la famille pendant le délai de 50 ans ?

La possession d’état de Français : de quoi parle-t-on ?

La possession d’état de Français correspond à une situation dans laquelle une personne :

  • s’est comportée comme française ;
  • et a été considérée comme française par les autorités publiques.

Elle peut notamment être prouvée par des documents français : carte nationale d’identité, passeport, inscription consulaire, carte électorale, documents administratifs, ou encore décision de justice reconnaissant la nationalité française.

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Dans certains dossiers de certificat de nationalité française, il peut être nécessaire de produire des documents démontrant la possession d’état de Français, c’est-à-dire le fait de se comporter comme Français et d’être considéré comme tel par les autorités publiques.

L’arrêt du 25 mars 2026 : une décision favorable aux descendants de Français

Dans l’affaire jugée le 25 mars 2026, le demandeur revendiquait la nationalité française par sa mère. Celle-ci avait été reconnue française par une décision de justice rendue en 2009. La cour d’appel avait pourtant estimé que cette décision ne suffisait pas à établir une possession d’état de Française pendant le délai de 50 ans.

La Cour de cassation censure cette analyse.

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Elle juge que la désuétude de l’article 30-3 du Code civil ne peut pas être opposée à une personne lorsque le parent dont elle tient la nationalité française a été reconnu français par une décision de justice rendue avant l’expiration du délai cinquantenaire.

C’est une précision majeure.

Pourquoi ? Parce que la Cour de cassation admet qu’un événement ponctuel, mais juridiquement fort — ici, une décision de justice reconnaissant la nationalité française du parent — peut suffire à établir la possession d’état de Français.

Il n’est donc pas toujours nécessaire de prouver une accumulation de documents ou un comportement constant pendant toute la période de 50 ans.

Cette décision est importante pour toutes les personnes qui demandent un certificat de nationalité française en se fondant sur une filiation ancienne.

Elle peut concerner, par exemple, des familles établies depuis longtemps à l’étranger, notamment dans des pays anciennement liés à la France, lorsque la nationalité française d’un parent ou d’un ascendant a déjà été reconnue par un jugement.

Concrètement, si votre parent a été déclaré français par une décision de justice avant la fin du délai de 50 ans, il faut absolument produire cette décision dans votre dossier.

Si le parent a bénéficié d’une décision de justice le disant français, cette décision doit être fournie dans le dossier de demande de certificat de nationalité française.

Cette pièce peut devenir centrale pour contester un refus fondé sur l’article 30-3 du Code civil.

Attention : le refus de certificat de nationalité n’est pas la perte de nationalité

C’est un point essentiel.

Le greffe peut refuser de délivrer un certificat de nationalité française. Mais cela ne signifie pas automatiquement que la personne a perdu la nationalité française.

La perte de nationalité par désuétude doit être constatée par un jugement. L’article 23-6 du Code civil prévoit que seul le juge peut déterminer la date à laquelle la nationalité française a été perdue.

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Cette distinction est fondamentale.

Un refus de CNF peut être contesté. Il faut alors analyser les actes d’état civil, les décisions judiciaires déjà rendues dans la famille, les documents administratifs français et les éléments de possession d’état.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner dans le cadre d’une demande de certificat de nationalité française ?

Avant toute demande, il faut reconstituer la chaîne de filiation : actes de naissance, actes de mariage, actes de reconnaissance, décisions de justice, documents d’identité français, inscriptions consulaires, preuves de résidence, etc.

Dans les dossiers de nationalité par filiation, il faut produire les actes de naissance des ascendants en remontant jusqu’au premier ascendant français, ainsi que les documents établissant les liens de filiation.

Le greffe peut demander des pièces complémentaires. Il faut respecter les délais fixés. Une fois le dossier complet, un récépissé est délivré.

Le greffe dispose en principe d’un délai de 6 mois à compter de la délivrance du récépissé pour prendre une décision, délai qui peut être prolongé deux fois. En l’absence de réponse à l’issue des délais, la demande est considérée comme refusé.

En cas de refus, il est possible de former un recours contentieux devant le tribunal judiciaire compétent. L’avocat est obligatoire. Le recours doit être exercé dans un délai de 6 mois à compter de la notification du refus ou de la fin des délais lorsque le silence vaut rejet.

Il existe également une action pour faire juger que l’on est français. Cette action n’est pas soumise à délai, mais l’avocat est également obligatoire.

Chez Exilae Avocats, nous vous accompagnons en ce sens.

A lire également : EXILAE Avocats : un cabinet engagé en droit social, droit des étrangers et contentieux sensibles

Ainsi, EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

EXILAE Avocats est un cabinet exigeant sur le plan technique.

Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

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Vente illégale de tabac en épicerie : les risques sur le titre de séjour

Vente illégale de tabac en épicerie : les risques sur le titre de séjour

En France, le tabac n’est pas un produit comme les autres. Sa vente est strictement encadrée.

Une épicerie ne peut pas vendre des cigarettes ou du tabac librement comme elle vend des boissons ou des produits alimentaires. Pour un étranger qui exploite un commerce, cette règle est essentielle : une vente irrégulière peut avoir des conséquences pénales, mais aussi administratives sur le séjour et la naturalisation.

Une épicerie peut-elle vendre du tabac ?

Le Code de la santé publique prévoit que la vente au détail de tabacs manufacturés est assurée par trois canaux seulement : les débitants de tabac, les revendeurs au sens légal, et les boutiques de vente hors taxe. Le revendeur est défini comme un établissement dont la vente de tabac est accessoire à l’activité principale, avec déclaration préalable, et un approvisionnement exclusif auprès des débitants de tabac.

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Mais cette définition ne suffit pas à ouvrir la revente à tous les commerces. Le décret décret du 29 août 2025, entré en vigueur le 1er octobre 2025, dans sa version en vigueur au 23 avril 2026, précise qu’en qualité de revendeur, seuls peuvent vendre du tabac : les établissements titulaires d’une licence III, licence IV ou licence restaurant, certaines stations-service, ainsi que certains établissements militaires, pénitentiaires ou accueillant une population dont la liberté d’aller et venir est restreinte.

Une épicerie simple, en tant que telle, n’apparaît pas dans cette liste.

En clair, une épicerie qui vend des cigarettes sans relever d’une de ces catégories autorisées se place hors du cadre légal de la revente. C’est le point central à retenir

Quelles sanctions pénales en cas de vente frauduleuse ?

La détention frauduleuse en vue de la vente et la vente frauduleuse de tabacs manufacturés sont punies de 3 ans d’emprisonnement, avec saisie et confiscation des moyens de transport, récipients, emballages, ustensiles, machines ou appareils. En bande organisée, la peine d’emprisonnement est portée à 10 ans.

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Aux peines d’emprisonnement s’ajoutent des sanctions financières très lourdes. Les textes prévoient, pour la fabrication, la détention, la vente ou le transport illicites de tabac, une amende de 2 000 € à 10 000 € et une pénalité de une à dix fois le montant des droits fraudés. En cas de bande organisée, l’amende passe à 100 000 € à 500 000 € et la pénalité à 50 à 100 fois les prélèvements fraudés ou compromis.

Le Code de la santé publique précise aussi que ces sanctions peuvent se cumuler avec la confiscation des marchandises saisies, ainsi qu’avec la confiscation des biens et avoirs constituant le produit direct ou indirect de l’infraction.

Pourquoi le risque est encore plus grave pour un étranger ?

Pour un commerçant étranger, le dossier ne s’arrête pas à l’audience pénale.

Impact sur le titre de séjour

La préfecture peut apprécier les faits au regard de l’ordre public. Le CESEDA prévoit qu’une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut être retirée si la présence en France constitue une menace pour l’ordre public. Pour la carte de résident, le retrait et le refus de renouvellement sont liés à la notion plus exigeante de menace grave pour l’ordre public.

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Autrement dit, une affaire de vente illicite de tabac dans une épicerie peut fragiliser un renouvellement de titre, surtout si les faits sont répétés, organisés, lucratifs, ou ont donné lieu à une condamnation. Il n’existe pas d’automaticité absolue, mais juridiquement, la préfecture dispose bien d’un fondement pour mobiliser l’ordre public contre l’étranger concerné.

Risque d’OQTF

L’article L. 611-1 du CESEDA permet à l’administration de prononcer une obligation de quitter le territoire français lorsque l’étranger s’est vu refuser un titre de séjour, son renouvellement, ou s’est vu retirer ce document.

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Il existe toutefois une nuance importante pour la carte de résident : l’article L. 432-12 prévoit que l’article L. 611-1 n’est pas applicable lorsque l’étranger titulaire d’une carte de résident se voit refuser son renouvellement pour menace grave à l’ordre public ou retirer sa carte dans ce cadre.

Ainsi, une affaire pénale de ce type peut déclencher un contentieux du séjour, et selon le titre détenu, elle peut exposer à une OQTF ou à d’autres mesures défavorables.

Risque sur la naturalisation

La naturalisation suppose que le demandeur soit de bonnes vie et mœurs. C’est expressément prévu par l’article 21-23 du Code civil.

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Le Code civil va plus loin : une personne ne peut pas acquérir la nationalité française si, quelle que soit l’infraction, elle a été condamnée à une peine égale ou supérieure à six mois d’emprisonnement sans sursis, sous réserve des règles applicables à sa situation.

Pour un commerçant étranger, le risque est donc concret : une activité de vente illicite de tabac peut être lue par l’administration comme un manquement grave aux lois françaises, défavorable à la fois sur la moralité, la probité commerciale et le respect de l’ordre public.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous défendre?

Il faut traiter ce type de dossier comme un triple risque : pénal, administratif et migratoire. En pratique, il faut arrêter immédiatement toute revente, sécuriser les pièces du dossier, analyser le mode d’approvisionnement, anticiper la lecture “ordre public” du dossier par la préfecture, et préparer dès maintenant l’impact éventuel sur un renouvellement de titre ou une naturalisation.

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Chômage 2026 : primo-entrants et rupture conventionnelle

Chômage 2026 : primo-entrants et rupture conventionnelle

Depuis le 1er avril 2026, certaines personnes qui demandent l’ARE pour la première fois, ou qui n’en ont pas bénéficié depuis longtemps, peuvent ouvrir des droits avec 5 mois d’activité au lieu de 6.

En parallèle, une autre mesure très commentée vise à réduire la durée d’indemnisation en cas de rupture conventionnelle, mais, à la date du 21 avril 2026, cette seconde réforme n’est pas encore entrée en vigueur.

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C’est précisément la nuance qu’il faut comprendre pour éviter les erreurs. En avril 2026, il y a d’un côté une réforme déjà applicable pour les primo-entrants, validée par un arrêté du 28 mars 2026 et un décret du 28 mars 2026 publiés au Journal officiel du 29 mars ; de l’autre, une réforme encore en discussion sur la rupture conventionnelle, dont le véhicule législatif a été rejeté par l’Assemblée nationale le 16 avril 2026 et renvoyé en deuxième lecture au Sénat le 17 avril 2026.

Définition de la notion de “primo-entrant”

Dans le cadre de l’assurance chômage, cela vise les demandeurs d’emploi qui n’ont pas bénéficié d’une admission à l’ARE dans les 20 années précédant leur inscription.

Ce qui change depuis le 1er avril 2026 pour les primo-entrants

La réforme déjà entrée en vigueur abaisse la condition minimale d’affiliation pour certains allocataires. L’arrêté du 28 mars 2026 agrée les dispositions de la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024 relatives aux demandeurs d’emploi “primo-entrants” et prévoit qu’elles s’appliquent aux travailleurs privés d’emploi dont la fin de contrat est intervenue à compter du 1er avril 2026.

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Pour ces personnes, l’ouverture des droits peut désormais se faire avec 108 jours travaillés ou 758 heures travaillées, soit 5 mois d’activité, au lieu de 6 mois, sur la période de référence habituelle de 24 mois ou 36 mois pour les personnes d’au moins 55 ans.

En miroir, le décret n° 2026-214 du 28 mars 2026 prévoit une durée minimale d’indemnisation de 152 jours calendaires, au lieu de 182, pour ces allocataires bénéficiant d’une condition d’affiliation spécifique, ainsi que pour certains travailleurs saisonniers. Le décret précise qu’il entre en vigueur le lendemain de sa publication.

Et pour les ruptures conventionnelles, où en est-on vraiment ?

C’est le sujet qui appelle le plus de prudence. Il semble qu’un avenant n° 3 du 25 février 2026 prévoit de réduire la durée maximale d’indemnisation des demandeurs d’emploi dont le contrat a été rompu par une rupture conventionnelle homologuée. Mais il précise aussi que cette mesure nécessite une intervention du législateur.

Au 21 avril 2026, cette réforme n’est donc pas applicable. Le dossier législatif de l’Assemblée nationale montre que le projet de loi correspondant a été adopté par le Sénat le 1er avril 2026, puis rejeté par l’Assemblée nationale le 16 avril 2026, avant d’être renvoyé en deuxième lecture au Sénat le 17 avril 2026. Tant que le texte n’est pas définitivement voté puis agréé, les nouvelles durées spécifiques liées à la rupture conventionnelle ne s’appliquent pas.

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À terme, les demandeurs d’emploi dont le contrat a pris fin par rupture conventionnelle homologuée seraient indemnisés pour une durée maximale inférieure au droit commun : 15 mois pour les moins de 55 ans, 20,5 mois pour les 55-57 ans, et 20,5 mois également pour les 57 ans et plus, avec des durées différentes en outre-mer.

Une prolongation pourrait être demandée par les allocataires d’au moins 55 ans, lors de l’examen de leur situation au 12e mois d’indemnisation, avec possibilité de recours en cas de refus. Mais encore une fois, ce mécanisme reste, à ce jour, dans le champ du projet, pas dans celui du droit déjà applicable.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner dans une rupture conventionnelle de votre contrat de travail ?

Aujourd’hui, beaucoup de salariés pensent encore que la rupture conventionnelle ouvre “automatiquement” droit au chômage dans des conditions inchangées. En avril 2026, ce raisonnement est encore juridiquement vrai sur le principe général, mais il est devenu instable politiquement et législativement.

Il faut donc faire attention.

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Blanchiment : dépenses courantes et fonds frauduleux

Blanchiment : dépenses courantes et fonds frauduleux

Quand on parle de blanchiment, beaucoup imaginent des montages offshore, des sociétés écrans ou des circuits bancaires sophistiqués. Pourtant, utiliser de l’argent provenant d’une infraction pour rembourser des traites ou payer des dépenses courantes peut déjà relever du blanchiment. Dans son arrêt du 25 mars 2026, la Cour de cassation juge en effet que toute opération qui fait entrer le produit d’un délit dans le circuit économique constitue une opération de placement, au sens de l’article 324-1 du code pénal.

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C’est une décision importante, car elle évite une erreur fréquente : croire que le blanchiment suppose forcément une dissimulation complexe. Dans l’affaire jugée, l’utilisation d’une somme remise en espèces, issue d’une escroquerie, pour régler des traites et des dépenses courantes ne constitue pas une opération de dissimulation, mais bien une opération de placement.

Les faits de l’arrêt du 25 mars 2026

L’affaire portait sur un système d’escroqueries au préjudice de sociétés d’affacturage. Après remise des fonds issus de l’escroquerie, l’un des prévenus avait perçu 8 000 euros en numéraire, utilisés ensuite pour rembourser des traites et couvrir des dépenses de la vie courante. Les juges d’appel avaient retenu un blanchiment par dissimulation. La Cour de cassation maintient la culpabilité, mais précise que la bonne qualification est celle de blanchiment par placement.

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La formule retenue par la Cour est très large : “toute opération qui conduit à faire entrer dans le circuit économique le produit direct ou indirect d’un délit constitue un placement”. Cette phrase change beaucoup de choses en pratique. Elle signifie que le blanchiment ne se limite pas à cacher l’origine de l’argent dans des montages élaborés. Il peut aussi commencer dès que l’argent illicite est réinjecté dans l’économie, même pour des usages très ordinaires.

Placement, dissimulation, conversion : quelle différence ?

L’article 324-1 du code pénal punit non seulement le fait de justifier mensongèrement l’origine de biens ou revenus issus d’un crime ou d’un délit, mais aussi le fait d’apporter son concours à une opération de placement, de dissimulation ou de conversion du produit direct ou indirect d’une infraction. Le texte prévoit une peine de 5 ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende.

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La décision de 2026 est utile parce qu’elle clarifie surtout la notion de placement. La dissimulation, au sens pénal du blanchiment, suppose plutôt une véritable machination juridique ou financière destinée à masquer l’origine des fonds : prête-noms, transfert à l’étranger, faux contrats ou autres montages.

À l’inverse, quand l’argent frauduleux est simplement utilisé pour rembourser une dette, régler une charge ou payer des dépenses de la vie courante, la Cour considère que l’on se trouve dans l’hypothèse du placement, parce que l’argent entre dans le circuit économique.

Autrement dit, il ne faut pas confondre blanchiment et mise en scène sophistiquée. Juridiquement, le blanchiment peut commencer beaucoup plus tôt et beaucoup plus simplement. C’est ce qui rend cet arrêt important pour les entrepreneurs, les dirigeants, les commerçants et, plus largement, toute personne qui manipule des flux d’argent sans s’interroger suffisamment sur leur origine.

Et si l’auteur de l’infraction est un étranger en France

Cette décision a une portée concrète en droit des étrangers.

En France, la délivrance ou le renouvellement d’une carte de séjour temporaire, pluriannuelle ou de résident peut être refusé à un étranger lorsque sa présence constitue une menace pour l’ordre public. Une carte déjà délivrée peut également être retirée sur ce fondement, avec un seuil de gravité renforcé pour la carte de résident.

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Cela ne veut pas dire qu’une poursuite ou une condamnation pour blanchiment entraîne automatiquement la perte du séjour. Mais, en pratique, une affaire de blanchiment peut peser très lourd dans l’appréciation préfectorale de l’ordre public, puis, dans certains cas graves, dans une éventuelle expulsion, qui suppose pour sa part une menace grave pour l’ordre public et obéit à un régime encore plus encadré.

La question se pose aussi en matière de nationalité française. L’article 21-23 du code civil prévoit qu’une personne ne peut pas être naturalisée si elle n’est pas de bonnes vie et mœurs. Une implication dans des faits de blanchiment, ou plus largement dans une délinquance financière sérieuse, peut donc fragiliser un dossier de naturalisation, même avant toute analyse plus large du parcours d’intégration.

Que faire pour le dirigeant ?

Le premier réflexe n’est pas d’attendre un contrôle. Si vous découvrez que des sommes suspectes ont circulé dans votre entreprise, ou si l’on vous demande d’utiliser des espèces ou des fonds d’origine floue pour régler des dépenses, il faut immédiatement documenter les flux, arrêter les opérations douteuses et faire auditer la situation.

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Si vous êtes un professionnel assujetti au dispositif anti-blanchiment, les obligations vont plus loin. Le portail de TRACFIN rappelle que le professionnel doit effectuer une déclaration de soupçon avant l’exécution de la transaction lorsqu’il soupçonne un lien avec le blanchiment, et qu’il doit en conséquence s’abstenir d’exécuter l’opération suspecte, sauf exceptions prévues par les textes. En 2024, TRACFIN a reçu 215 410 informations, dont 211 165 déclarations de soupçon, ce qui montre l’intensité du dispositif de surveillance.

Et si le mis en cause est étranger?

Dans ce type de dossier, il faut éviter deux erreurs.

La première est de traiter le pénal et le séjour comme deux mondes séparés.

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La seconde est d’attendre la décision préfectorale pour réagir. En pratique, il faut anticiper : analyser les faits pénaux, mesurer le risque ordre public, vérifier l’état du titre de séjour, et, si besoin, préparer la défense sur les deux terrains en même temps.

Cette stratégie est particulièrement importante pour les entrepreneurs étrangers, les travailleurs indépendants et les personnes en cours de renouvellement ou de naturalisation.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner en droit des étrangers

La décision du 25 mars 2026 change la façon de lire le blanchiment. Elle rappelle qu’il ne faut pas chercher uniquement des montages complexes pour reconnaître l’infraction.

Parfois, le simple fait d’utiliser des fonds issus d’une escroquerie pour rembourser des dettes ou payer la vie courante suffit déjà. Pour les chefs d’entreprise, les indépendants et les étrangers installés en France, la leçon est claire : l’origine de l’argent compte autant que l’usage qui en est fait.

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Murabaha, Ijara, Musharaka en France : cadre juridique et fiscal

Murabaha, Ijara, Musharaka en France : cadre juridique et fiscal

Peut-on financer un bien ou un projet en France avec une murabaha, une ijara ou une musharaka ?

La réponse est oui, mais pas n’importe comment. En droit français, ces montages ne vivent pas “à côté” du droit commun : ils doivent être structurés à l’intérieur des règles françaises de la vente, de la location, du droit des sociétés, du droit bancaire, du droit de la consommation et de la fiscalité.

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L’administration fiscale française a d’ailleurs publié une doctrine spécifique sur plusieurs outils de finance islamique, notamment la murabaha et l’ijara.

Il n’existe pas un “droit français autonome” de la murabaha, de l’ijara ou de la musharaka

Le droit français n’a pas créé un régime civil autonome intitulé “contrat de murabaha”, “contrat d’ijara” ou “contrat de musharaka” dans le Code civil.

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En pratique, ces montages sont appréhendés à travers les catégories juridiques françaises existantes : liberté contractuelle, vente, louage, société, voire indivision selon la structure retenue. C’est précisément pour cette raison que la rédaction contractuelle est décisive.

La murabaha en droit français : une vente, pas un simple prêt déguisé

La doctrine fiscale française définit la murabaha comme une technique de financement d’actifs reposant sur une opération d’achat-revente.

Le financier achète le bien, puis le revend au client à un prix connu d’avance.

Le BOFiP précise que l’actif peut être immobilier, mobilier, constitué de titres, de matières premières ou de machines, et que la revente au client doit intervenir, dans le schéma visé par l’administration, dans un délai qui ne peut pas excéder six mois après l’acquisition par le financier. Le client doit en outre connaître le prix d’acquisition et le surplus demandé par le financier.

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En droit français, cela impose une vraie vigilance : il faut pouvoir démontrer que le financier a réellement acquis le bien avant de le revendre, que les documents font apparaître distinctement le prix d’achat, la marge et, le cas échéant, la commission d’intermédiation, et que l’ensemble contractuel ne masque pas une opération mal qualifiée. La sécurité du montage dépend donc de la cohérence entre la promesse, l’acte d’acquisition, l’acte de revente, l’échéancier et le traitement fiscal.

Sur le plan fiscal, c’est un point essentiel, l’administration admet sous conditions que la part correspondant au profit du financier soit traitée fiscalement comme la rémunération d’un différé de paiement. Pour l’immobilier, le BOFiP précise aussi que le profit et la commission peuvent être exclus de l’assiette des droits de mutation à titre onéreux lors de la revente au client, à condition que la convention respecte les critères fixés par la doctrine.

En pratique, une murabaha mal rédigée peut produire exactement l’effet inverse de celui recherché :
mauvaise qualification juridique, fiscalité mal anticipée, clauses de transfert de propriété imprécises, sûretés insuffisantes, ou encore difficulté d’exécution en cas d’impayé.

C’est là que l’intervention d’un avocat devient utile : sécuriser le montage avant la signature, pas après le contentieux.

L’ijara en droit français : location, crédit-bail ou location avec option d’achat ?

L’administration fiscale française définit l’ijara comme un contrat par lequel une entité met un actif, mobilier ou immobilier, à la disposition d’un client pour une durée déterminée moyennant le paiement de loyers. Le contrat peut être accompagné d’une promesse de vente ou d’une option d’achat, et cette promesse peut même être séparée du contrat principal de location.

En droit français, tout l’enjeu est la qualification. Le BOFiP rappelle que, lorsqu’elle est assortie d’une option d’achat, l’ijara peut relever du crédit-bail ou de la location avec option d’achat. Or le Code monétaire et financier prévoit que le crédit-bail et, plus généralement, toute opération de location assortie d’une option d’achat sont assimilés à des opérations de crédit.

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Conséquence pratique : si l’ijara est structurée comme une opération de crédit, il faut vérifier avec précision qui porte l’opération et avec quel statut. En France, les opérations de banque comprennent les opérations de crédit, et il est interdit à toute personne autre qu’un établissement de crédit ou une société de financement d’effectuer des opérations de crédit à titre habituel, sauf exceptions prévues par les textes. Le BOFiP le rappelle expressément pour l’ijara.

Pour l’immobilier, il faut aussi anticiper le traitement de la sortie. Le BOFiP précise que, lors de la levée d’option, les acquisitions immobilières réalisées au terme d’un contrat d’ijara suivent les règles de droit commun applicables aux opérations immobilières, et que le droit de mutation dû à raison de la levée d’option d’achat est liquidé sur le prix de vente, sous réserve des règles de droit commun rappelées par l’administration.

En clair : une ijara n’est pas un simple “bail halal”. C’est un montage juridique qui doit être examiné à la lumière du droit bancaire, du droit fiscal, du droit immobilier et parfois du droit de la consommation.

La musharaka en France : surtout un sujet de droit des sociétés… ou d’indivision

La situation est différente pour la musharaka. La doctrine BOFiP sur la finance islamique vise expressément la murabaha, les sukuk, l’ijara et l’istisna, mais pas la musharaka. En pratique, cela signifie que la musharaka doit généralement être structurée à partir des outils classiques du droit français, en particulier le contrat de société ou, selon les cas, l’indivision. C’est une lecture juridique tirée des textes disponibles.

Si le projet prend la forme d’un véhicule sociétaire, l’article 1832 du Code civil fournit la base de travail : la société est instituée par des personnes qui affectent des biens ou leur industrie à une entreprise commune en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter, et les associés contribuent aux pertes. Cette logique est très proche, dans son esprit, d’un financement participatif ou d’un partenariat économique structuré.

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Si le montage immobilier repose plutôt sur une copropriété organisée, la musharaka peut aussi être approchée par le régime de l’indivision. Les textes rappellent que nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision, que chaque indivisaire peut user et jouir du bien dans le respect des droits des autres, que l’usage privatif peut donner lieu à une indemnité, et que les dépenses d’amélioration ou de conservation peuvent ouvrir droit à compte entre indivisaires. Les bénéfices et pertes sont répartis proportionnellement aux droits dans l’indivision.

C’est précisément pour cela qu’une musharaka dégressive doit être rédigée avec beaucoup de soin en droit français :
qui occupe le bien ?
à quel titre ?
comment se fait le rachat progressif des quotes-parts ?
à quel prix ?
qui supporte les travaux, les taxes, l’assurance, les charges ?
que se passe-t-il en cas de séparation, de décès, d’impayé ou de revente forcée ?

Sans clauses solides, le montage peut devenir juridiquement fragile, voire source de contentieux familial ou patrimonial.

Attention au droit de la consommation

Beaucoup de porteurs de projet pensent qu’il suffit d’éviter le mot “intérêt” pour sortir du droit du crédit. C’est faux.

L’ACPR rappelle que le Code de la consommation donne sa propre définition des opérations de crédit, indépendante du Code monétaire et financier. Une opération peut donc échapper à une difficulté de monopole bancaire tout en restant soumise au droit de la consommation. L’ACPR rappelle également les obligations d’information précontractuelle, de vérification de la solvabilité et l’existence des règles communes relatives notamment au TAEG et à l’usure.

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Pour un particulier qui finance sa résidence principale, cet aspect est capital. Une documentation religieusement cohérente mais juridiquement incomplète ne suffit pas. Il faut aussi une documentation conforme au droit français protecteur du consommateur lorsqu’il s’applique.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour acheter un bien immobilier en France en murabaha ou en ijara ?

Parce qu’il faut anticiper le traitement notarial, fiscal et contractuel de l’opération. Pour la murabaha, le BOFiP encadre notamment le traitement du profit du financier et des droits de mutation ; pour l’ijara, la levée d’option suit les règles de droit commun applicables aux opérations immobilières.

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A lire également : EXILAE Avocats : un cabinet engagé en droit social, droit des étrangers et contentieux sensibles

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Intégration des étrangers en 2026 : les priorités fixées

Intégration des étrangers en 2026 : les priorités fixées

En droit des étrangers, on parle souvent des titres de séjour, des refus de préfecture ou des OQTF. Pourtant, une autre question devient centrale en 2026 : l’intégration.

Une instruction du 7 avril 2026 adressée aux préfets, fixe les grandes priorités de la politique d’intégration pour les étrangers primo-arrivants et pour les personnes réfugiées.

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Trois axes ressortent nettement : la langue française, l’intégration par le travail et l’accompagnement renforcé des bénéficiaires de la protection internationale.

Ce texte n’est pas une simple note interne sans effet pratique. Il s’inscrit dans la continuité des réformes déjà engagées en 2025 et rappelle que, depuis le 1er janvier 2026, la logique du parcours d’intégration a changé : pour certains titres, on ne se contente plus de “suivre” un parcours, il faut désormais atteindre un niveau de langue et réussir un examen civique. L’instruction insiste donc sur la qualité réelle de l’offre de formation, sur les partenariats locaux et sur l’accès rapide à l’emploi.

Les informations contenues dans l’instruction du 7 avril 2026

Le ministère de l’Intérieur indique que les priorités 2026 portent sur la politique d’intégration des étrangers primo-arrivants, dont les réfugiés, avec une mobilisation des crédits du programme 104 en complément du contrat d’intégration républicaine (CIR) piloté par l’OFII.

L’instruction met l’accent sur la formation linguistique, la formation civique et l’orientation vers le service public de l’emploi. Elle rappelle aussi que la réforme de 2024 a substitué une logique d’obligation de résultats à l’ancienne logique d’obligation de moyens pour l’accès à certains titres.

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C’est un message très concret aux préfets : garantir l’effectivité et la qualité de l’offre de formation en français, renforcer les partenariats entre l’OFII, les associations, les collectivités et le réseau pour l’emploi, et approfondir l’intégration par le travail des étrangers en situation régulière.

Elle souligne aussi une attention particulière aux femmes, à l’orientation vers les métiers en tension et à la meilleure prise en compte des compétences déjà acquises par les signataires du CIR.

La langue française devient encore plus stratégique en 2026

C’est sans doute le point le plus important pour les étrangers qui s’installent durablement en France. Le CIR comporte désormais une formation linguistique et une formation civique permettant de satisfaire au niveau de langue et à l’examen civique obligatoires depuis le 1er janvier 2026 si l’étranger veut obtenir une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident. Service-Public le précise expressément.

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L’arrêté du 22 juillet 2025 relatif aux formations civique et linguistique prescrites dans le cadre du CIR confirme, de son côté, que l’évaluation du français se fait désormais par référence à plusieurs niveaux du CECRL, de infra A1 à B1, ce qui montre bien que le pilotage des parcours linguistiques est devenu plus fin et plus exigeant.

En pratique, cela change beaucoup de choses. Avant, certains étrangers voyaient surtout le CIR comme une formalité administrative. En 2026, ce n’est plus réaliste. La maîtrise du français devient un enjeu direct de séjour, et pas seulement un atout social. C’est pour cela que l’instruction demande aux préfets de consolider l’offre locale de formation et de pratique du français.

Le travail devient un axe central de l’intégration

Le deuxième pilier de la politique 2026 est l’emploi. L’instruction demande aux préfets de mieux inscrire l’intégration par le travail dans les stratégies territoriales d’emploi, en lien avec le réseau pour l’emploi et les comités locaux. On insiste sur plusieurs priorités : une inscription rapide à France Travail pour les signataires du CIR qui souhaitent travailler, une orientation prioritaire vers les besoins de recrutement locaux, notamment dans les métiers en tension, et une meilleure valorisation des compétences et expériences déjà détenues.

Ce choix n’est pas anecdotique. Le ministère explique dans l’instruction que l’intégration par le travail doit être renforcée dans le prolongement des dispositifs déjà engagés et grâce à des partenariats territoriaux plus efficaces. L’idée de fond est claire : l’intégration ne se joue pas seulement dans la salle de formation linguistique, mais aussi dans la capacité à accéder rapidement à un emploi stable.

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Il et aussi mentionner qu’il faut orienter plus rapidement les signataires du CIR vers les besoins de recrutement des entreprises locales, avec une attention particulière aux secteurs qui peinent à recruter et aux profils féminins parfois moins insérés sur le marché du travail.

Pour les entreprises, cela signifie que l’intégration des étrangers en situation régulière n’est plus traitée comme une question purement sociale ou associative. Elle devient aussi une question de politique d’emploi. Pour les étrangers concernés, cela signifie que le bon interlocuteur n’est pas seulement la préfecture, mais aussi l’OFII, France Travail, les associations locales et parfois les employeurs eux-mêmes.

Réfugiés et protection internationale : une attention renforcée en 2026

L’instruction 2026 insiste aussi sur les bénéficiaires de la protection internationale, c’est-à-dire principalement les personnes reconnues réfugiées ou protégées subsidiaires. Elle demande aux préfets de poursuivre la prise en compte de leurs vulnérabilités spécifiques, notamment à travers le programme AGIR et des accompagnements complémentaires.

Le programme AGIR a pour objectif d’offrir un suivi personnalisé vers l’emploi, le logement et l’accès aux droits pour les bénéficiaires d’une protection internationale signataires du CIR, pendant une durée maximale de deux ans. Les données publiées par la Direction générale des étrangers en France indiquent qu’au 31 décembre 2025, 23 100 bénéficiaires avaient terminé leur accompagnement, dont 14 400 en 2025.

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Ce point est important pour un article utile : un réfugié ou un protégé subsidiaire ne doit pas seulement chercher un titre de séjour ou un logement. Il doit aussi vérifier très tôt s’il peut être orienté vers un accompagnement AGIR, surtout en cas de vulnérabilité sociale, familiale ou professionnelle.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner en droit des étrangers

L’année 2026 marque un durcissement méthodique de la politique d’intégration : mieux parler français, mieux comprendre les valeurs de la République, travailler plus vite et mieux accompagner les réfugiés.

Chez Exilae Avocats, nous vous accompagnons en ce sens.

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Étudiant étranger et autorisation de travail : la notion de cursus

Étudiant étranger et autorisation de travail : la notion de cursus

Quand un étudiant étranger veut rester en France pour travailler, beaucoup de dossiers se jouent sur un point très concret : l’autorisation de travail. En apparence, la règle semble simple. En réalité, elle l’est beaucoup moins, surtout lorsqu’il s’agit d’un changement de statut de “étudiant” vers “salarié”.

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Dans une décision du Conseil d’État du 2 février 2026, ce dernier a jugé que pour apprécier le critère d’adéquation entre les diplômes et l’emploi, la notion de cursus ne visait pas seulement les études suivies dans une université.

Ainsi, le critère prévu à l’article R. 5221-20, 5° du code du travail s’applique aussi à un étudiant qui a suivi une formation dans un autre établissement, comme le CNAM, et pas seulement à un étudiant ayant terminé un parcours universitaire classique.

Les faits de la décision du 2 février 2026

L’affaire concernait un ressortissant comorien titulaire d’un titre de séjour “étudiant”. Une entreprise avait demandé une autorisation de travail pour l’embaucher en CDI comme conducteur de ligne d’emballage. Le préfet avait refusé.

En référé, le juge du tribunal administratif avait suspendu cette décision en considérant notamment que la formation suivie au Conservatoire national des arts et métiers ne pouvait pas être regardée comme un cursus universitaire au sens du texte. Le Conseil d’État annule ce raisonnement.

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Le Conseil d’État juge deux choses très importantes. D’abord, pour l’application du 5° de l’article R. 5221-20, doit être regardé comme ayant achevé son cursus en France tout étudiant qui sollicite une carte de séjour “salarié”, qu’il ait ou non obtenu le diplôme qui sanctionnait ce cursus. Ensuite, aucune disposition ne réserve le titre de séjour étudiant à une inscription dans un établissement ayant nécessairement le caractère d’une université.

En clair, école privée, établissement spécialisé ou formation suivie au CNAM ne sont pas exclus par principe.

La notion de cursus précisé

Cette décision corrige une lecture trop étroite de la notion de cursus. En pratique, de nombreux étudiants étrangers ne suivent pas un parcours universitaire “classique”. Certains étudient dans une école spécialisée, un établissement privé, une école de commerce, une école technique, ou suivent une formation professionnalisante dans un organisme reconnu.

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Le Conseil d’État rappelle que l’administration ne peut pas écarter d’emblée l’application du texte au seul motif que le parcours ne serait pas “universitaire” au sens strict.

Mais la décision est aussi exigeante pour les étudiants. Elle signifie que l’administration peut bien appliquer le critère de l’adéquation entre la formation et l’emploi proposé, même lorsque l’étudiant n’a pas obtenu le diplôme final ou même lorsque sa formation a été suivie hors université. C’est donc un arrêt qui élargit le champ du contrôle préfectoral autant qu’il clarifie le texte.

la question de l’adéquation entre les diplômes et l’emploi

L’article R. 5221-20 du code du travail fixe les conditions de délivrance de l’autorisation de travail. Pour un étudiant qui demande un changement de statut vers “salarié”, le 5° exige que l’emploi proposé soit en adéquation avec les diplômes et l’expérience acquise en France ou à l’étranger. Ce critère reste donc central dans les dossiers de sortie d’études.

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Autrement dit, le débat n’est pas seulement : “L’étudiant a-t-il étudié en France ?” Le vrai débat est souvent : “Le poste proposé correspond-il réellement à son parcours ?” C’est là que beaucoup de demandes échouent, surtout lorsque le contrat visé s’éloigne trop de la spécialité étudiée ou lorsque le dossier n’explique pas clairement le lien entre les études, les compétences acquises et les missions du poste.

Quelques rappels sur la situation des étudiants étrangers en France

Étudiant étranger : peut-on travailler pendant ses études ?

Oui, mais dans certaines limites. Il peut travailler jusqu’à 964 heures par an, soit 60 % de la durée annuelle légale du travail, sans demander d’autorisation de travail spécifique au titre de cette activité accessoire. Au-delà, il s’expose à un risque de retrait ou de refus de renouvellement de son titre de séjour.

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Attention, cette règle est différente pour les étudiants algériens.

Comment se passe le changement de statut étudiant vers salarié ?

Un étudiant étranger peut obtenir une carte de séjour “salarié” ou “travailleur temporaire” s’il a signé un contrat de travail, ou au moins une promesse d’embauche, et si l’employeur a obtenu l’autorisation de travail nécessaire. La demande de changement de statut doit être effectuée dans les 2 mois précédant la fin de validité de la carte de séjour étudiant.

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Pour certains diplômés, notamment en licence professionnelle, master ou équivalent, le droit est parfois plus favorable. Il existe, selon les cas, la carte “recherche d’emploi/création d’entreprise” et que la situation de l’emploi n’est pas toujours opposable, notamment lorsque l’emploi est en lien avec la formation ou relève d’un métier en tension.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner en cas de changement de statut étudiant vers salarié

Un bon dossier de changement de statut ne doit jamais se limiter au contrat de travail. En pratique, il faut aussi rassembler les justificatifs de formation, les relevés de notes si besoin, les attestations de validation, le descriptif du poste, le CV, les justificatifs d’expérience acquise en France ou à l’étranger, et tout document permettant de montrer le lien concret entre la formation et l’emploi. Cette stratégie est directement cohérente avec le 5° de l’article R. 5221-20.

Côté employeur, il faut aussi un dossier propre : contrat ou promesse d’embauche claire, rémunération conforme, activité réelle, situation sociale régulière, et demande d’autorisation de travail correctement déposée. Le texte légal prévoit expressément que ces éléments sont contrôlés..

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