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IRTF avec délai de départ volontaire : une erreur de base légale entraîne l’annulation

IRTF avec délai de départ volontaire : une erreur de base légale entraîne l’annulation.

Une interdiction de retour sur le territoire français, ou IRTF, peut empêcher un étranger de revenir en France et entraîner son signalement dans le système d’information Schengen.

Une telle décision doit donc être prise sur le bon fondement juridique.

Dans un arrêt du 17 juin 2026, n° 25PA02833, la cour administrative d’appel de Paris rappelle une règle essentielle : lorsqu’un préfet accorde à l’étranger un délai de départ volontaire de trente jours, il ne peut pas prononcer l’IRTF sur le fondement réservé aux OQTF sans délai.

Surtout, le juge ne peut pas toujours réparer cette erreur à la place de la préfecture.

Une OQTF avec trente jours de délai, mais une IRTF fondée sur le mauvais article

Dans cette affaire, une ressortissante congolaise avait sollicité son admission au séjour au titre de l’asile.

Après le rejet de sa demande par l’OFPRA, puis par la Cour nationale du droit d’asile, la préfète de la Seine-Saint-Denis avait pris à son encontre un arrêté comportant plusieurs décisions :

  • un refus d’admission au séjour ;
  • une obligation de quitter le territoire français ;
  • un délai de départ volontaire de trente jours ;
  • la fixation du pays de destination ;
  • une interdiction de retour en France pendant un an.

La difficulté venait du fondement retenu pour l’IRTF.

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La préfecture avait appliqué l’article L. 612-6 du CESEDA, alors que ce texte concerne uniquement les étrangers auxquels aucun délai de départ volontaire n’a été accordé.

Or, dans ce dossier, l’étrangère disposait bien de trente jours pour quitter volontairement la France.

Quelle différence entre une OQTF avec délai et une OQTF sans délai ?

Cette distinction est capitale.

L’OQTF sans délai : l’IRTF est en principe obligatoire

Lorsqu’aucun délai de départ volontaire n’est accordé, l’article L. 612-6 du CESEDA prévoit que le préfet assortit en principe l’OQTF d’une interdiction de retour.

L’IRTF est donc obligatoire, sauf si des circonstances humanitaires justifient de ne pas la prononcer.

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Le pouvoir d’appréciation du préfet est ici relativement limité : le principe est l’interdiction de retour, l’absence d’IRTF constituant l’exception.

L’OQTF avec délai : l’IRTF est facultative

La situation est différente lorsque l’étranger dispose de trente jours pour partir.

Dans ce cas, l’article L. 612-8 du CESEDA prévoit que le préfet peut assortir l’OQTF d’une IRTF.

Le mot est important : il peut le faire, mais il n’y est pas automatiquement obligé.

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Avant de prononcer l’interdiction, l’administration doit réellement examiner la situation personnelle de l’étranger.

Quels éléments le préfet doit-il examiner ?

Pour décider de prononcer une IRTF facultative et en fixer la durée, la préfecture doit appliquer les critères prévus par l’article L. 612-10 du CESEDA.

Elle doit notamment tenir compte :

  • de la durée de présence de l’étranger en France ;
  • de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France ;
  • de l’existence éventuelle de précédentes mesures d’éloignement ;
  • de la menace éventuelle pour l’ordre public.

Ces critères ne concernent pas seulement la durée de l’IRTF. Lorsque celle-ci relève de l’article L. 612-8, ils doivent également guider le préfet dans sa décision même de l’édicter.

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C’est précisément pour cette raison que les articles L. 612-6 et L. 612-8 ne sont pas interchangeables.

Pourquoi le juge n’a-t-il pas simplement changé le fondement juridique ?

En contentieux administratif, le juge peut parfois sauver une décision fondée sur le mauvais texte en procédant à une substitution de base légale.

Ce mécanisme a été défini par le Conseil d’État dans sa décision Préfet de la Seine-Maritime c. El Bahi du 3 décembre 2003.

Très simplement, le juge peut parfois considérer que la décision aurait légalement pu être prise sur un autre fondement.

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Mais cette substitution n’est possible que si elle ne prive pas l’intéressé d’une garantie et si l’administration dispose, sur les deux fondements, d’un pouvoir d’appréciation comparable.

Or ce n’était pas le cas ici.

Sous l’article L. 612-6, l’IRTF est en principe obligatoire.
Sous l’article L. 612-8, elle est facultative et suppose un examen complet des critères personnels prévus par l’article L. 612-10.

Le préfet ne dispose donc pas du même pouvoir d’appréciation.

La cour administrative d’appel de Paris en déduit qu’elle ne peut pas, de sa propre initiative, remplacer l’article L. 612-6 par l’article L. 612-8 pour régulariser l’arrêté.

Une erreur que le juge ne peut pas réparer à la place de la préfecture

La décision est importante car elle rappelle que le juge administratif n’a pas pour mission de refaire l’arrêté préfectoral.

Lorsqu’une IRTF est facultative, il appartient au préfet :

  • de décider s’il est opportun de la prononcer ;
  • d’examiner les liens personnels et familiaux ;
  • de tenir compte de l’ancienneté de présence en France ;
  • d’évaluer l’existence d’une précédente mesure d’éloignement ;
  • et d’apprécier l’éventuelle menace pour l’ordre public.

Le juge ne peut pas reconstituer après coup un raisonnement que l’administration n’a pas correctement mené.

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L’IRTF a donc été annulée pour méconnaissance du champ d’application de la loi.

L’OQTF a-t-elle également été annulée ?

Non.

C’est une précision essentielle.

La cour administrative d’appel de Paris a seulement annulé la décision portant interdiction de retour.

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Elle a maintenu :

  • l’obligation de quitter le territoire français ;
  • le délai de départ volontaire de trente jours ;
  • et la décision fixant le pays de destination.

L’annulation d’une IRTF ne signifie donc pas automatiquement que l’étranger obtient un titre de séjour ou qu’il peut rester légalement en France.

Chaque décision contenue dans l’arrêté préfectoral doit être examinée séparément.

L’effacement du signalement dans le système Schengen

Une IRTF entraîne normalement un signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen, aussi appelé SIS.

Dans l’affaire jugée le 17 juin 2026, la Cour ne s’est pas contentée d’annuler l’IRTF.

Elle a aussi ordonné au préfet de faire procéder, dans un délai de deux mois, à l’effacement du signalement de l’intéressée.

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Cette conséquence est importante en pratique : une IRTF annulée ne doit plus continuer à empêcher l’entrée dans l’espace Schengen en raison d’un signalement devenu sans fondement.

Les règles relatives à cet effacement figurent notamment à l’article R. 613-7 du CESEDA.

L’administration peut-elle reprendre une nouvelle IRTF ?

L’annulation prononcée par le juge ne signifie pas nécessairement qu’aucune IRTF ne pourra jamais être prise.

La portée de la décision reste limitée.

Le préfet peut, selon la situation et sous réserve du respect des règles applicables, prendre ultérieurement une nouvelle décision sur un fondement correct.

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En particulier, si l’étranger reste en France après l’expiration du délai de départ volontaire, l’article L. 612-7 du CESEDA prévoit en principe le prononcé d’une IRTF, sauf circonstances humanitaires.

L’annulation est donc très utile, mais elle ne dispense pas de traiter immédiatement la situation créée par l’OQTF encore en vigueur.

Que faut-il vérifier lorsqu’une IRTF est notifiée ?

Une interdiction de retour doit être relue ligne par ligne.

1. Un délai de départ volontaire a-t-il été accordé ?

C’est la première question.

  • Sans délai : l’article L. 612-6 peut être applicable.
  • Avec un délai encore en cours : l’IRTF simultanée relève normalement de l’article L. 612-8.
  • Après expiration du délai sans départ : l’article L. 612-7 peut devenir applicable.

2. Quel article est cité dans l’arrêté ?

Une erreur de fondement peut entraîner l’annulation de l’IRTF lorsque les textes ne donnent pas au préfet le même pouvoir d’appréciation.

3. La situation personnelle a-t-elle été réellement examinée ?

Il faut vérifier si l’arrêté tient compte :

  • de la famille en France ;
  • des enfants ;
  • de l’ancienneté du séjour ;
  • de l’insertion sociale et professionnelle ;
  • des précédentes mesures d’éloignement ;
  • et de l’ordre public.

4. La durée est-elle justifiée ?

Une durée d’un, deux ou plusieurs années ne peut pas être fixée de manière automatique.

Elle doit être proportionnée à la situation individuelle.

5. Le signalement Schengen est-il régulier ?

En cas d’annulation ou d’abrogation de l’IRTF, il faut également demander et vérifier l’effacement effectif du signalement.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous assister face à une IRTF?

L’arrêt du 17 juin 2026 ne supprime pas les IRTF et ne remet pas en cause le pouvoir de l’administration d’en prononcer.

Il impose toutefois une vraie discipline juridique aux préfectures.

Une interdiction de retour ne peut pas être fondée sur un article choisi approximativement. La différence entre une OQTF avec délai et une OQTF sans délai n’est pas une simple formalité.

Elle détermine :

et les garanties dont bénéficie l’étranger.

si l’IRTF est obligatoire ou facultative ;

le degré de pouvoir d’appréciation du préfet ;

les critères qu’il doit examiner ;

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Contrôle URSSAF et frais professionnels : vous ne pourrez pas vous rattraper en justice

Contrôle URSSAF et frais professionnels : vous ne pourrez pas vous rattraper en justice

Beaucoup d’employeurs pensent encore qu’en cas de redressement URSSAF, il sera toujours possible de “s’expliquer plus tard” devant le juge. Cette idée est de plus en plus dangereuse.

Dans un arrêt publié au Bulletin le 25 juin 2026, la Cour de cassation confirme qu’un cotisant ne peut pas produire pour la première fois devant le juge les pièces qu’il devait communiquer pendant le contrôle URSSAF ou pendant la phase contradictoire, lorsque ces pièces servent à prouver que les conditions de déduction des frais professionnels étaient réunies.

Autrement dit : sur les frais professionnels, le contentieux ne se gagne pas en sortant les justificatifs à la fin. Il se joue d’abord pendant le contrôle.

Ce que dit l’arrêt du 25 juin 2026

Dans cette affaire, une entreprise contestait un redressement URSSAF en produisant devant la cour d’appel des pièces destinées à justifier la déduction de frais professionnels appliquée pour certains salariés.

Problème : ces pièces n’avaient pas été communiquées pendant les opérations de contrôle ni pendant la période contradictoire.

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La Cour de cassation, dans son arrêt du 25 juin 2026, n° 24-10.653, valide la solution des juges du fond : ces justificatifs ne peuvent pas être introduits pour la première fois au stade judiciaire si l’employeur devait déjà les fournir pour démontrer que les conditions de déduction étaient effectivement remplies.

Pourquoi cet arrêt est important

Cette décision est importante parce qu’elle applique, pour la première fois de manière nette en matière de frais professionnels, le raisonnement déjà posé par la Cour de cassation dans son arrêt du 4 septembre 2025, n° 22-17.437.

Dans cette décision de 2025, la Cour avait posé deux idées en apparence contradictoires, mais en réalité très cohérentes :

  • oui, le cotisant peut en principe produire en justice toute pièce utile au succès de ses prétentions ;
  • mais non, il ne peut pas attendre le tribunal pour produire des documents qu’il devait déjà remettre à l’URSSAF pendant le contrôle, lorsque la logique du système déclaratif met la charge de la preuve sur lui.

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L’arrêt du 25 juin 2026 montre que les frais professionnels entrent clairement dans cette seconde catégorie.

Pourquoi les frais professionnels sont particulièrement sensibles

En matière sociale, le principe est l’assujettissement aux cotisations de toutes les sommes versées en contrepartie ou à l’occasion du travail. Ce principe résulte notamment de l’article L. 136-1-1 du Code de la sécurité sociale.

Les frais professionnels constituent une exception à cette logique, mais une exception strictement encadrée. Pour en bénéficier, l’employeur doit être capable de prouver que :

  • les dépenses sont inhérentes à la fonction ou à l’emploi du salarié ;
  • et qu’elles sont bien supportées dans le cadre des missions exercées.

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C’est précisément la logique retenue par le BOSS dans sa rubrique “Frais professionnels”, qui rappelle que l’exclusion d’assiette suppose le respect de conditions précises.

Le vrai message de la Cour de cassation

Le message est très clair : sur les sujets où la charge de la preuve pèse sur le cotisant, l’entreprise doit jouer le jeu pendant le contrôle.

Elle ne peut pas :

  • garder ses justificatifs dans un tiroir ;
  • attendre la lettre d’observations ;
  • rater la période contradictoire ;
  • puis espérer “sauver” le dossier devant le juge avec des pièces nouvelles.

En d’autres termes, quand l’URSSAF vous contrôle sur des frais professionnels, le temps utile pour justifier est celui du contrôle, pas celui du recours judiciaire.

Pourquoi la solution est logique

Cette jurisprudence peut sembler sévère, mais elle s’explique assez facilement.

Le contrôle URSSAF fonctionne dans un cadre déclaratif : c’est l’employeur qui déclare, calcule et applique les règles sociales sous sa responsabilité. La procédure de contrôle elle-même est contradictoire. Comme le rappelle la fiche officielle Service-Public sur le contrôle URSSAF, l’URSSAF adresse une lettre d’observations à l’issue du contrôle, puis l’employeur dispose d’un délai pour répondre avant toute mise en demeure.

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Si l’entreprise ne transmet pas à ce moment-là les pièces qui sont sous sa main et qu’elle seule est censée détenir, elle prive l’URSSAF de la possibilité de les examiner et d’y répondre dans la phase prévue pour cela.

La Cour de cassation considère donc qu’il ne serait pas loyal de rouvrir ce débat pour la première fois devant le juge.

Les situations les plus exposées

Ce risque est particulièrement fort lorsque l’entreprise applique :

  • des indemnités représentatives de frais professionnels ;
  • des allocations forfaitaires ;
  • des remboursements de frais avec une documentation incomplète ;
  • ou des dispositifs internes mal tracés entre remboursement réel, indemnité forfaitaire et élément de rémunération.

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En pratique, plus la politique de frais est floue, plus le risque URSSAF augmente.

Les 5 réflexes à avoir dès le début du contrôle

1. Identifier immédiatement les chefs de redressement potentiels

Dès l’avis de contrôle ou dès les premiers échanges, il faut repérer les sujets sensibles : frais professionnels, avantages en nature, exonérations, DFS, remboursements, barèmes.

2. Rassembler les justificatifs sans attendre

Notes de frais, politique interne, contrats de travail, accords, tableaux de suivi, preuves de déplacement, affectations, justificatifs de mission, fiches de poste : tout doit être centralisé rapidement.

3. Répondre sérieusement à la phase contradictoire

La phase contradictoire n’est pas une formalité. C’est souvent le moment décisif. Ce que vous ne produisez pas là peut devenir irrecevable ou inutilement tardif ensuite.

4. Travailler la cohérence globale du dossier

Il ne suffit pas d’avoir des pièces. Il faut qu’elles racontent une logique cohérente : nature des frais, nécessité pour l’emploi, méthode d’attribution, conformité à la doctrine sociale.

5. Anticiper le contentieux pendant le contrôle

Le bon réflexe n’est pas d’opposer contrôle et contentieux. Le bon réflexe est de préparer le contentieux pendant le contrôle, en produisant ce qui doit l’être au bon moment.

Le piège classique : confondre droit à la preuve et droit au rattrapage

Certaines entreprises lisent trop vite l’arrêt du 4 septembre 2025 et se disent :
“Très bien, donc je pourrai toujours produire mes pièces devant le juge.”

C’est une erreur.

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Le droit à la preuve existe bien, mais il n’autorise pas un rattrapage tardif quand les règles mêmes du contrôle imposaient que les documents soient transmis plus tôt.

L’arrêt du 25 juin 2026 est justement là pour rappeler cette limite.

Ce qu’il faut faire si la lettre d’observations est déjà tombée

Si vous êtes déjà au stade de la lettre d’observations, il ne faut surtout pas considérer que tout est joué.

Au contraire, c’est encore le moment utile pour :

  • formuler des observations détaillées ;
  • produire les pièces manquantes ;
  • contester la qualification retenue ;
  • et verrouiller le débat sur la charge de la preuve.

Mais il faut le faire tout de suite.

Attendre l’audience, c’est désormais courir un vrai risque probatoire.

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L’arrêt du 25 juin 2026 doit être lu comme un avertissement très concret :

Sur les frais professionnels, un employeur ne peut plus compter sur le tribunal pour réparer son manque de préparation documentaire pendant le contrôle.

Le contrôle URSSAF est devenu un terrain où la discipline probatoire compte presque autant que le fond du droit.

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Nationalité française par mariage : le Conseil d’État redéfinit le défaut d’assimilation

Nationalité française par mariage : le Conseil d’État redéfinit le défaut d’assimilation

Obtenir la nationalité française par mariage n’est jamais automatique. Même lorsque les conditions de durée de mariage, de communauté de vie et de nationalité du conjoint français sont remplies, le Gouvernement peut encore s’y opposer pour indignité ou défaut d’assimilation.

Pendant des années, cette notion de défaut d’assimilation a été appréciée à travers une formule floue : l’adhésion ou non aux “valeurs essentielles de la société française”. Par trois décisions du 29 mai 2026, le Conseil d’État change de cap. Il abandonne cette référence et la remplace par une définition plus précise, plus juridique et plus concrète.

C’est une décision majeure pour tous les étrangers mariés à un Français ou une Française qui envisagent une déclaration de nationalité.

Ce que dit exactement le Conseil d’État en 2026

Dans ses décisions du 29 mai 2026 (n° 498961, n° 501856 et n° 502717), le Conseil d’État explique désormais que le défaut d’assimilation, au sens de l’article 21-4 du code civil, doit être recherché dans deux séries de situations :

  • soit dans un comportement ou le soutien de thèses manifestant un rejet des principes essentiels de la République ;
  • soit dans le fait de se tenir délibérément à l’écart de la communauté nationale.

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C’est un changement important. Le juge administratif ne parle plus de conformité à un mode de vie majoritaire ou à des “valeurs” sociales floues. Il recentre le débat sur des éléments plus objectivables : comportement, thèses défendues, refus concret d’intégration, rejet de principes républicains, isolement volontaire.

Pourquoi ce changement est important

Jusqu’ici, la formule des “valeurs essentielles de la société française” permettait des raisonnements parfois très larges, surtout lorsque le dossier touchait à des pratiques religieuses, à la place des femmes, à la vie familiale ou à certains modes de vie.

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Avec les décisions du 29 mai 2026, le Conseil d’État cherche manifestement à mieux distinguer :

  • les convictions personnelles ou religieuses, qui ne suffisent pas en elles-mêmes ;
  • et les comportements objectifs révélant un rejet des principes républicains ou une absence assumée de volonté d’intégration.

Dit autrement, le juge refuse de sanctionner les consciences, mais il accepte encore de sanctionner certains comportements démontrant un refus d’entrer dans la communauté nationale.

Ce que le défaut d’assimilation ne signifie plus

C’est probablement la partie la plus importante de cette évolution.

Le Conseil d’État ne dit pas qu’il faut aimer tout ce que permet la loi française pour devenir français. Il ne dit pas non plus qu’il faut adhérer moralement à toutes les évolutions de la société française.

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Les décisions du 29 mai 2026 montrent au contraire que :

  • le seul rejet intime de l’avortement ne suffit pas ;
  • le seul rejet intime de l’homosexualité ne suffit pas ;
  • le fait, pour une épouse, d’assumer davantage de tâches ménagères ou d’utiliser la carte bancaire de son mari ne suffit pas non plus ;
  • et le simple fait que les pratiques religieuses structurent fortement la vie quotidienne ne caractérise pas, à lui seul, un défaut d’assimilation.

Le juge administratif recentre donc l’analyse sur une idée plus précise : il ne faut pas chercher si la personne pense “comme la majorité”, mais si elle manifeste, par son comportement, un refus de la République ou un repli volontaire durable hors de la communauté nationale.

Ce qui peut encore caractériser un défaut d’assimilation

Le défaut d’assimilation peut toujours être retenu, mais le raisonnement devient plus encadré.

1. Le rejet des principes essentiels de la République

Le Conseil d’État vise ici des comportements ou des thèses qui révèlent un rejet des principes fondamentaux sur lesquels repose la République : égalité, laïcité, liberté de conscience, liberté d’opinion, respect de l’ordre public juridique, refus d’imposer ses convictions à autrui.

Le juge ne s’intéresse donc pas seulement aux idées abstraites, mais à la manière dont elles se traduisent dans les actes.

2. Le repli volontaire à l’écart de la communauté nationale

C’est l’autre grande catégorie retenue par le Conseil d’État. Elle vise les situations où une personne se tient presque exclusivement dans un cercle fermé, refuse les interactions avec le reste de la société, ne participe pas à la vie commune et manifeste, par son mode de vie, une volonté de rester hors de la communauté nationale.

Dans l’une des affaires, le défaut d’assimilation a été retenu parce que l’intéressée vivait dans un isolement très marqué, fréquentait presque exclusivement les membres de sa communauté religieuse, refusait de partager certains aspects de la vie ordinaire avec des personnes extérieures à cette communauté et ne souhaitait pas participer à certains mécanismes élémentaires de la vie civique.

Une décision importante pour les dossiers de nationalité par mariage

La nationalité française par mariage est une procédure particulière. Ce n’est pas une naturalisation classique. Il s’agit d’une déclaration, encadrée notamment par l’article 21-2 du code civil, puis susceptible d’une opposition gouvernementale fondée sur l’article 21-4 du code civil.

C’est un point fondamental : dans cette voie d’accès à la nationalité, l’étranger ne demande pas une faveur purement discrétionnaire comme dans une naturalisation. Il exerce un droit encadré, sous réserve que l’administration n’établisse pas un motif légal d’opposition.

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C’est pour cela que le Conseil d’État semble vouloir limiter les critères trop flous et recentrer l’analyse sur des éléments plus sérieux.

Quelle différence avec la naturalisation classique ?

La distinction est importante pour comprendre la portée des décisions de 2026.

Dans la naturalisation, l’administration dispose d’un pouvoir d’appréciation plus large. Le cadre général d’assimilation est d’ailleurs défini à l’article 21-24 du code civil, qui vise la langue, l’histoire, la culture, la société françaises ainsi que l’adhésion aux principes et valeurs essentiels de la République.

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Dans la nationalité par mariage, le terrain est différent. Le Gouvernement peut s’opposer à l’acquisition de la nationalité, mais il doit le faire dans le cadre plus précis de l’article 21-4 du code civil, avec un contrôle du juge administratif.

C’est justement dans ce cadre que les décisions du 29 mai 2026 prennent toute leur importance.

Ce que cela change en pratique pour les couples concernés

Pour les personnes qui souhaitent devenir françaises par mariage, la leçon est double.

D’un côté, ces décisions sont plutôt protectrices. Elles permettent de contester plus efficacement certaines oppositions fondées sur des appréciations trop morales, trop culturelles ou trop subjectives.

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De l’autre, elles rappellent que le défaut d’assimilation n’a pas disparu. Il peut encore être retenu si l’administration parvient à établir :

  • un rejet concret des principes essentiels de la République ;
  • ou un repli communautaire volontaire et durable.

En pratique, le dossier se jouera donc beaucoup sur les faits, les déclarations, l’entretien d’assimilation, les pièces produites, le mode de vie objectivement constaté, mais aussi la capacité à expliquer son parcours avec cohérence.

Quelle procédure pour devenir français par mariage ?

La procédure de déclaration de nationalité française par mariage est présentée sur la page officielle Service-Public dédiée à la déclaration de nationalité française par mariage. Elle suppose notamment :

  • une durée minimale de mariage ;
  • une communauté de vie affective et matérielle maintenue ;
  • la nationalité française du conjoint conservée ;
  • et la réunion des conditions légales prévues par le code civil.

La page du ministère de l’Intérieur sur les procédures d’accès à la nationalité française rappelle aussi que l’acquisition par déclaration est une voie distincte de la naturalisation.

En cas d’opposition du Gouvernement à l’acquisition de la nationalité pour défaut d’assimilation ou indignité, un recours peut être formé devant le Conseil d’État, dans un délai de deux mois, avec avocat obligatoire.

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es décisions du 29 mai 2026 montrent qu’un bon dossier ne se résume pas à des justificatifs administratifs.

Il faut aussi être prêt sur le fond :

  • comprendre ce qu’est la République et ses principes ;
  • savoir expliquer son parcours ;
  • ne pas se contredire pendant l’entretien ;
  • et surtout éviter que des comportements réels ou perçus comme tels soient interprétés comme une volonté de se tenir à l’écart de la communauté nationale.

Concrètement, cela signifie qu’il faut préparer très sérieusement l’entretien et ne jamais sous-estimer la portée des réponses faites à l’administration

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Rétention administrative : ce que la loi adoptée en juin 2026 va changer

Rétention administrative : ce que la loi adoptée en juin 2026 va changer

La rétention administrative est déjà l’une des mesures les plus dures du droit des étrangers. Elle permet de maintenir un étranger dans un lieu fermé, en attendant son éloignement, alors même qu’il ne s’agit pas d’une peine pénale.

Rétention administrative : ce que la loi adoptée en juin 2026 va changer.

En juin 2026, le Parlement a définitivement adopté une proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat, qui prévoit un nouveau durcissement du régime.

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Le texte a été adopté au Sénat le 15 juin 2026 puis définitivement à l’Assemblée nationale le 16 juin 2026.

Mais au moment où cet article est écrit, la loi a aussi été déférée au Conseil constitutionnel, ce qui impose de distinguer clairement entre le texte voté, le droit actuellement en vigueur et ce qui pourrait réellement entrer en application.

Pour résumer

Il faut retenir trois idées fortes :

  • les durées maximales de rétention seraient allongées ;
  • les possibilités de prolongation exceptionnelle seraient élargies ;
  • et, sous certaines conditions, de nouveaux placements en rétention pourraient être décidés pour l’exécution d’une même mesure d’éloignement.

Autrement dit, le texte adopté en juin 2026 ne se contente pas d’ajouter quelques détails techniques. Il modifie la philosophie même de la rétention administrative : pour certaines catégories d’étrangers considérés comme particulièrement dangereux, l’objectif est de permettre un enfermement plus long et plus facilement renouvelable.

Ce qui existe déjà aujourd’hui en droit positif

Avant même cette nouvelle loi, le droit français permet déjà une rétention administrative assez longue dans certains cas.

Le cadre général de la rétention figure dans le Livre VII du CESEDA consacré à l’exécution des décisions d’éloignement. La rétention est en principe limitée à 90 jours, tout en précisant que la page est en cours de mise à jour.

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Mais le droit positif connaît déjà des exceptions. Les articles L. 742-6 et L. 742-7 du CESEDA permettent déjà, dans certains cas exceptionnels, une prolongation jusqu’à 180 jours, puis jusqu’à 210 jours.

Cela veut dire une chose très importante : le texte adopté en juin 2026 ne part pas de zéro. Il s’inscrit dans un mouvement de durcissement déjà engagé, notamment après la loi du 11 août 2025 et les ajustements réglementaires qui ont suivi.

Ce que la nouvelle loi veut changer

Le texte adopté en juin 2026 vise surtout les étrangers considérés comme représentant une menace grave pour l’ordre public. C’est sur cette catégorie que se concentre l’essentiel du durcissement.

Les documents parlementaires et les résumés institutionnels expliquent que la réforme cherche à :

  • allonger encore la durée maximale de rétention pour certains profils ;
  • faciliter le recours à des prolongations exceptionnelles ;
  • et permettre, dans certains cas, de nouveaux placements en rétention pour exécuter une même mesure d’éloignement.

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La logique politique est claire : éviter qu’une personne jugée dangereuse sorte du centre de rétention simplement parce que le plafond actuel a été atteint, alors même que l’éloignement n’a pas encore pu être exécuté.

Pourquoi cette réforme est juridiquement sensible

Le sujet est très sensible parce que la rétention administrative est une privation de liberté décidée en lien avec une mesure d’éloignement, pas une peine.

Or, en droit français, toute privation de liberté doit rester strictement encadrée. C’est précisément pour cela que le précédent durcissement du régime avait déjà donné lieu à des contentieux constitutionnels. Les débats parlementaires eux-mêmes rappellent que certaines dispositions antérieures avaient été censurées au motif qu’elles permettaient un maintien particulièrement long sans garanties suffisantes.

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Le nouveau texte essaie donc de répondre à cette fragilité en encadrant davantage les hypothèses visées. Mais c’est justement ce que le Conseil constitutionnel devra examiner.

Où en est le texte au 7 juillet 2026 ?

C’est le point d’actualité le plus important.

Oui, la proposition de loi a bien été adoptée définitivement en juin 2026.
Mais non, cela ne signifie pas automatiquement que toutes ses dispositions sont déjà applicables.

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Au 7 juillet 2026, la loi a été saisie devant le Conseil constitutionnel, où elle apparaît encore comme affaire en instance. En pratique, cela veut dire qu’il faut attendre :

  1. la décision du Conseil constitutionnel ;
  2. puis, si le texte est validé ou partiellement validé, la promulgation ;
  3. et éventuellement les mesures réglementaires d’application.

Pour un article de blog sérieux, il est donc essentiel de ne pas écrire trop vite que “la durée maximale est déjà passée à X jours dans tous les cas”. À ce stade, le plus rigoureux est de parler d’un texte adopté, mais pas encore totalement stabilisé.

Pourquoi cette réforme intéresse directement les personnes sous OQTF

La rétention administrative n’existe pas seule. Elle s’inscrit dans la mécanique plus large des mesures d’éloignement, notamment de l’OQTF.

Lorsqu’une OQTF est prononcée sans délai ou lorsqu’il existe un risque de fuite, la personne peut être placée en rétention si l’administration estime que l’assignation à résidence ne suffit pas.

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Le lien entre les deux est donc direct :

  • d’un côté, l’OQTF organise l’obligation de quitter la France ;
  • de l’autre, la rétention sert à empêcher que l’exécution de cette mesure échoue.

Avec le texte adopté en juin 2026, la pression s’accroît donc surtout pour les personnes déjà visées par une mesure d’éloignement et considérées comme présentant un danger important pour l’ordre public.

Ce que cela peut changer concrètement pour les étrangers concernés

Si le texte entre en vigueur tel qu’il a été adopté, les personnes visées par ce régime renforcé risqueront :

  • des durées de rétention plus longues ;
  • davantage de possibilités de prolongation ;
  • et potentiellement de nouveaux placements pour l’exécution d’une même mesure d’éloignement.

En pratique, cela signifie plus de temps passé enfermé, plus de complexité procédurale, et souvent un contentieux encore plus tendu entre le juge judiciaire, le juge administratif et l’administration préfectorale.

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Pour les étrangers concernés, cela rend encore plus essentielle la réaction dans les toutes premières heures : accès à l’avocat, contestation de l’OQTF, contrôle de la régularité du placement en rétention, examen de l’état de vulnérabilité, et vérification du respect des délais.

Pourquoi cette actualité doit être présentée avec prudence

Cette réforme peut être vue comme un tournant. Mais il faut la manier avec précision.

Au moment où cet article est rédigé :

  • le texte a bien été adopté ;
  • le Conseil constitutionnel a été saisi ;
  • la fiche publique sur la rétention administrative est encore en cours de mise à jour ;
  • et le droit actuellement lisible pour le grand public continue d’indiquer un régime général à 90 jours, avec des régimes dérogatoires plus longs déjà existants.

Autrement dit, l’actualité est réelle, mais elle n’est pas encore totalement “figée”.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous assister dans un dossier en droit des étudiants étrangers

Dans ce type de dossier, la stratégie ne consiste pas seulement à discuter la mesure “sur le fond”. Il faut aussi contrôler toute la chaîne procédurale :

  • la légalité de l’OQTF ;
  • la motivation du placement en rétention ;
  • l’existence d’une alternative comme l’assignation à résidence ;
  • les délais et formalités devant le juge des libertés et de la détention ;
  • la cohérence entre les diligences de l’administration et la durée réelle du maintien.

Plus les durées maximales s’allongent, plus la question devient la suivante : quelles garanties restent opposables à l’administration pendant tout ce temps ?

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Mariage de complaisance : la fraude peut encore être recherchée après la naturalisation

Mariage de complaisance : la fraude peut encore être recherchée après la naturalisation.

Peut-on encore enquêter sur un mariage de complaisance après qu’une personne a obtenu la nationalité du pays d’accueil ? La réponse de la Cour de justice de l’Union européenne est claire : oui.

Dans un arrêt du 4 juin 2026, la CJUE considère que les autorités nationales peuvent vérifier s’il y a eu fraude ou abus de droit dans l’obtention d’un droit au séjour fondé sur le droit de l’Union, même lorsque l’intéressé a ensuite acquis la nationalité de l’État membre d’accueil.

C’est une décision importante, parce qu’elle montre que l’acquisition de la nationalité ne fait pas automatiquement disparaître les questions liées à une éventuelle fraude antérieure.

Ce que dit exactement la CJUE dans sa décision

L’affaire concernait un ressortissant d’un pays tiers qui avait obtenu un droit de séjour en qualité de membre de la famille d’un citoyen de l’Union, avant d’acquérir ensuite la nationalité de l’État membre d’accueil.

Les autorités soupçonnaient qu’il s’agissait en réalité d’un mariage de complaisance. La question posée à la CJUE était donc la suivante : une fois la nationalité obtenue, les autorités peuvent-elles encore enquêter sur la fraude initiale ?

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La Cour répond par l’affirmative.

Autrement dit, le fait de ne plus relever, en pratique, de la directive 2004/38 parce qu’on est devenu ressortissant du pays d’accueil n’empêche pas les autorités de vérifier si le droit au séjour obtenu à l’origine l’a été par fraude.

Pourquoi cette décision est importante

Cette décision est importante parce qu’elle évite une conclusion très simple mais très problématique : il aurait suffi de laisser passer le temps puis d’obtenir la nationalité pour rendre impossible toute enquête sur une fraude antérieure.

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La CJUE refuse ce raisonnement. Elle considère qu’une lecture inverse affaiblirait gravement la lutte contre les mariages de complaisance et les autres montages frauduleux, qui sont souvent découverts plusieurs années après les faits.

En clair, la naturalisation ne “blanchit” pas automatiquement les irrégularités éventuelles du passé.

L’article 35 de la directive 2004/38 reste mobilisable

La décision repose sur l’article 35 de la directive 2004/38. Cet article permet aux États membres de refuser, annuler ou retirer les droits conférés par la directive en cas de fraude ou d’abus de droit, notamment en cas de mariage de complaisance.

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La CJUE souligne un point essentiel : ce texte ne pose pas de limite temporelle explicite. Il n’est donc pas nécessaire que le droit obtenu frauduleusement soit encore en cours d’exercice au moment où la fraude est constatée.

C’est cela qui rend la décision aussi forte.

Mais attention : la CJUE ne valide pas n’importe quoi

L’arrêt du 4 juin 2026 ne donne pas un blanc-seing aux administrations.

La Cour rappelle que l’exercice de ces pouvoirs reste encadré par :

  • le principe de proportionnalité ;
  • les garanties procédurales ;
  • l’obligation de motivation ;
  • la notification de la décision ;
  • l’indication des voies et délais de recours ;
  • et un examen individuel de la situation.

Autrement dit, une suspicion de fraude ne suffit pas à elle seule. Il faut une vraie procédure, individualisée, contradictoire et contrôlable.

Ce que cela peut changer en France

Pour la France, cette décision est particulièrement intéressante parce qu’elle entre en résonance avec les règles nationales sur la nationalité.

Lorsqu’une personne a obtenu la nationalité française par naturalisation ou par réintégration, un décret peut être rapporté en cas de mensonge ou fraude dans le délai de deux ans à compter de la découverte de la fraude.

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De la même manière, lorsqu’il s’agit d’une déclaration de nationalité, notamment dans le cadre du mariage, cette déclaration peut encore être contestée en cas de fraude dans le délai de deux ans à compter de sa découverte.

En pratique, cela veut dire que la décision européenne conforte l’idée qu’une fraude initiale sur le séjour ou sur la vie conjugale peut continuer à produire des effets juridiques longtemps après l’obtention d’un droit, voire après l’accès à la nationalité.

Cela signifie-t-il qu’une nationalité peut être retirée automatiquement ?

Non.

C’est un point essentiel. La décision de la CJUE ne dit pas que toute fraude constatée entraîne automatiquement le retrait de la nationalité.

Elle dit plutôt que l’enquête reste possible et que, si le droit national le permet, certaines conséquences peuvent être tirées de cette fraude, à condition de respecter le principe de proportionnalité.

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En clair :

  • l’enquête reste possible ;
  • la constatation de la fraude reste possible ;
  • mais la conséquence finale dépendra du droit national applicable et du contrôle de proportionnalité.

Pourquoi le sujet est sensible pour les couples mixtes

Le thème du mariage de complaisance est toujours délicat, parce qu’il touche à la fois :

  • au droit au séjour,
  • à la vie privée et familiale,
  • au droit de l’Union européenne,
  • et parfois à la nationalité.

Dans la pratique, beaucoup de couples réels craignent d’être soupçonnés à tort. Il faut donc rappeler une chose simple : un mariage mixte n’est évidemment pas, en soi, un mariage de complaisance.

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Ce que recherchent les autorités, ce sont des indices de fraude ou d’abus de droit : absence de communauté de vie réelle, contradictions dans les déclarations, montage purement administratif, chronologie suspecte ou éléments incohérents dans le dossier.

Que faire en pratique en cas d’enquête ou de soupçon ?

Lorsqu’un couple ou un ressortissant étranger fait l’objet d’une enquête sur un soupçon de mariage de complaisance, il faut réagir vite et méthodiquement.

Les bons réflexes sont les suivants : Refus illégal de titre de séjour : peut-on être indemnisé pour les salaires perdus ?

  • conserver toutes les preuves de la réalité de la vie commune ;
  • garder les justificatifs de domicile, de vie familiale et de communauté de vie ;
  • relire très attentivement les échanges avec l’administration ;
  • ne pas répondre à la légère à une convocation ou à une demande de pièces ;
  • et se faire assister rapidement si l’enjeu porte aussi sur la nationalité.

Plus le dossier avance, plus les conséquences potentielles deviennent lourdes.

Pourquoi cette décision est aussi une décision de procédure

Le sujet ne concerne pas seulement le fond du droit.

La CJUE insiste aussi sur la manière d’agir de l’administration. Elle reconnaît un véritable pouvoir d’enquête aux autorités nationales, mais elle exige que la procédure respecte les garanties du droit de l’Union.

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Pour les praticiens, c’est un point important : dans ce type de contentieux, la défense ne se joue pas seulement sur la sincérité du mariage, mais aussi sur :

  • la qualité de l’enquête,
  • la motivation des décisions,
  • la proportionnalité des mesures,
  • et le respect des droits de la personne concernée.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous assister dans un dossier en droit des étudiants étrangers

La décision du 4 juin 2026 envoie un message très net : le temps qui passe et la naturalisation ne font pas disparaître automatiquement une fraude éventuelle liée à un mariage de complaisance.

Pour les autorités, cela confirme un pouvoir d’enquête durable.

Pour les personnes concernées, cela rappelle qu’un dossier de séjour ou de nationalité ne se sécurise pas seulement dans l’instant. Il doit être solide depuis l’origine.

En matière de mariage, de séjour et de nationalité, la cohérence du parcours reste donc essentielle

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Étudiants étrangers : ce qui change en France au 1er juillet et au 1er août 2026

Étudiants étrangers : ce qui change en France au 1er juillet et au 1er août 2026

L’été 2026 marque un tournant pour les étudiants étrangers en France. Deux réformes importantes arrivent presque en même temps, et elles touchent au cœur de la vie étudiante : le logement et le titre de séjour.

Première réforme : à partir du 1er juillet 2026, une partie des étudiants étrangers extra-européens ne pourra plus bénéficier des aides personnelles au logement.

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Deuxième réforme : pour les demandes de titre de séjour déposées à compter du 1er août 2026, le niveau de ressources mensuelles exigé pour obtenir ou renouveler une carte de séjour “étudiant” augmente nettement.

Premier changement : la fin des aides au logement pour une partie des étudiants étrangers

À compter du 1er juillet 2026, les étudiants étrangers extracommunautaires qui ne remplissent pas les conditions pour bénéficier d’une bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux ne peuvent plus percevoir d’aides personnelles au logement.

Cette mesure concerne principalement les étudiants titulaires :

  • d’un visa long séjour,
  • ou d’un titre de séjour étudiant,
  • ou d’un titre étudiant-programme de mobilité.

En revanche, tous les étudiants étrangers ne sont pas exclus.

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Qui reste éligible aux aides au logement ?

Trois catégories restent particulièrement importantes :

  • les étudiants qui remplissent les conditions pour bénéficier d’une bourse sur critères sociaux ;
  • les étudiants titulaires d’un contrat d’apprentissage ;
  • les étudiants titulaires d’un contrat de professionnalisation ou exerçant une activité professionnelle.

Autrement dit, la réforme ne supprime pas toutes les aides logement pour les étudiants étrangers. Elle les réserve davantage à certains profils jugés plus intégrés ou plus précaires selon les critères retenus par les textes.

Pourquoi cette réforme est importante

Pour beaucoup d’étudiants étrangers, l’aide au logement n’est pas un avantage secondaire. C’est une aide décisive pour pouvoir payer un loyer en France, surtout dans les grandes villes universitaires.

La réforme a donc un effet très concret : elle augmente le coût réel des études en France pour une partie des étudiants étrangers non européens, au moment même où d’autres règles deviennent aussi plus strictes.

Deuxième changement : le niveau de ressources exigé pour le titre “étudiant” augmente au 1er août 2026

À compter du 1er août 2026, les étudiants étrangers qui demandent une carte de séjour “étudiant” devront justifier de ressources mensuelles au moins égales à 47 % du Smic brut mensuel.

Avec le Smic brut en vigueur au 1er juin 2026, cela représente 877,50 € par mois.

Jusqu’au 31 juillet 2026, le seuil de référence restait fixé à 615 € par mois.

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L’augmentation est donc très significative.

Qui est concerné par cette hausse ?

Cette nouvelle règle concerne : Congé supplémentaire de naissance : règles 2026, durée et indemnisation

  • les premières demandes de titre de séjour “étudiant” ;
  • les renouvellements ;
  • les cartes étudiant-programme de mobilité ;
  • et certaines situations de mobilité étudiante au sein de l’Union européenne.

En clair, il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle exigence pour les nouveaux arrivants. Les étudiants déjà présents en France peuvent aussi être concernés lors du renouvellement de leur titre.

Pourquoi le gouvernement a relevé ce seuil ?

Le raisonnement officiel est simple : le seuil précédent, fixé à 615 €, était jugé trop faible pour garantir que l’étudiant dispose réellement de moyens d’existence suffisants en France.

Le nouveau système est désormais indexé sur le Smic, avec un mécanisme plus évolutif et plus lisible que l’ancienne référence utilisée jusqu’ici.

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En pratique, cela signifie que le montant exigé pourra continuer à évoluer dans le temps.

Tous les étudiants étrangers hors UE sont-ils perdants ?

Non. Et c’est un point essentiel.

Le discours public peut donner l’impression que tous les étudiants étrangers hors Union européenne sont désormais exclus des aides et pénalisés automatiquement. Ce n’est pas exact.

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Certains restent éligibles à la bourse sur critères sociaux, donc conservent potentiellement l’accès aux aides au logement. C’est notamment le cas, dans certaines hypothèses, de ceux qui :

  • disposent d’une carte de séjour temporaire ou d’une carte de résident ;
  • sont domiciliés en France depuis au moins deux ans ;
  • et peuvent justifier d’un foyer fiscal de rattachement en France depuis deux ans.

Peuvent aussi bénéficier d’une bourse sur critères sociaux, sous conditions, les étudiants ayant la qualité de :

  • réfugié,
  • apatride,
  • bénéficiaire de la protection subsidiaire,
  • ou bénéficiaire de la protection temporaire.

Il ne faut donc pas raisonner uniquement en termes de nationalité. Il faut aussi regarder la situation administrative exacte de l’étudiant.

Étudiants salariés, apprentis et alternants : une différence importante

Le décret relatif aux aides au logement protège explicitement certains profils.

Les étudiants titulaires d’un contrat d’apprentissage ou d’un contrat de professionnalisation, ainsi que ceux qui exercent une activité professionnelle, restent réputés remplir la condition d’éligibilité à la bourse sur critères sociaux pour cette réforme spécifique.

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En pratique, cela veut dire qu’un étudiant étranger en alternance ou qui travaille peut se retrouver dans une situation plus favorable qu’un étudiant “classique” titulaire d’un simple titre étudiant sans activité professionnelle.

Quelles démarches faut-il anticiper dès maintenant ?

Pour les étudiants concernés, il faut agir vite.

1. Vérifier son statut exact

Il faut d’abord identifier précisément :

  • le type de visa ou de titre détenu ;
  • la date du prochain renouvellement ;
  • et l’existence ou non d’une activité salariée, d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.

2. Vérifier l’éligibilité aux bourses sur critères sociaux

Il ne faut pas supposer automatiquement qu’on est inéligible. Certaines situations administratives ouvrent encore des droits, même pour un étudiant non européen.

3. Anticiper la preuve des ressources

À partir du 1er août 2026, le niveau demandé est plus élevé. Il faut donc préparer très tôt les justificatifs :

  • relevés bancaires,
  • attestation de virement régulier,
  • bourse,
  • bulletins de salaire,
  • ou tout document démontrant des ressources suffisantes.

4. Revoir le budget logement

Pour les étudiants qui vont perdre les aides au logement, il faut recalculer immédiatement le coût réel de l’année universitaire. Le risque, sinon, est de découvrir trop tard que le budget mensuel ne tient plus.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous assister dans un dossier en droit des étudiants étrangers

L’année 2026 marque un durcissement très concret du cadre applicable aux étudiants étrangers en France. D’abord sur le logement, avec la restriction des aides à partir du 1er juillet. Ensuite sur le séjour, avec la hausse des ressources exigées à partir du 1er août.

Pour les étudiants concernés, la vraie difficulté n’est pas seulement juridique. Elle est aussi budgétaire, administrative et pratique.

Le bon réflexe est donc d’anticiper très tôt : vérifier son statut, ses droits, ses justificatifs et son budget, avant que le renouvellement du titre ou la rentrée universitaire ne transforme la réforme en difficulté majeure.

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Grossesse au travail : l’employeur ne peut pas exiger une déclaration

Grossesse au travail : l’employeur ne peut pas exiger une déclaration

Beaucoup d’employeurs pensent qu’une salariée occupant un poste sensible ou exposé à des produits dangereux doit forcément leur révéler sa grossesse dès qu’elle en a connaissance. Cette idée est fausse.

Dans une décision importante du 3 juin 2026, la Cour de cassation rappelle une règle très claire : une salariée n’a pas l’obligation d’informer son employeur de son état de grossesse, même si elle travaille sur un poste à risque pour sa santé ou celle de son enfant à naître. Et si l’employeur la licencie, même en partie, pour ne pas l’avoir informé, le licenciement est nul.

Ce que dit la décision du 3 juin 2026

Dans l’affaire jugée, une salariée occupait un poste de chargée de projet R&D dans la chimie, avec manipulation de produits chimiques dangereux. Elle informe son employeur de sa grossesse plus de quatre mois après son début.

L’employeur la met à pied à titre conservatoire puis la licencie pour faute grave. Il lui reproche notamment de lui avoir caché sa grossesse alors que son poste présentait, selon lui, des risques pour sa santé et celle du fœtus, et d’avoir ainsi empêché l’entreprise d’adapter son poste de travail.

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La cour d’appel avait validé ce raisonnement. Mais la Cour de cassation casse la décision : la salariée n’avait aucune obligation de révéler sa grossesse à son employeur, et un licenciement fondé, même partiellement, sur ce grief est nul.

Le principe à retenir : la salariée n’a pas à révéler sa grossesse

Le droit du travail est très clair sur ce point : une candidate à un emploi ou une salariée n’est pas tenue de révéler son état de grossesse à son employeur, sauf lorsqu’elle souhaite bénéficier des dispositions protectrices prévues par la loi.

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Autrement dit, l’information de l’employeur n’est pas une obligation générale. C’est un droit que la salariée peut exercer lorsqu’elle veut bénéficier de protections particulières, d’aménagements ou de droits liés à la maternité.

La décision du 3 juin 2026 est importante parce qu’elle rappelle que cette règle reste vraie même lorsque le poste est sensible.

Pourquoi le poste à risque ne change pas la règle

C’était le vrai enjeu du dossier.

L’employeur soutenait que, compte tenu de la nature du poste, la salariée aurait dû l’informer pour permettre une adaptation de ses conditions de travail et éviter un risque pour sa santé ou celle de l’enfant.

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L’argument peut sembler intuitif, mais la Cour de cassation le rejette. Elle considère que l’absence de déclaration de grossesse ne peut pas devenir, par elle-même, une faute disciplinaire. Sinon, cela reviendrait à imposer à la salariée une obligation que la loi ne prévoit pas.

En clair : même sur un poste à risque, l’employeur ne peut pas créer une obligation d’information que le code du travail ne met pas à la charge de la salariée.

Un licenciement fondé même en partie sur la grossesse est nul

La décision va plus loin qu’un simple rappel de principe. Elle dit aussi qu’un licenciement est nul dès lors qu’il est fondé, même en partie, sur l’état de grossesse de la salariée.

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C’est un point capital pour les employeurs. Il ne suffit pas d’ajouter d’autres griefs dans la lettre de licenciement pour “sauver” la rupture si l’un des motifs retenus est lié à la grossesse.

Autrement dit, si l’employeur écrit, même partiellement, que la salariée a été licenciée parce qu’elle n’a pas déclaré sa grossesse, il prend un risque majeur de nullité.

Attention pour les employeurs

Cette décision impose un réflexe simple : ne jamais transformer l’absence d’information sur une grossesse en grief disciplinaire.

En pratique, un employeur peut parfaitement :

  • rappeler les règles de sécurité applicables à tous ;
  • évaluer les risques des postes ;
  • organiser les aménagements prévus par la loi dès qu’il est informé ;
  • et protéger la salariée une fois la grossesse connue.

En revanche, il ne peut pas reprocher à la salariée de ne pas avoir parlé plus tôt, même s’il estime que cela aurait été préférable pour l’organisation ou la prévention.

Vigilence pour les salariées

La décision du 3 juin 2026 est très protectrice.

Elle rappelle qu’une salariée garde la maîtrise du moment où elle révèle sa grossesse à l’employeur. Elle n’a pas à craindre qu’un silence de quelques semaines ou de quelques mois soit requalifié en faute, y compris dans un environnement de travail plus sensible.

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En pratique, cela ne veut pas dire qu’il est inutile d’informer son employeur. Au contraire, plus l’employeur est informé tôt, plus il peut mettre en place les mesures de protection et les aménagements utiles.

Mais juridiquement, cette information reste un choix de la salariée, non une obligation générale.

Comment l’employeur doit réagir lorsqu’il apprend la grossesse

Dès qu’il est informé, l’employeur doit raisonner en termes de protection, pas de reproche.

Il faut alors :

  • réexaminer le poste ;
  • vérifier l’exposition à certains agents ou produits ;
  • envisager les adaptations nécessaires ;
  • et, si besoin, proposer une affectation temporaire sur un autre poste conforme aux règles de protection de la salariée enceinte.

Quelle procédure suivre en cas de difficulté ?

Pour la salariée, la priorité est de conserver toutes les pièces utiles :

  • lettre de licenciement,
  • mails,
  • comptes rendus d’entretien,
  • échanges RH,
  • éventuelle mise à pied,
  • et tout élément montrant que l’absence de déclaration de grossesse a été utilisée contre elle.

Ensuite, si un licenciement intervient, la contestation passe en principe par le conseil de prud’hommes.

Côté employeur, si une salariée enceinte occupe un poste sensible, la bonne démarche consiste à auditer immédiatement la conformité du poste, les protocoles de sécurité, les procédures RH et les modèles de lettres disciplinaires ou de rupture pour éviter toute formulation dangereuse.

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Congé supplémentaire de naissance : règles 2026, durée et indemnisation

Congé supplémentaire de naissance : règles 2026, durée et indemnisation

Le nouveau congé supplémentaire de naissance devient enfin concret. Après la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, les décrets d’application ont été publiés fin mai 2026. Résultat : les premiers congés pourront commencer à partir du 1er juillet 2026.

C’est une vraie nouveauté pour les parents salariés. Ce congé facultatif vient s’ajouter aux congés existants. Il ne remplace ni le congé maternité, ni le congé paternité, ni le congé d’adoption. Il permet à chacun des deux parents, dans certaines conditions, de prolonger le temps passé avec l’enfant après la naissance ou l’arrivée au foyer.

Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?

Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau congé créé pour les salariés du secteur privé. Il peut être pris par chacun des deux parents après épuisement des droits au congé maternité, paternité et accueil de l’enfant, ou d’adoption.

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Sa durée est au choix :

  • 1 mois
  • ou 2 mois

Il peut aussi être fractionné en deux périodes d’un mois.

L’objectif est clair : permettre aux parents de rester plus longtemps auprès de leur enfant au cours des premiers mois, sans basculer immédiatement vers un congé parental beaucoup plus long et souvent moins favorable sur le plan financier.

À partir de quand s’applique-t-il ?

Le dispositif entre en vigueur pour les premiers congés à compter du 1er juillet 2026.

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Il concerne :

  • les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026 ;
  • et aussi certains enfants nés avant cette date lorsque la naissance était initialement prévue à compter du 1er janvier 2026.

En pratique, cela signifie qu’un parent dont l’enfant est né au cours du premier semestre 2026 peut, lui aussi, bénéficier du dispositif à partir du 1er juillet 2026.

Dans quel délai faut-il prendre le congé ?

Pour les enfants nés ou adoptés à compter du 1er juillet 2026, le congé doit commencer dans un délai de 9 mois à compter de la naissance ou de l’arrivée de l’enfant au foyer.

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Pour les enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le régime transitoire est plus favorable : le congé doit être pris entre le 1er juillet 2026 et le 31 mars 2027.

C’est un point très important pour les employeurs comme pour les salariés, car il permet d’organiser dès maintenant les départs en congé pour les naissances déjà intervenues au début de l’année 2026.

Le congé peut-il être pris plus tard si d’autres congés ont été prolongés ?

Oui. Si la durée du congé maternité, du congé paternité ou du congé d’adoption est allongée, le délai de 9 mois est augmenté d’autant.

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Cela vise notamment certaines situations particulières :

  • report du congé prénatal,
  • naissance multiple,
  • naissance à partir du troisième enfant,
  • accouchement prématuré,
  • congé pathologique,
  • hospitalisation de l’enfant,
  • ou encore prolongation prévue par une convention collective.

Autrement dit, le délai de prise du congé supplémentaire de naissance s’adapte à la réalité du parcours des parents.

Comment demander ce congé à son employeur ?

Le salarié doit informer son employeur :

  • au moins 1 mois avant le début du congé ;
  • ou 15 jours avant dans un cas particulier : lorsque le congé suit immédiatement le congé de paternité ou d’adoption et commence dans le mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant.

La demande doit être adressée :

  • soit par lettre recommandée avec accusé de réception,
  • soit remise contre récépissé.

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Le salarié doit y préciser :

  • son souhait de bénéficier du congé,
  • la date de début,
  • la durée choisie : 1 ou 2 mois,
  • et s’il souhaite ou non le fractionner.

En pratique, pour les parents concernés par le régime transitoire du premier semestre 2026, il fallait ou il faut anticiper très vite la demande pour partir dès le 1er juillet 2026.

Le salarié est-il obligé d’avoir pris tous ses autres congés avant ?

En principe, oui : le congé supplémentaire de naissance intervient après épuisement du congé maternité, du congé paternité et d’accueil de l’enfant ou du congé d’adoption.

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Mais il existe une exception importante : cette condition ne s’applique pas au salarié qui n’a pas utilisé tout ou partie de ces congés parce qu’il ne remplissait pas les conditions permettant de percevoir les indemnités journalières de sécurité sociale.

C’est un point utile, notamment pour certaines situations atypiques de carrière ou d’affiliation.

Comment ce congé est-il indemnisé ?

Le congé supplémentaire de naissance est indemnisé par la CPAM sous forme d’indemnités journalières.

Pour en bénéficier, il faut remplir les mêmes conditions générales que pour les indemnités journalières de maternité, paternité ou adoption. En pratique, cela suppose notamment :

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  • une ancienneté minimale d’affiliation à la sécurité sociale,
  • et le respect des conditions d’activité ou de cotisations requises.

Le niveau d’indemnisation est dégressif :

  • 70 % de l’indemnisation maternité pour le premier mois ;
  • 60 % pour le second mois.

Il faut donc retenir une idée simple : ce nouveau congé est indemnisé, mais pas à 100 % du salaire. Il reste malgré tout plus protecteur qu’une interruption totalement non rémunérée.

Peut-on arrêter son congé plus tôt que prévu ?

Oui, dans certains cas.

Le salarié peut mettre fin par anticipation à son congé si :

  • l’enfant décède,
  • ou si les ressources du foyer diminuent de façon importante.

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Dans ce cas, il doit prévenir l’employeur au moins 8 jours avant la date souhaitée de reprise, là encore par lettre recommandée ou remise contre récépissé, avec les justificatifs nécessaires.

Le contrat de travail est-il protégé pendant ce congé ?

Oui. Le salarié bénéficie d’une protection particulière.

Pendant le congé supplémentaire de naissance, l’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail, sauf :

  • faute grave du salarié,
  • ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la naissance ou à l’arrivée de l’enfant.

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C’est une garantie importante, car elle aligne ce congé sur une logique de protection déjà connue dans d’autres congés liés à la parentalité.

Le congé compte-t-il pour la retraite ?

Oui, et c’est un point souvent oublié.

Les périodes indemnisées au titre du congé supplémentaire de naissance ouvrent des droits à la retraite. Un trimestre d’assurance est validé pour chaque période, continue ou non, de 58 jours d’indemnisation.

Ce détail est très important pour les salariés qui veulent mesurer l’impact réel du congé sur leur carrière.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous assister en droit du travail?

Pour les entreprises, ce nouveau droit impose une mise à jour rapide des pratiques RH.

Il faut en particulier :

  • mettre à jour les procédures internes d’absence,
  • informer les managers et les services paie,
  • adapter les modèles de courrier et les circuits de validation,
  • vérifier la bonne articulation avec les congés maternité, paternité et adoption,
  • anticiper les besoins de remplacement, surtout si le congé est pris en deux fois.

Le sujet n’est pas seulement juridique. Il est aussi organisationnel.

EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

EXILAE Avocats est un cabinet exigeant sur le plan technique.

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Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

EXILAE AVOCATS vous accompagne en droit du travail et droit des étrangers avec expertise et réactivité.

Garde à vue d’un étranger : l’audition sur l’arrivée en France impose la présence de l’avocat

Garde à vue d’un étranger : l’audition sur l’arrivée en France impose la présence de l’avocat

Quand un étranger est placé en garde à vue, la question de l’avocat devient immédiatement stratégique. En pratique, les premières heures de procédure peuvent conditionner tout le reste : retenue, rétention administrative, OQTF, prolongation de la rétention.

La décision rendue par la Cour de cassation le 13 mai 2026 le rappelle avec force : lorsqu’une personne gardée à vue est interrogée non seulement sur son identité, mais aussi sur les raisons et les circonstances de son arrivée en France, cette audition ne peut pas se dérouler hors la présence de son avocat, sauf si elle y a renoncé.

Autrement dit, les enquêteurs ne peuvent pas présenter comme une simple audition “administrative” ce qui dépasse en réalité la seule vérification d’identité.

Ce que dit exactement la décision du 13 mai 2026

Dans cette affaire, un ressortissant angolais en situation irrégulière avait été placé en rétention administrative à l’issue d’une garde à vue. La procédure avait donné lieu à une première audition en présence de l’avocat, puis à une seconde audition, menée sans lui, portant sur l’identité de la personne mais aussi sur les raisons et circonstances de son arrivée en France.

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Le premier président avait considéré que cette seconde audition pouvait se tenir sans avocat, au motif qu’elle relevait d’une logique administrative et non d’une audition sur une infraction pénale.

La Cour de cassation casse ce raisonnement. Elle juge que dès lors que l’audition ne portait pas exclusivement sur l’identité, mais aussi sur l’arrivée en France, elle ne pouvait pas être menée hors la présence de l’avocat, sauf renonciation.

Pourquoi cette décision est importante

Cette décision est importante parce qu’elle ferme une porte procédurale très sensible.

En pratique, dans les dossiers de droit des étrangers, on voit souvent se succéder :

  • contrôle d’identité,
  • garde à vue,
  • retenue ou fin de garde à vue,
  • placement en rétention,
  • puis contentieux devant le juge judiciaire et le juge administratif.

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Or, plus la procédure avance, plus les irrégularités du départ deviennent difficiles à rattraper. La Cour de cassation rappelle ici que la distinction entre une simple audition d’identité et une audition portant sur l’arrivée en France ne peut pas être manipulée pour neutraliser le droit à l’avocat.

L’identité seule, oui. Le reste, non.

Le point central de la décision est très simple.

Une audition strictement limitée à l’identité peut relever d’un régime plus léger. Mais dès que les questions portent sur :

  • les raisons de la présence en France,
  • les circonstances de l’arrivée,
  • la trajectoire migratoire,
  • ou des éléments qui dépassent la seule identité civile,

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on sort du simple contrôle d’identité. Et à partir de là, la présence de l’avocat redevient une exigence centrale.

C’est précisément ce que la Cour de cassation rappelle en 2026.

Pourquoi c’est capital en rétention administrative

Le sujet est particulièrement important parce que cette affaire s’inscrivait dans un contentieux de rétention administrative.

Très souvent, l’administration cherche à prolonger la rétention en s’appuyant sur une chaîne procédurale commencée bien avant : contrôle, interpellation, garde à vue, auditions, notification, puis placement.

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Quand une irrégularité affecte l’une de ces étapes, cela peut fragiliser tout le reste. Ici, la Cour de cassation a cassé l’ordonnance ayant prolongé la rétention.

Le message pratique est donc clair : une irrégularité dans la garde à vue peut avoir des conséquences directes sur la rétention administrative.

Garde à vue et retenue : il ne faut pas tout confondre

En garde à vue, la personne peut demander à être assistée par un avocat dès le début de la mesure. Si elle le demande, elle ne peut pas être entendue sur les faits sans avocat, sauf renonciation expresse.

En retenue pour vérification du droit au séjour, il existe aussi des garanties spécifiques. L’avocat peut assister aux auditions, et seule une première audition portant uniquement sur l’identité obéit à un régime particulier.

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Cette décision du 13 mai 2026 est donc importante parce qu’elle évite un glissement entre ces régimes. Elle rappelle qu’on ne peut pas élargir artificiellement la catégorie des auditions “d’identité” pour écarter l’avocat.

Ce que doivent retenir les étrangers et leurs proches

Lorsqu’un proche étranger est placé en garde à vue, il faut immédiatement vérifier plusieurs points :

  • a-t-il demandé un avocat ?
  • un avocat a-t-il effectivement été désigné ?
  • quelles auditions ont eu lieu ?
  • en présence de qui ?
  • sur quels sujets précis ?

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Ces questions peuvent paraître techniques. En réalité, elles sont décisives. Une audition irrégulière peut ensuite nourrir une contestation sérieuse de la rétention ou des mesures qui ont suivi.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous assister dans une garde à vue

Il faut être capable de lire avec précision les procès-verbaux et ne pas se contenter de l’étiquette donnée à l’audition. Ce qui compte, ce n’est pas seulement le titre du PV. C’est son contenu réel.

Si les questions ont porté sur autre chose que l’identité, et notamment sur les conditions d’arrivée ou de présence en France, il faut vérifier si le client avait demandé un avocat et s’il a réellement renoncé, ce qui doit être clair, exprès et tracé.

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Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

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Intérimaires : qui doit mettre à jour le DUERP et informer le CSE ?

Intérimaires : qui doit mettre à jour le DUERP et informer le CSE ?

Lorsqu’une entreprise fait appel à des intérimaires, une question revient souvent : qui doit gérer concrètement la prévention des risques professionnels ? L’entreprise de travail temporaire, parce qu’elle est l’employeur juridique ? Ou l’entreprise utilisatrice, parce que c’est elle qui accueille l’intérimaire sur le poste de travail ?

Dans un arrêt du 13 mai 2026, la Cour de cassation apporte une réponse très claire. Pour les risques liés au poste réellement occupé par l’intérimaire et à l’activité du site, c’est l’entreprise utilisatrice qui est en première ligne. Elle doit intégrer ces risques dans son document unique d’évaluation des risques professionnels, le fameux DUERP. En parallèle, l’entreprise de travail temporaire garde des obligations propres, notamment envers son CSE.

L’arrêt du 13 mai 2026

La Cour de cassation a été saisie de deux questions très pratiques.

La première : qui doit intégrer les risques des salariés intérimaires dans le DUERP ?
La seconde : que doit faire l’ETT vis-à-vis de son CSE sur le sujet de la santé et de la sécurité des intérimaires ?

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La réponse de la Cour est nette. L’évaluation des risques professionnels et la mise à jour du DUERP pour les postes occupés par les intérimaires relèvent de l’entreprise utilisatrice. Pourquoi ? Parce que c’est elle, et elle seule, qui connaît réellement les risques attachés à son activité, à ses machines, à ses procédés, à ses unités de travail et à ses conditions concrètes d’exécution.

En revanche, l’ETT doit informer annuellement son CSE, lorsque celui-ci le demande, sur le suivi des clients les plus accidentogènes et sur les actions de prévention mises en œuvre.

Pourquoi l’entreprise utilisatrice est au centre du dispositif

En matière d’intérim, beaucoup d’entreprises pensent encore que l’ETT “porte” la sécurité, puisque l’intérimaire a signé son contrat avec elle. Non.

Pendant la mission, l’entreprise utilisatrice est responsable des conditions d’exécution du travail. Cela comprend notamment la santé et la sécurité au travail. C’est donc elle qui doit identifier les dangers présents sur le terrain : machine dangereuse, circulation sur site, manutention, produits chimiques, travail en hauteur, bruit, environnement instable, consignes d’urgence, etc.

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Dit simplement : c’est l’entreprise qui fait travailler l’intérimaire qui connaît les vrais risques du poste. C’est donc à elle de les évaluer, de les formaliser et de les prévenir.

Le DUERP : ce n’est pas à l’ETT de décrire les risques propres à chaque client

C’est l’apport le plus utile de l’arrêt pour la pratique.

La Cour de cassation considère qu’il serait incohérent d’imposer à l’ETT de compléter son propre DUERP avec les risques précis liés à chaque mission chez chacun de ses clients. Pourquoi ? Parce qu’une ETT n’est pas matériellement en mesure d’identifier, avec le même niveau de précision, les risques propres à chaque site et à chaque unité de travail de l’entreprise utilisatrice.

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En clair, l’ETT n’a pas à refaire chez elle le travail d’évaluation que seule l’entreprise utilisatrice est capable de mener sérieusement.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucune circulation d’information. Au contraire : l’entreprise utilisatrice doit transmettre de façon claire les éléments utiles à la sécurité de l’intérimaire, afin que l’ETT puisse remplir ses propres obligations et suivre la situation.

Ce que l’ETT doit quand même faire

L’arrêt ne blanchit pas l’ETT. Il rappelle simplement que ses obligations ne sont pas les mêmes.

L’entreprise de travail temporaire reste l’employeur juridique de l’intérimaire. À ce titre, elle conserve plusieurs responsabilités, notamment en matière de suivi général de la relation de travail, d’information, de santé au travail et de dialogue social.

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La Cour valide ainsi le mécanisme prévu par l’article 22 de l’accord de branche du 3 mars 2017 : lorsque le CSE le demande, l’ETT doit l’informer, chaque année, sur le suivi des clients les plus accidentogènes et sur les actions de prévention engagées.

Le message est simple :

  • à l’entreprise utilisatrice, le repérage concret des risques du poste ;
  • à l’ETT, le suivi global des missions, des clients sensibles et de la prévention à l’échelle de son activité.

A faire en pratique

Pour l’entreprise utilisatrice

Pour une entreprise utilisatrice, l’arrêt du 13 mai 2026 doit servir de checklist opérationnelle.

D’abord, il faut intégrer les intérimaires dans l’analyse des postes de travail concernés. Un poste occupé régulièrement par des intérimaires doit être évalué comme n’importe quel autre poste exposé à un risque.

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Ensuite, il faut actualiser le DUERP lorsque les conditions de travail évoluent : nouvelle machine, nouvelle organisation, nouveau produit, nouvelle zone, nouvelle procédure, nouvelle coactivité.

Il faut aussi préparer un vrai accueil sécurité pour l’intérimaire :

  • consignes du site ;
  • circulation interne ;
  • équipement de protection ;
  • risques spécifiques ;
  • gestes interdits ;
  • conduite à tenir en cas d’incident.

Enfin, en cas d’accident du travail, l’entreprise utilisatrice ne doit pas attendre : elle doit alerter rapidement les bons interlocuteurs, notamment l’ETT.

Pour l’ETT pour se sécuriser

Côté ETT, la bonne stratégie n’est pas de refaire le DUERP du client. La bonne stratégie est de structurer la collecte et la traçabilité des informations transmises par l’entreprise utilisatrice.

En pratique, une ETT a intérêt à :

  • demander une fiche de poste précise ;
  • conserver les éléments de liaison sécurité ;
  • tracer les échanges avec le client sur les risques du poste ;
  • surveiller les clients les plus accidentogènes ;
  • préparer une information annuelle exploitable pour son CSE ;
  • vérifier que le suivi médical applicable au salarié temporaire a bien été organisé selon la nature du poste.

L’arrêt pousse donc les ETT à un rôle de vigilance et de coordination, plus qu’à un rôle de duplication du DUERP de leurs clients.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner en droit social et droit des étrangers ?

L’arrêt du 13 mai 2026 clarifie utilement la répartition des obligations entre entreprise de travail temporaire et entreprise utilisatrice. Il faut retenir une idée simple : les risques du poste occupé par l’intérimaire doivent être évalués là où ils existent réellement, c’est-à-dire chez l’entreprise utilisatrice.

Pour les entreprises, le message est clair : faire appel à des intérimaires ne permet pas de déporter la sécurité chez l’ETT. Et pour les ETT, la décision impose un suivi plus structuré de leurs clients les plus exposés et un dialogue social plus solide sur la prévention.

EXILAE Avocats vous accompagne ne ce sens : il ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

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Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

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