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Rupture du contrat d’apprentissage et faute grave de l’employeur

Rupture du contrat d’apprentissage et faute grave de l’employeur

L’apprenti peut désormais rompre immédiatement son contrat en cas de manquements graves de l’employeur

L’apprentissage obéit à des règles particulières. Pendant longtemps, une question revenait sans cesse : un apprenti peut-il quitter immédiatement son entreprise quand la situation devient intenable ?

Un avis de la Cour de cassation du 15 avril 2026 a tranché : oui, en cas de manquements graves de l’employeur rendant impossible la poursuite du contrat, l’apprenti peut rompre immédiatement son contrat d’apprentissage, sans préavis et sans saisir le médiateur, et cette rupture n’est pas qualifiée de prise d’acte.

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C’est une décision importante parce qu’elle corrige un déséquilibre très concret.

En temps normal, après les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, l’apprenti qui veut rompre son contrat doit respecter une procédure spéciale : saisine d’un médiateur, délai d’information de 5 jours calendaires, puis délai minimal de 7 jours calendaires avant la rupture. Cette mécanique figure dans le code du travail.

Rappel des faits

Dans l’affaire à l’origine de l’avis, une alternante engagée en contrat d’apprentissage pour préparer un BTS avait rompu son contrat avant son terme et demandait que cette rupture soit requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

La difficulté était simple : le contrat d’apprentissage a un régime spécial, et le droit commun de la prise d’acte ne s’y applique pas automatiquement.

La Cour de cassation a choisi une voie intermédiaire : elle écarte la qualification de prise d’acte, mais reconnaît à l’apprenti un mode de rupture immédiat spécifique lorsque les manquements graves de l’employeur rendent impossible la poursuite du contrat.

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Autrement dit, la Cour ne dit pas que l’apprenti entre purement et simplement dans le régime des salariés “classiques”.

Elle dit que, dans certaines situations graves, le régime spécial de l’apprentissage ne peut pas empêcher un départ immédiat, car cela mettrait l’apprenti dans une position trop défavorable. Le fondement logique de cette solution se trouve aussi dans l’article L. 6222-23 du code du travail, selon lequel l’apprenti bénéficie des dispositions applicables à l’ensemble des salariés lorsqu’elles ne sont pas contraires à sa situation de jeune travailleur en formation.

Ce qui change désormais

Avant cet avis, le droit était flou. Certaines cours d’appel admettaient déjà qu’un apprenti puisse rompre rapidement son contrat en cas de manquements graves de l’employeur, d’autres refusaient.

La conséquence pratique est majeure : un apprenti confronté à une situation grave n’est plus obligé de rester lié à son employeur le temps d’un médiateur et de délais successifs, si la poursuite du contrat est devenue objectivement impossible. La solution est donc protectrice, surtout pour des jeunes travailleurs qui peuvent être plus vulnérables, parfois mineurs, et dont le contrat a aussi pour objet la formation initiale.

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L’article L. 6222-18 prévoit qu’après les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, le contrat d’apprentissage peut être rompu :

  • par accord écrit des deux parties ;
  • à l’initiative de l’apprenti, avec médiateur et délais ;
  • ou dans certains cas particuliers prévus par la loi.

Le décret d’application précise qu’après la saisine du médiateur, l’apprenti doit informer l’employeur dans un délai minimal de 5 jours calendaires, puis respecter un délai de 7 jours calendaires avant que la rupture ne produise effet. C’est précisément ce cadre que l’avis du 15 avril 2026 écarte en cas de manquements graves de l’employeur.

Ce n’est pas une prise d’acte néanmoins

C’est l’un des points les plus subtils de l’avis.

En droit du travail, la prise d’acte est un mode de rupture par lequel le salarié rompt immédiatement le contrat en reprochant à l’employeur des manquements suffisamment graves.

Mais la Cour de cassation a refusé d’appliquer purement et simplement cette catégorie au contrat d’apprentissage pouréviter des problèmes d’articulation avec le droit spécial de l’apprentissage.

En revanche, dans ses effets et dans son raisonnement, cette nouvelle rupture y ressemble beaucoup.

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Le juge devra examiner les manquements invoqués, apprécier leur gravité, déterminer à qui la rupture est imputable, puis se prononcer sur les dommages-intérêts.

L’avis du 15 avril 2026 ne donne pas une liste fermée mais l’avis mentionne déjà plusieurs exemples reconnus par des juridictions du fond :
– le non-respect des jours de repos ou de la durée du travail,
– le non-paiement des heures supplémentaires ou des majorations pour travail dominical,
– ou encore l’absence de fourniture des équipements de sécurité.

Il ajoute qu’un harcèlement moral pourrait très probablement justifier une rupture immédiate de la part de l’alternant.

En pratique, il faut retenir une idée simple : le manquement doit être suffisamment grave pour rendre impossible la poursuite du contrat. Une simple insatisfaction, un désaccord ordinaire ou une difficulté ponctuelle ne suffiront pas. Le seuil reste élevé, comme pour la prise d’acte en droit commun.

Que doit faire l’apprenti en pratique ?

Même si l’avis est protecteur, il ne faut pas rompre “à l’oral” ou sans trace. La meilleure stratégie consiste à formaliser immédiatement les griefs par écrit : courrier recommandé, mail détaillé, preuves à l’appui, témoignages, échanges avec le CFA, photos, bulletins de paie, planning, certificats médicaux si nécessaire. Cette prudence découle directement du fait que le juge devra apprécier ensuite la réalité et la gravité des manquements.

Il faut aussi prévenir rapidement le CFA ou l’organisme de formation, car la rupture du contrat ne doit pas faire perdre de vue l’objectif principal : la poursuite du parcours de formation.

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Après la rupture de son contrat, l’apprenti qui n’a pas encore trouvé un nouvel employeur peut, sous conditions, poursuivre sa formation théorique pendant 6 mois au CFA avec le statut de stagiaire de la formation professionnelle.

Quels sont les risques pour l’employeur ?

Pour l’employeur, cette décision est un avertissement clair.

Le contrat d’apprentissage n’est pas un contrat “à part” permettant de relâcher les exigences minimales.

Respect des horaires, repos, sécurité, paiement de la rémunération, conditions normales de travail : ces obligations restent essentielles.

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Si elles sont gravement violées, l’apprenti peut désormais partir immédiatement et demander réparation.

En contentieux, cela signifie qu’un employeur peut être condamné à indemniser l’apprenti si le juge estime que les manquements étaient suffisamment graves et que la rupture lui est imputable.

L’avis indique explicitement que le juge devra se prononcer sur l’octroi de dommages et intérêts.

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Carte bleue européenne 2026 : ce qui change en France

Carte bleue européenne 2026 : ce qui change en France

La carte bleue européenne est souvent présentée comme le titre de séjour des profils hautement qualifiés qui veulent travailler en Europe. C’est vrai, mais la réalité juridique est plus technique : le décret n° 2026-308 du 24 avril 2026, entré en vigueur le 26 avril 2026, ajuste le régime français de la carte bleue européenne pour faciliter la mobilité intra-européenne et mieux préparer l’accès au dispositif par l’expérience professionnelle, en complément du diplôme. Le texte a bien été publié au Journal officiel du 25 avril 2026.

L’idée centrale est simple : la France ne change pas complètement l’économie générale du dispositif, mais elle le rend plus fluide pour deux catégories de personnes.

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D’abord, les titulaires d’une carte bleue européenne délivrée par un autre État membre de l’Union européenne, qui peuvent désormais venir travailler en France pour une courte durée sans passer par une autorisation de travail.

Ensuite, les profils hautement qualifiés qui n’ont pas forcément le diplôme “classique”, mais une expérience professionnelle pertinente, même si cette ouverture reste encore partiellement suspendue à un futur arrêté ministériel

L’apport du décret du 24 avril 2026

Le décret du 24 avril 2026 poursuit la mise en conformité du droit français avec la directive (UE) 2021/1883 sur la carte bleue européenne. Il modifie à la fois le code du travail et le CESEDA.

Son apport le plus concret tient à deux points.

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D’un côté, il complète l’article R. 5221-2 du code du travail pour ajouter un nouveau cas de dispense d’autorisation de travail. Sont désormais dispensés d’autorisation de travail, pour une activité salariée en France d’une durée maximale de 90 jours sur toute période de 180 jours, les titulaires d’une carte bleue européenne ou d’une carte de résident de longue durée-UE portant la mention “Ancien titulaire d’une carte bleue européenne”, lorsque ce titre a été délivré par un autre État membre.

De l’autre côté, le décret crée l’article R. 421-21 C du CESEDA. Ce texte organise la nouvelle voie d’accès fondée sur l’expérience professionnelle pertinente : un arrêté des ministres chargés de l’immigration et du travail devra fixer la liste des professions pour lesquelles 3 années d’expérience sur les 7 dernières années pourront ouvrir droit à la carte bleue européenne. À ce stade, le code renvoie toujours à cet arrêté, ce qui montre que la réforme est engagée mais pas entièrement finalisée.

L’importance de cette réforme

La réforme est importante parce qu’elle répond à deux critiques récurrentes du système.

Première critique : la mobilité intra-européenne restait parfois plus théorique que réellement simple.

Deuxième critique : le dispositif valorisait surtout le diplôme, alors que certains secteurs recrutent aussi des profils très qualifiés grâce à leur expérience, notamment dans les métiers techniques et numériques.

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La directive (UE) 2021/1883 allait précisément dans ce sens : rendre la carte bleue plus attractive, mieux reconnue dans l’Union et plus adaptée au marché du travail contemporain.

Cette directive visait ainsi à faciliter l’entrée et le séjour des travailleurs hautement qualifiés ressortissants de pays tiers, tout en améliorant leur mobilité au sein de l’Union.

Le décret français du 24 avril 2026 s’inscrit clairement dans cette logique. Il ne révolutionne pas tout, mais il enlève un verrou important pour la mobilité courte et prépare un second assouplissement autour de l’expérience professionnelle.

Ce qui change en pratique

La mobilité de courte durée devient plus simple

C’est le changement le plus immédiatement opérationnel. Avant, un titre de séjour délivré par un autre pays de l’Union ne permettait pas, en principe, de travailler en France.

Le décret crée ici une exception ciblée pour la carte bleue européenne. Désormais, le titulaire d’une carte bleue européenne délivrée par un autre État membre, ou l’ancien titulaire disposant d’une carte de résident longue durée-UE correspondante, peut venir exercer une activité salariée en France jusqu’à 90 jours sur 180 jours sans autorisation de travail. C’est une avancée très concrète pour les entreprises internationales, les talents mobiles et les groupes présents dans plusieurs pays de l’Union.

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En pratique, cela ne veut pas dire que tout devient libre de conditions. Cela signifie seulement que, pour cette mobilité courte, l’étape administrative de l’autorisation de travail n’est plus requise dans ce cas précis. Pour des mobilités plus longues ou une installation en France, d’autres règles continuent de s’appliquer.

La reconnaissance de l’expérience professionnelle progresse

C’est probablement la partie la plus stratégique de la réforme, même si elle n’est pas encore totalement aboutie. L’article L. 421-11 du CESEDA prévoit désormais que la carte de séjour pluriannuelle “talent-carte bleue européenne” peut être délivrée à l’étranger qui occupe un emploi hautement qualifié pendant au moins 6 mois et justifie soit :

  • d’un diplôme sanctionnant au moins 3 années d’études supérieures,
  • soit d’une expérience professionnelle d’au moins 5 ans d’un niveau comparable,
  • soit, dans certaines professions à fixer par décret, d’au moins 3 ans d’expérience professionnelle pertinente au cours des 7 années précédant la demande.

Cette dernière voie “3 ans sur 7” existait dans la loi, mais qu’elle restait incomplète faute de texte d’application.

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Le décret du 24 avril 2026 avance sur ce point en créant l’article R. 421-21 C, qui renvoie à un arrêté ministériel pour la liste des professions concernées. À ce jour, le code renvoie toujours à cet arrêté à venir.

Attention, les exigences de fond ne sont pas modifiées

Le décret du 24 avril 2026 ne supprime pas les exigences de fond de la carte bleue européenne. Il ne supprime ni la logique d’emploi hautement qualifié, ni l’exigence d’un contrat de travail, ni celle d’un seuil de rémunération fixé par les textes. L’article L. 421-11 maintient ces conditions générales.

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Il ne transforme pas non plus immédiatement la voie “expérience pertinente 3 ans sur 7” en guichet ouvert à tous les profils. Le décret crée le mécanisme, mais son champ précis dépend encore d’un arrêté à venir. C’est la principale limite du texte à ce stade.

En conclusion

Pour un employeur ou un candidat, la réforme appelle une lecture simple.

Si le profil dispose déjà d’un diplôme Bac+3 ou plus ou d’une expérience de 5 ans de niveau comparable, la carte bleue européenne restait déjà envisageable, sous réserve des autres conditions, notamment le niveau de rémunération et l’emploi hautement qualifié. Le décret n’a pas supprimé ce cadre.

En revanche, pour les profils qui veulent entrer par la voie plus récente des 3 années d’expérience pertinente sur 7 ans, il faut rester prudent. Le principe légal existe bien, et le décret a créé le support réglementaire, mais l’application concrète dépend encore de la liste des professions qui sera fixée par arrêté. Tant que cette liste n’est pas fixée, cette voie reste juridiquement annoncée mais pas totalement opérationnelle.

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Enfin, n’oublions pas que le régime de la mobilité longue n’a pas été créé par le décret de 2026, mais il reste important à comprendre. L’article R. 421-21 du CESEDA prévoit qu’un étranger justifiant d’un séjour d’au moins 18 mois dans un autre État membre sous couvert d’une carte bleue européenne peut solliciter en France une carte de séjour pluriannuelle “talent-carte bleue européenne”. La décision d’admission au séjour en France doit alors être communiquée à l’autorité compétente du premier État membre.

Cette règle complète bien la réforme de 2026 :

  • mobilité courte de 90/180 jours sans autorisation de travail ;
  • mobilité plus longue avec demande de titre en France selon le régime de la carte bleue.

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Sur le plan pratique, la carte bleue européenne relève de la famille des titres “talent”. Pour un séjour d’au moins un an, le demandeur doit en principe passer par un visa de long séjour talent puis déposer sa demande de carte sur internet ; pour un séjour inférieur à un an, un VLS-TS talent peut suffire. La démarche se fait via l’ANEF.

Le CESEDA prévoit que la carte bleue européenne est une carte de séjour pluriannuelle. Elle permet l’exercice de l’activité salariée correspondant aux critères qui ont justifié sa délivrance, et, en cas de perte involontaire d’emploi, son renouvellement peut être adapté à la durée des droits à l’assurance chômage.

Autre point pratique utile : il existe un formulaire spécifique Cerfa 15615 intitulé Éléments du contrat de travail justifiant une demande de carte de séjour pluriannuelle Talent “Carte bleue européenne”. Cela confirme qu’en pratique, le dossier repose très fortement sur la nature du poste, la durée du contrat et le niveau de qualification attendu.

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Ainsi, EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

EXILAE Avocats est un cabinet exigeant sur le plan technique.

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Naturalisation : classement sans suite pour dossier incomplet = recours possible

Naturalisation : classement sans suite pour dossier incomplet = recours possible.

Le Conseil d’État vient de rendre une décision majeure le 2 mars 2026 : si l’administration classe votre dossier de naturalisation « sans suite » parce qu’il manque des pièces, vous avez le droit de contester cette décision devant le juge administratif.

Ce que beaucoup ignoraient jusqu’ici — et qui change tout.

« Votre dossier est incomplet. » Fin de l’histoire ?

Vous avez déposé votre demande de naturalisation. Vous avez réuni des dizaines de documents. Et quelques semaines plus tard, vous recevez un courrier laconique : « Votre dossier est classé sans suite en raison de son caractère incomplet. »

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Pendant des années, beaucoup de candidats à la nationalité française pensaient que c’était terminé. Que cette décision administrative était définitive. Qu’ils n’avaient d’autre choix que de tout recommencer.

Ce n’est plus vrai.

Le Conseil d’État vient de trancher clairement dans un arrêt du 2 mars 2026 : une décision de classement sans suite pour dossier incomplet peut être contestée devant le juge administratif.

C’est une avancée considérable pour tous les demandeurs de nationalité française.

C’est quoi exactement un « classement sans suite » ?

Quand vous déposez une demande de naturalisation, la préfecture ou le ministère examine votre dossier. Si des pièces manquent, l’administration vous envoie d’abord une mise en demeure : elle vous demande de fournir les documents manquants dans un délai précis.

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Si vous n’apportez pas les compléments dans les délais impartis, votre dossier peut être classé sans suite — c’est-à-dire abandonné.

Concrètement : votre demande est archivée. L’administration ne la traitera pas. Vous repartez à zéro.

Jusqu’ici, la règle était : pas de recours possible

En matière de titre de séjour, le Conseil d’État avait déjà dit en 2023 qu’un classement sans suite pour dossier incomplet ne pouvait pas être attaqué en justice.

Le raisonnement ? Ce n’est pas un « vrai » refus, juste une décision procédurale.

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Beaucoup pensaient que la même règle s’appliquait à la naturalisation.

Le Conseil d’État vient de dire le contraire.

La décision du 2 mars 2026 est claire : en matière de naturalisation, le classement sans suite fait grief — c’est-à-dire qu’il affecte réellement vos droits — et donc, il peut être contesté devant le tribunal administratif.

L’affaire qui a tout changé

Voici ce qui s’est passé dans l’affaire jugée par le Conseil d’État.

Une femme dépose une demande de naturalisation. L’administration lui demande deux choses : produire un jugement de divorce (une pièce qui n’est même pas dans la liste officielle des documents obligatoires) et fournir l’original de son acte de naissance algérien — pas la version scannée, pas la traduction en original, mais le vrai document papier.

Elle ne peut pas obtenir le jugement de divorce dans le délai imparti. Et pour l’acte de naissance, elle estime que l’original de la traduction suffit.

L’administration classe son dossier sans suite.

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Elle attaque la décision.

Le tribunal administratif lui dit : cette décision ne vous cause pas de préjudice, vous ne pouvez pas contester.

La cour administrative d’appel lui donne finalement raison.

Puis le Conseil d’État intervient et tranche définitivement : le recours est recevable. Dans les deux cas — pièces obligatoires manquantes ou pièces complémentaires demandées par l’administration — vous pouvez aller devant le juge.

Ce que cela change concrètement pour vous

✅ Vous pouvez contester le délai qui vous a été imposé

Si l’administration vous a donné 15 jours pour produire un document que vous ne pouviez pas obtenir aussi vite (un acte civil étranger, un jugement de divorce, un document consulaire…), vous pouvez désormais attaquer la décision en arguant que le délai était trop court.

✅ Vous pouvez contester la nécessité d’une pièce

Certains documents demandés par l’administration ne figurent pas dans la liste officielle des pièces obligatoires. Vous pouvez désormais contester le fait que cette pièce était vraiment indispensable à l’examen de votre dossier.

✅ Vous pouvez contester la réalité de l’incomplétude

Si vous pensez avoir fourni tout ce qui était nécessaire — comme la requérante qui estimait que la traduction originale remplaçait l’acte original — vous pouvez soumettre cette question au juge.

⚠️ Ce que le Conseil d’État confirme aussi

Sur le fond, le Conseil d’État rappelle une règle importante : une traduction en original ne remplace pas l’acte original lui-même.

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Si votre acte de naissance étranger doit être produit en original, envoyer uniquement un scan ou une traduction — même traduite par un traducteur assermenté en original — ne suffit pas. La reproduction ne vaut pas l’original.

Où et comment contester ?

Le tribunal administratif de Nantes est seul compétent en matière de contentieux concernant les décisions relatives aux demandes de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, quel que soit le lieu de domicile du demandeur.

Autrement dit : peu importe que vous habitiez Paris, Lyon ou Bordeaux, c’est toujours Nantes qui tranche en première instance.

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Le recours doit être formé dans les deux mois suivant la notification de la décision de classement sans suite.

Attention : si votre demande a été déposée via le téléservice (plateforme NATALI), le recours administratif préalable doit également être formé via ce même téléservice. À défaut, il pourra être rejeté comme irrecevable.

Le contexte : une procédure de naturalisation qui se durcit en 2026

Cette décision intervient dans un contexte où les exigences pour obtenir la nationalité française n’ont jamais été aussi élevées.

Depuis le 1er janvier 2026, le niveau de français requis est passé du B1 au B2. Les connaissances civiques sont désormais évaluées par un examen civique formel et obligatoire, remplaçant l’appréciation informelle lors de l’entretien.

La circulaire dite « Retailleau » de 2025 renforce également les orientations données aux préfectures dans l’appréciation des dossiers, en mettant l’accent sur l’exigence d’une assimilation effective à la société française.

Dans ce contexte, un dossier classé sans suite pour incomplétude est encore plus dommageable : vous repartez de zéro avec des conditions d’accès plus strictes qu’avant.

Pouvoir contester cette décision devient donc encore plus précieux.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner dans le cadre d’une demande de naturalisation

Chez Exilae Avocats, nous accompagnons les candidats à la nationalité française à chaque étape :

Avant le dépôt — audit complet de votre dossier, identification des pièces sensibles, anticipation des demandes complémentaires de l’administration

Après un classement sans suite — analyse des motifs invoqués, évaluation des chances de recours, rédaction du recours devant le tribunal administratif de Nantes dans les délais

En cas de refus de naturalisation — recours hiérarchique et contentieux, représentation devant le juge administratif

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Prêt de main d’œuvre : qui est responsable en cas d’accident ?

Prêt de main d’œuvre : qui est responsable en cas d’accident ?

Vous prêtez un salarié à une autre entreprise. Pendant sa mission, il travaille 84 heures par semaine, assiste à des réunions en pleine nuit, et finit par être victime d’un accident.

La question qui arrive immédiatement : est-ce votre problème, ou celui de l’entreprise qui l’accueille ?

La Cour de cassation vient de répondre sans ambiguïté, dans un arrêt du 18 février 2026 qui devrait faire réfléchir tous les employeurs qui ont recours au prêt de main d’œuvre.

Cass. soc., 18 févr. 2026, n° 24-14.172 FS-B

Le prêt de main d’œuvre, c’est quoi exactement ?

Mettre un salarié à disposition d’une autre entreprise, c’est une pratique courante — et légale — qui s’appelle le prêt de main d’œuvre. Concrètement :

  • Vous restez l’employeur officiel (l’entreprise prêteuse)
  • Le salarié travaille physiquement chez une autre société (l’entreprise utilisatrice)
  • Vous continuez à le payer

C’est différent de l’intérim, différent du détachement, et cela obéit à des règles précises fixées par le Code du travail.

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Là où ça devient délicat : qui est responsable de quoi pendant toute la durée de la mission ?

Ce que beaucoup d’employeurs croient — à tort

L’idée reçue est simple : « Mon salarié travaille chez eux, donc leurs obligations, leurs problèmes. »

C’est exactement la position qu’a défendue l’entreprise prêteuse dans l’affaire jugée en février 2026. Son raisonnement : puisque le salarié avait signé un contrat de travail local avec la filiale azerbaïdjanaise qui l’accueillait, c’est cette dernière qui devait gérer les heures supplémentaires, les conditions de travail, et la sécurité sur le chantier.

La Cour de cassation n’a pas suivi ce raisonnement.

Ce que dit la Cour de cassation : vous restez responsable

La décision est claire sur deux points qui concernent directement votre entreprise.

1. Le contrat local ne vous décharge pas de vos obligations salariales

Même si votre salarié signe un contrat avec l’entreprise qui l’accueille à l’étranger, le contrat français reste pleinement en vigueur. Il n’est ni suspendu, ni mis en pause.

Résultat concret : si ce salarié effectue des heures supplémentaires chez l’entreprise utilisatrice, c’est vous qui devez les payer — pas elle. C’est à vous qu’il peut les réclamer devant le conseil de prud’hommes.

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2. Vous ne pouvez pas déléguer votre obligation de sécurité

C’est le point le plus important. L’entreprise utilisatrice a effectivement des obligations de sécurité envers le salarié mis à disposition — c’est indiscutable. Mais la Cour de cassation confirme que vous en avez aussi, en parallèle.

Ce n’est pas l’un ou l’autre. C’est les deux.

Dans cette affaire, l’employeur connaissait les conditions de travail : il organisait lui-même les départs et les retours de mission. Il ne pouvait donc pas prétendre ignorer les 84 heures hebdomadaires et les réunions nocturnes. La Cour a retenu sa responsabilité.

Pourquoi cet arrêt vous concerne directement

Si vous êtes une entreprise qui envoie des salariés travailler chez des partenaires, des filiales, ou des clients — en France ou à l’étranger — voici ce que cette décision change dans votre quotidien.

Vous devez rester informé des conditions réelles de travail. Pas seulement signer la convention de mise à disposition et tourner la page. Si vos salariés travaillent dans des conditions qui mettent leur santé en danger, votre responsabilité peut être engagée même si vous n’êtes pas sur place.

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Un contrat local ne vous protège pas. Faire signer un contrat de droit local à votre salarié avec l’entreprise utilisatrice n’est pas un bouclier juridique. Le droit du travail français continue de s’appliquer en parallèle.

La convention de mise à disposition doit être précise. Ce document doit clairement définir qui prend en charge quoi en matière de conditions de travail, de temps de travail et de sécurité — pour éviter tout vide juridique en cas de litige.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner dans le cadre de la mise en oeuvre du prêt de main d’oeuvre dans votre entreprise?

Vous utilisez le prêt de main d’œuvre dans votre entreprise ? Voici trois actions concrètes sur lesquelles le cabinet EXILAE Avocats vous accompagne.

Audit de vos conventions en cours. Prévoient-elles un suivi des conditions de travail ? Une remontée d’information en cas de difficulté ? Si non, c’est à corriger.

Mise en place un suivi actif. Ne vous contentez pas de confier votre salarié et d’attendre son retour. Un point mensuel sur ses conditions de mission, son temps de travail effectif, son état de santé — c’est votre meilleure protection en cas de litige.

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Anticipation avant le départ. La sécurité se gère avant la mission, pas après l’accident. Évaluation des risques du poste chez l’utilisateur, information du salarié, formalisation des procédures d’urgence : ces étapes ne sont pas optionnelles.

Dans ce contexte, un cabinet capable de relier droit social, immigration professionnelle et gestion du risque est un atout concret.

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Faillite d’entreprise et URSSAF : quand la dette sociale fait basculer une société

Faillite d’entreprise et URSSAF : quand la dette sociale fait basculer une société.

Les faillites d’entreprises explosent en 2025.

Dans le même temps, l’Urssaf affiche des niveaux de redressement inédits.

Pour beaucoup de dirigeants, la question n’est plus théorique : l’Urssaf peut-elle faire tomber une entreprise ?

La réponse est claire : oui, dans certains cas, l’Urssaf peut précipiter la chute d’une société. Pas forcément parce qu’elle est la cause unique des difficultés, mais parce que la dette sociale est souvent celle qui révèle l’asphyxie financière, bloque la trésorerie et déclenche, en cascade, la cessation des paiements.

Autrement dit, l’Urssaf n’est pas toujours à l’origine de la crise. Mais elle en est très souvent l’accélérateur.

Record de faillites, record de redressements : un signal d’alerte pour les dirigeants

Le croisement des deux informations est frappant. D’un côté, les défaillances d’entreprises atteignent un niveau historique. De l’autre, les contrôles et redressements Urssaf progressent fortement, notamment en matière de travail dissimulé et de fraude sociale.

Et quand l’économie ralentit, les entreprises fragiles supportent de moins en moins la pression des charges sociales, des contrôles et des rappels de cotisations.

Et c’est là que le risque devient brutal.

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Une entreprise peut survivre à une baisse d’activité.
Elle peut parfois absorber un impayé client.
Elle peut même tenir avec une trésorerie tendue pendant plusieurs mois.

Mais lorsqu’elle doit faire face, en plus, à une dette Urssaf exigible, à un redressement important ou à la remise en cause de pratiques sociales irrégulières, l’équilibre peut céder immédiatement.

L’Urssaf ne crée pas toujours la difficulté, mais elle la révèle

Dire que “l’Urssaf provoque les faillites” serait excessif. En revanche, dire que les dettes Urssaf jouent un rôle majeur dans de nombreuses cessations des paiements est parfaitement crédible.

Pourquoi ?

Parce que l’Urssaf est un créancier redoutable :

  • les cotisations sont récurrentes ;
  • les montants peuvent être élevés ;
  • les majorations et pénalités aggravent vite l’encours ;
  • le contrôle peut déboucher sur un rappel massif ;
  • la contestation n’empêche pas toujours la tension immédiate sur la trésorerie.

En pratique, beaucoup d’entreprises ne tombent pas uniquement “à cause de l’Urssaf”, mais elles tombent au moment où l’Urssaf devient impossible à payer.

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C’est une différence essentielle.

Faillite et dette Urssaf : le vrai mécanisme juridique

En droit, une entreprise est en cessation des paiements lorsqu’elle ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

Cela signifie une chose très concrète pour le chef d’entreprise : si les dettes sociales sont arrivées à échéance et que la trésorerie ne permet plus de les régler, le risque de dépôt de bilan devient immédiat.

La dette Urssaf n’est donc pas une dette “secondaire”.
C’est souvent une dette décisive.

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Car lorsque les charges sociales s’accumulent, plusieurs effets se combinent :

  • la trésorerie se dégrade ;
  • les autres créanciers ne sont plus payés normalement ;
  • les banques deviennent plus prudentes ;
  • les incidents se multiplient ;
  • la société perd toute marge de manœuvre.

À ce stade, le redressement Urssaf n’est plus seulement un problème social ou comptable. Il devient un problème de survie de l’entreprise.

Le contrôle Urssaf peut-il faire déposer le bilan ?

Oui. Et c’est même l’un des scénarios les plus dangereux pour une PME ou une société déjà affaiblie.

Un contrôle Urssaf peut avoir un effet dévastateur lorsqu’il révèle :

  • du travail dissimulé ;
  • des avantages en nature non déclarés ;
  • une mauvaise application des exonérations ;
  • des erreurs récurrentes de paie ;
  • une sous-déclaration d’assiette ;
  • un recours irrégulier à certains statuts.

Dans ce cas, le redressement ne tombe pas comme une simple régularisation. Il arrive souvent comme une dette soudaine, lourde, rétroactive, parfois impossible à absorber.

Pour une entreprise saine, cela peut se gérer.
Pour une entreprise déjà sous tension, cela peut suffire à la faire basculer.

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C’est la raison pour laquelle tant de dirigeants découvrent trop tard que le risque Urssaf est un risque de procédure collective.

Fraude, travail dissimulé, cotisations impayées : tous les dossiers ne se valent pas

Il faut cependant distinguer plusieurs situations.

1. L’entreprise en difficulté économique classique

Elle accumule des retards de charges sociales faute de trésorerie. Ici, l’Urssaf n’est pas la cause de départ, mais elle devient un créancier central dans la dégradation.

2. L’entreprise redressée après contrôle

Elle pensait tenir son modèle économique, puis découvre un rappel de cotisations important. Ici, le contrôle Urssaf agit comme déclencheur de crise.

3. L’entreprise exposée pour fraude sociale

Dans cette hypothèse, la situation est plus grave. Le redressement s’accompagne souvent de pénalités, d’un risque pénal, d’un risque réputationnel et d’un effondrement rapide de la capacité de financement.

Dans les trois cas, une réalité domine : la dette sociale mal anticipée peut conduire au dépôt de bilan.

L’erreur classique des dirigeants : attendre le dernier moment

Le plus grand danger n’est pas toujours la dette elle-même, c’est l’inaction.

Beaucoup de dirigeants attendent trop longtemps parce qu’ils pensent pouvoir “rattraper le mois prochain”, obtenir un gros règlement client ou négocier plus tard. Cette stratégie est souvent fatale.

Pourquoi ? Parce qu’en matière d’Urssaf, plus on attend :

  • plus la dette grossit ;
  • plus les majorations s’accumulent ;
  • plus la contestation devient technique ;
  • plus la société s’approche de la cessation des paiements ;
  • plus la responsabilité du dirigeant peut être exposée.

Lorsqu’une entreprise ne peut déjà plus payer normalement ses cotisations, elle ne doit pas banaliser la situation. C’est un signal juridique majeur.

Peut-on éviter la faillite malgré une dette Urssaf ?

Oui, mais uniquement si l’entreprise réagit vite.

Il existe plusieurs leviers, selon les cas :

  • demander des délais de paiement ;
  • négocier un échéancier ;
  • contester un redressement mal fondé ;
  • sécuriser les justificatifs sociaux et de paie ;
  • anticiper une procédure de prévention ;
  • envisager, si nécessaire, une procédure collective au bon moment et non trop tard.

Le vrai sujet, ce n’est pas seulement de savoir si l’Urssaf “a raison” ou “a tort”.
Le vrai sujet, c’est de savoir si l’entreprise a encore une fenêtre pour éviter l’asphyxie.

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Et cette fenêtre se referme vite.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner dans le cadre d’un litige avec l’URSSAF?

L’employeur d’aujourd’hui doit composer avec des risques accrus : recrutement international, autorisation de travail, conformité sociale, contentieux du travail, exposition administrative ou contrôle.

Dans ce contexte, un cabinet capable de relier droit social, immigration professionnelle et gestion du risque est un atout concret.

Ainsi, EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

EXILAE Avocats est un cabinet exigeant sur le plan technique.

Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

Les obligations de quitter le territoire à l’encontre des citoyens de l’Union européenne

Les obligations de quitter le territoire à l’encontre des citoyens de l’Union européenne.

En droit français, il est possible de regrouper les étrangers en deux grandes catégories : les citoyens de l’Union européenne et les ressortissants d’États tiers.

Les étrangers ressortissants d’États tiers sont l’ensemble des étrangers qui ne possèdent pas la nationalité d’un des 27 États membres de l’Union européenne.

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Les citoyens de l’Union européenne sont les ressortissants de ces États membres et le principe est que tous les citoyens de ces états sont automatiquement des citoyens de l’Union européenne.

Ces deux grandes catégories d’étrangers sont régies par des obligations, des droits et des textes différents.

Les citoyens de l’Union européenne bénéficient notamment de certains avantages quant aux règles à respecter pour séjourner sur le territoire français.

Toutefois, malgré ces avantages, certaines mesures restrictives trouvent à s’appliquer.

Les OQTF (obligation de quitter le territoire français), sont des mesures administratives prises par les autorités publiques, afin de forcer un ressortissant étranger à partir du territoire français, même si ce dernier bénéfice d’un droit de séjour.

Les obligations de quitter le territoire à l’encontre des citoyens de l’Union européenne : principes généraux

Ces OQTF sont applicables à la fois aux ressortissants d’États tiers et aux ressortissants de l’Union européenne.

Mais là encore, les ressortissants de l’Union européenne sont placés sous un régime différent.

En effet, le régime général des OQTF (L.611-1 àL.611-3 du CESEDA) ne s’applique pas à eux, ce sont des règles spécifiques, prévues aux articles L.251-1 à L.251-6 du CESEDA qui régissent leur situation.

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Ainsi, les motifs permettant aux autorités publiques de prendre une OQTF à leur encontre sont différents de ceux propres aux étrangers ressortissants d’États tiers. Les OQTF ne sont possibles que dans trois situations :

  • Lorsqu’ils ne répondent plus aux conditions relatives à leur droit de séjour (les conditions diffèrent selon que le séjour est inférieur à trois mois, entre trois mois et cinq ans et supérieur à cinq ans).
  • Lorsque le comportement de l’étranger constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l’encontre d’un intérêt fondamental de la société.
  • Lorsque leur séjour est constitutif d’un abus de droit (c’est-à-dire quand le séjour a pour objectif de bénéficier du système d’assistance sociale).

En revanche, une OQTF ne sera jamais possible à l’encontre d’un citoyen de l’Union européenne qui bénéficie d’un droit de séjour permanent en France (droit de séjour accordé après cinq années de résidence légale et continue sur le territoire). Cette mesure protectrice s’applique également aux membres de leur famille.

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Comme pour les étrangers ressortissants d’États tiers, l’étranger citoyen de l’Union européenne bénéficie en principe d’un délai de 30 jours pour quitter le territoire et il peut également faire l’objet d’une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de 3 ans (contre 5 ans pour les ressortissants d’États tiers).

Les obligations de quitter le territoire à l’encontre des citoyens de l’Union européenne : les effets

Une OQTF a pour effet d’obliger l’individu à quitter le territoire de l’Union européenne sous peine de poursuites judiciaires.

Mais au-delà de ces effets classiques, l’OQTF à l’encontre d’un citoyen de l’Union européenne entraine la perte pour ce dernier de la durée de résidence acquise sur le territoire français.

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Leur droit de séjour est en effet conditionné en grande partie par leur présence régulière et continue sur le territoire français. En étant obligé de quitter le territoire, l’étranger perd cette durée de résidence, ce qui a pour effet d’entraîner la perte du maintien au séjour.

Pour éviter ces effets néfastes, il est nécessaire de contester très rapidement les mesures d’OQTF et d’interdiction de circulation.

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Admission exceptionnelle au séjour et tests préfectoraux d’intégration

Admission exceptionnelle au séjour et tests préfectoraux d’intégration.

Depuis le 23 janvier 2025, un nouveau texte vient fixer les orientations générales régissant l’admission exceptionnelle au séjour : la circulaire Retailleau.

Cette admission exceptionnelle permet aux étrangers sans titre de se voir régulariser pour motifs professionnels ou personnels et familiaux.

Cette nouvelle circulaire remplace la circulaire Valls de 2012, et réhausse les conditions attendues pour se voir régulariser au titre de l’admission exceptionnelle au séjour.

Notamment, elle insiste sur la nécessité pour les préfectures de tenir compte du niveau d’intégration des étrangers en France.

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L’intégration, au sens de cette circulaire, impose aux étrangers de respecter de manière rigoureuse les principes et valeurs de la République comme : la liberté d’expression, l’égalité entre les femmes et les hommes ou encore la dignité de la personne humaine.

Pour vérifier cette intégration, il était jusqu’à présent nécessaire pour l’étranger de signer un contrat d’engagement à respecter les principes de la République, qui attestait du respect des valeurs essentielles de la France.

Désormais, en plus de ce contrat d’engagement qui reste nécessaire, la circulaire Retailleau met l’accent sur la nécessité pour l’étranger de démontrer son intégration à travers son niveau de langue.

Ce dernier peut être attesté par un diplôme français, une certification linguistique ou encore toute autre preuve de la langue française.

Admission exceptionnelle au séjour et tests préfectoraux d’intégration : autres preuves de langue française

Jusqu’alors, il était difficile de savoir ce que regroupaient ces « autres preuves de langue française ».

Or, depuis quelques temps, il est avéré que des préfectures comme Nanterre ou Sarcelles font passer des « tests de français » aux étrangers lors de leur dépôt de dossier AES.

Par exemple, la préfecture de Nanterre soumet les questions suivantes :

  • « Quelles sont les couleurs du drapeau français ? »
  • « Quel fleuve traverse la capitale française ? »
  • « A quelle date a lieu la Fête Nationale de la France ? »
  • « Qui est la Première dame de la France ? »
  • « Quelle est la devise de la France ? »
  • « Où se sont déroulés les derniers Jeux olympiques ? »
  • « J’atteste avoir renseigné le questionnaire sans aide, entourez : oui    non »
  • « J’atteste avoir renseigné le questionnaire avec de l’aide, entourez : oui    non »

Les réponses doivent être écrites de manière manuscrite, en français.

A lire également : Naturalisation française : comprendre la condition de stage, ses réductions et ses suppressions

Ainsi, ces tests, conformément à la circulaire Retailleau, permettent de vérifier le niveau de langue de l’étranger, que ce soit à travers la lecture de la langue ou son écriture.

Admission exceptionnelle au séjour et tests préfectoraux d’intégration : des tests de français afin de s’assurer de l’intégration de l’étranger

Les questions posées, notamment par la préfecture de Nanterre, interrogent sur leur objectif réel.


S’il n’y a aucun doute sur le fait qu’ils permettent d’apprécier le niveau de langue de l’étranger, les questions semblent orientées afin de juger son niveau d’intégration, alors même qu’il aurait signé le contrat d’engagement à respecter les principes de la République.

Or, la circulaire ne prévoit pas de tests écrits pour s’assurer de l’intégration de l’étranger lors d’une demande d’admission exceptionnelle au séjour.

A lire également : La taxe pour l’embauche d’un salarié étranger (ex-taxe OFII)

Les préfectures, en particulier Nanterre et Sarcelles, semblent donc faire une application particulièrement stricte de la circulaire quant à l’exigence d’intégration des étrangers.

Il est donc recommandé, pour les étrangers souhaitant déposer une demande d’admission exceptionnelle au séjour, de s’assurer de leur connaissance des principes et valeurs essentiels de la république française.

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Ce que change la loi Immigration

Ce que change la loi Immigration.

Le 25 janvier 2024 dernier, le Conseil constitutionnel, composé de ses neuf Sages, a rendu sa décision portant sur la loi Immigration.

Le Conseil constitutionnel avait été saisi par le Président de la République Emmanuel Macron, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet ainsi que par la gauche parlementaire pour contrôler la conformité de la loi Immigration à la Constitution française.

A lire également : Après la Censure du Conseil constitutionnel, le volet « travail » de la loi immigration reste inchangé

Cette décision était très attendue en ce qu’elle représentait un enjeu politique important. Mais la loi désormais promulguée est elle au rendez-vous ?

Ce que change la loi Immigration : les disposition censurées par le Conseil Constitutionnel et non applicables

Près d’un tiers des articles du texte présentés au Conseil Constitutionnel a été censuré.

Cette censure s’est fondée pour 32 des 82 articles adoptés par le Parlement sur un motif de forme (car certains des articles n’avaient pas de lien avec le texte initialement présenté par le gouvernement, c’est ce que l’on appelle des “cavaliers législatifs”).

Aussi, le Conseil constitutionnel s’est prononcé – de manière beaucoup plus restreinte – sur le fond en censurant totalement ou partiellement trois articles.

La décision – seconde plus longue dans l’histoire des décisions rendues par cette instance – témoigne des enjeux politiques importants que représente la question de l’immigration en France.

A lire également : L’inopposabilité de la condition de rémunération pour le passeport talent carte bleue européenne

Parmi les mesures censurées, on retrouve notamment le délit de séjour irrégulier, les mesures conditionnant l’accès aux prestations sociales, le durcissement du droit au regroupement familial, la mise en place d’une caution de retour pour les étudiants, l’obligation pour l’étudiant étranger de justifier du caractère réel et sérieux de ses études, la majoration des frais de scolarité des étudiants étrangers ou encore la fin du droit du sol automatique pour les enfants nés de parents étrangers.

La justification de l’ensemble de ces censures peut être retrouvée dans la décision complète disponible sur le site du Conseil constitutionnel.

Ce que change la loi Immigration : les apports de la loi

Malgré la tendance générale à la censure des articles qui avaient été soutenus par la droite et l’extrême droite parlementaire, le Conseil constitutionnel a jugé conforme 11 des articles qui lui ont été soumis.

Parmi eux, on retrouve notamment :

  • La précision des conditions de réacheminement à la frontière (article 2)
  • La suppression des protections contre l’expulsion de certains étrangers (article 35)
  • La possibilité de prononcer une obligation de quitter le territoire français (OQTF) contre des étrangers protégés (article 37)
  • La création d’un fichier des mineurs non accompagnés délinquants (article 39)
  • L’allongement de la durée d’assignation à résidence des étrangers (article 42)
  • L’exclusion de certains mineurs étrangers de l’aide sociale à l’enfance dans les cas où ils sont visés par une OQTF (article 44)
  • L’instauration d’une condition de “respect des principes de la République” pour obtenir un titre de séjour (article 46). Cela implique que, désormais, un étranger qui demande un document de séjour s’engagera par la souscription d’un contrat d’engagement au respect des principes de la République et notamment la liberté personnelle, la liberté d’expression et de conscience, l’égalité entre les femmes et les hommes, la dignité de la personne humaine, la devise et les symboles de la République, l’intégrité territoriale ainsi qu’à ne pas se prévaloir de ses convictions pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre les services publics et les particuliers. Le refus de se soumettre à ce contrat justifiera l’absence de délivrance d’un tel document de séjour
  • La fin de la collégialité – par principe – des jugements de la Cour nationale du droit d’asile, qui a été jugé conforme et ne portant pas atteinte à un droit à un procès équitable (article 70)
  • L’article 34 de la loi Immigration relatif à la nouvelle amende pour les employeurs reste également dans le texte final et sera présent dans la nouvelle version du CESEDA à l’article L. 8253-1.
  • L’article 20 de la loi Immigration concernant l’intégration par la langue et la hausse du niveau de connaissance de la langue française requis reste inchangé et sera intégré au Titre IV du CESEDA.
  • La nouvelle carte de séjour pluriannuelle “talent-professions médicales et de la pharmacie” se maintient dans la version finale et sera inscrite à l’article L. 421-13-1 du CESEDA.

Ce que change la loi Immigration : le titre de séjour “métiers en tension”

L’article 27 de la loi Immigration relative au titre de séjour “métiers en tension” reste dans le texte final promulgué au Journal Officiel de la République Française et sera présent à l’article L. 435-4 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA ci-après).

Ce titre de séjour sera accordé à la discrétion des préfets, ce qui signifie que, bien que toutes les conditions soient remplies, ceux-ci se réservent le droit de refuser la demande formulée par l’étranger.

Un étranger qui travaille dans un secteur professionnel marqué par des difficultés de recrutement pourra désormais se voir délivrer une carte de séjour “travailleur temporaire” ou “salarié” pour une durée maximale d’un an et l’autorisant à travailler.

Afin d’être éligible, l’étranger devra justifier :

  • D’avoir eu une activité professionnelle salariée au moins 12 mois (consécutifs ou non) au cours des 24 derniers mois
  • D’avoir un emploi relevant de ces métiers dits “en tension”
  • D’une résidence ininterrompue d’au moins 3 années en France

A lire également : Le contrôle URSSAF en 2024

  • D’une insertion sociale et familiale, du respect à l’ordre public, de l’intégration à la société française ainsi qu’une adhésion aux modes de vie et aux valeurs de la République Française
  • De ne pas avoir fait l’objet d’une condamnation, d’une incapacité ou d’une déchéance mentionnée au bulletin n°2 du casier judiciaire

Les étrangers ne seront désormais plus obligés de passer par leur employeur pour l’octroi de la carte de séjour.

Ce titre de séjour n’est pour l’instant applicable que jusqu’au 31 décembre 2026, à titre expérimental.

La liste des métiers en tension est actuellement réglementé par l’Arrêté du 1er avril 2021 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l’emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d’un Etat membre de l’Union européenne, d’un autre Etat partie à l’Espace économique européen ou de la Confédération suisse.

Bien qu’une révision était prévue en 2023 par l’ancien Ministre du travail Olivier Dussopt, aucune liste officielle n’a encore été publiée.

Le texte de référence reste donc toujours aujourd’hui l’arrêté de 2021 qui classe par région les métiers considérés comme étant “en tension”.

EXILAE AVOCATS, des avocats et juristes en droit social et droit des étrangers qui vous accompagnent sur toutes vos problématiques

EXILAE AVOCATS est un Cabinet d’avocats parisien proposant ses services en droit du travail, droit des affaires (commercial, sociétés…) et de droit des étrangers.

Avocats aux barreau de Paris et de Nice, nous vous garantissons, de part notre expérience, un service juridique de grande qualité, une disponibilité impeccable et des honoraires transparents. 

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EXILAE Avocats

La discrimination dans l’évolution de carrière et de rémunération

La discrimination dans l’évolution de carrière et de rémunération.

Cet article s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (nations unies)

Cette année, le Secrétaire des Nations Unies se consacre sur le thème « Tous Unis ! L’activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles ». Durant ces 16 jours d’activisme toute personne est conviée à assumer son rôle dans l’éradication de la violence à l’égard des femmes et des filles.

La discrimination dans l’évolution de carrière et de rémunération : état des lieux

Une moindre évolution de la rémunération et/ou de la carrière professionnelle d’un salarié par rapport à ses collègues occupant les mêmes fonctions, mais ne présentant pas le même critère discriminatoire (sexe, age, activités militantes, etat de santé différents…) est une forme récurrente de discrimination.

C’est notamment une des formes de discriminations syndicales les plus importantes, mais aussi une forte manifestation des discriminations envers les femmes au travail, notamment lorsqu’elles ont bénéficié d’un ou plusieurs congés parentaux.

Depuis 2013, le travail au quotidien (cité par 74% des individus ayant déclaré avoir vécu une discrimination dans l’emploi en 2020) et l’évolution dans la carrière (56%) sont les deux contextes dans lesquels les risques de discrimination sont les plus élevés (source : baromètre des discriminations, OIT-DDD, 2013, p.18)

Les femmes déclarent davantage avoir été discriminées au retour d’un congé de longue durée que les hommes (44% contre 30% des hommes). Les hommes rapportent plus de discriminations concernant l’évolution de leur carrière (66% des hommes, contre 47% des femmes » (source : baromètre des discriminations, OIT-DDD, 2013, p.18).

Par ailleurs, 51% des personnes exerçant ou ayant exercé une activité syndicale déclarent que cette activité a représenté un frein dans leur évolution professionnelle (en termes de qualification, d’avancement, de grade…). En matière d’évolution de leur rémunération, 44% d’entre elles considèrent que leur activité syndicale a été bloquante (source : Baromètre des discriminations, OIT-DDD, 2012, p. 16).

Définition de la discrimination dans l’évolution et la rémunération

Concernant la discrimination salariale, elle peut se manifester à l’égard de toutes les composantes de la rémunération, à savoir « le salaire ou traitement ordinaire de base ou minimum et tous les autres avantages et accessoires payés, directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l’employeur au salarié en raison de l’emploi de ce dernier » (art. L. 3221-3 C. trav.). Au-delà du salaire de base, sont donc susceptibles de fonder une discrimination la part variable de la rémunération, les primes, les avantages en nature, le paiement des heures supplémentaires, etc.

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Qu’est ce que la discrimination au travail ?

La discrimination dans l’évolution de carrière et de rémunération : le prouver

La discrimination est établie si, à partir du moment où l’employeur a eu connaissance du fait discriminatoire (son origine, son sexe, ses fonctions syndicales ou au CSE, la survenance d’une maladie,…), sa rémunération et/ ou son évolution ont stagné soit par rapport à sa situation antérieure, soit par rapport à d’autres salariés de l’entreprise placés dans une situation identique.

L’analyse du panel de comparaison constitué sur cette base, prend donc toute son importance pour prouver la discrimination.

Les critères jurisprudentiels d’élaboration d’un panel de comparaison pertinent. La Cour de cassation a identifié un certain nombre de conditions objectives pour la réalisation d’un panel de comparaison pertinent, c’est-à-dire permettant une reconstitution fidèle d’un parcours professionnel ordinaire (voir notamment, Cass. soc., 4 juillet 2000, n° 98-43.285 ; Cass. soc., 28 juin 2006, n° 04-46.419 ; Cass. soc., 24 octobre 2012, n° 11-12.295 ; Cass. soc., 7 novembre 2018, n° 16-20.759).

Il convient de comparer la situation du salarié qui s’estime victime d’une discrimination à celle de salariés placés dans une situation comparable, laquelle s’entend comme celle des salariés qui :

  • appartiennent à la même entreprise, voire au même établissement lorsqu’il existe ;
  • embauchés à des niveaux de qualifications similaires (identité ou équivalence des diplômes) ;
  • embauchés à une date proche, dans un écart de 1 à 3 ans maximum ;
  • embauchés sur un emploi similaire.

Pour réaliser un panel pertinent, il faut au préalable recueillir un certain nombre de données, qu’il faudra ensuite croiser sous forme de graphique, faisant apparaître les courbes d’évolution de carrière ou de rémunération.

Il s’agit de :

  • Une liste des personnes occupant un poste similaire et embauchées à des dates proches, avec un niveau de diplôme équivalent ;
  • Les contrats de travail des salariés comparants ;
  • Le montant de leur rémunération au 31 décembre de chaque année depuis l’embauche jusqu’à l’année précédant celle à laquelle la comparaison est effectuée.

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Qu’est ce que le harcèlement discriminatoire ?

Et une fois que les faits sont prouvés?

Tous les actes discriminatoires sont nuls (art. L. 1132-4 et L. 1142-3 c. trav. art.), c’est-à-dire qu’ils doivent être considérés comme n’étant jamais intervenus.

Le salarié victime de pratiques discriminatoires doit donc être replacé dans la situation où il se serait trouvé si le comportement dommageable n’avait pas eu lieu.

En cas de retard dans son évolution de carrière ou de rémunération, il doit être reclassé au niveau ou il aurait été s’il n’avait pas été victime de discrimination (cass. soc. 23 novembre 2005, n° 03-40826 ; cass. soc. 14 mars 2012, n° 11-11308).

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EXILAE AVOCATS, des avocats en droit du travail qui vous assistent dans toutes vos problématiques de discrimination

Vous vous estimez victime d’une discrimination au travail ?

Notre équipe de droit social est spécialisée dans la reconstitution de carrière. Elle est en mesure de vous assister pour démontrer une discrimination et évaluer le montant de la rémunération qui vous serait due si vous n’en n’auriez pas été victime.

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Maître Grégoire HERVETMme Maëlle DREANO – EXILAE Avocats

Présentation des nouvelles dispositions de la loi Marché du Travail

Présentation des nouvelles dispositions de la loi Marché du Travail.

Le projet de loi portant mesures d’urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi, dit « Marché du travail » a été définitivement adopté, vendredi dernier, le 17 novembre 2022.  

Dernière étape avant son entrée en vigueur : L’éventuelle saisie du Conseil constitutionnel et la loi sera ensuite promulguée et publiée au Journal officiel.

De nombreux décrets d’application se feront attendre pour concrétiser les nouvelles dispositions. 

Pour rappel, l’objet de la loi « marché du travail » est de « limiter le caractère désincitatif de l’assurance chômage », comme l’expliquait le Sénat et à faire en sorte que les demandeurs d’emploi retrouvent le chemin du salariat de façon durable.  

Elle intervient dans un contexte post-Covid dans lequel les modes d’emploi et travail ont évolué, notamment en faveur de période d’emploi alternatives avec des temps exclusivement consacrés à la réalisation de projets personnel, grâce au relai pris par l’assurance chômage.

Nous vous présentons les nouvelles dispositions qui redessineront demain le droit du travail et de la protection sociale :

Il y a 6 mesures à retenir !

Présentation des nouvelles dispositions de la loi Marché du Travail : la présomption de démission en cas d’abandon de poste

Le fait pour un salarié, de ne plus se présenter à son poste de travail sans justifier de son absence caractérise un abandon de poste.

L’employeur qui le met en demeure de reprendre son activité sans résultat est fondé à le sanctionner en se prévalant d’une faute grave justifiant un licenciement.

Mais en agissant ainsi, les salariés, notamment ceux qui souhaitent quitter l’entreprise mais qui se sont vu refuser une rupture conventionnelle, perçoivent l’allocation de retour à l’emploi par suite de leur licenciement, alors qu’ils auraient dû démissionner.

C’est ce phénomène courant que le projet de loi « Marché du travail » souhaite endiguer.

Il est donc prévu que le salariésera présumé avoir démissionné lorsqu’il abandonnera volontairement son poste et ne reprendra pas le travail après mise en demeure formelle de l’employeur (notamment adressée par LRAR). Celle-ci devra enjoindre au salarié de reprendre ses fonctions dans un délai fixé par l’employeur, quine pourra être inférieur à un minimum qui sera fixé par décret.

À l’expiration de ce délai, le salarié sera présumé avoir démissionné s’il ne reprend toujours pas son poste.

Les conséquences sont néanmoins problématiques pour les salariés harcelés, qui seront contraints de quitter leur poste pour sans protéger, sans peut-être en avoir trouver un autre et tomber ainsi dans une précarité financière s’ajoutant à la détérioration de leur été mentale.

Les salariés assimilés à l’employeur doivent aussi pouvoir voter aux élections du CSE

Cette nouveauté en est pas une ! Il s’agit d’une codification à droit constant.

On se souvient en effet du fait que le Conseil constitutionnel avait remis en cause, par une décision du 19 novembre 2021, le principe de l’interdiction de voter aux élections professionnelles pour les  salariés assimilés à l’employeur (c. constit., décision 2021-947 QPC ).

Ainsi, un nouvel article du code du travail précise que l’électoral est composé de « l’ensemble des salariés » agés de plus de 16 ans, ayant plus de 3 mois d’ancienneté et n’ayant fait l’objet d’aucune interdiction, déchéance ou incapacité relatives à leurs droits civiques (c. trav. art. L. 2314-18 nouveau).

La loi modifie ensuite le texte relatif aux conditions d’éligibilité pour interdire expressément de se présenter aux salariés disposant d’une délégation de pouvoir écrite du chef d’entreprise (c. trav. art. L. 2314-19 modifié).

La réforme du CDI intérimaire

Désormais, il n’a plus de la limite de 36 mois maximum pour la durée de la mission d’un travailleur temporaire employé dans le cadre d’un CDI intérimaire.

Présentation des nouvelles dispositions de la loi Marché du Travail : l’impossibilité d’accéder à l’assurance chômage pour les salariés en CDD ou en intérim qui refusent par 2 fois un CDI

En pratique, le fait de priver d’allocation de retour à l’emploi les salariés en CDD ou en intérim qui refusent de façon consécutive 2 fois un CDI impliquera de nouvelles obligations pour les employeurs :

  • Les employeurs devront formaliser leur proposition de CDI par écrit. Bien entendu, le contrat proposé devra être relatif au même poste à pourvoir que celui occupé en CDD ou en intérim, s’agissant d’un poste proposé par une entreprise utilisatrice, ou à un emploi similaire. Il devra prévoir une rémunération et une durée du travail au moins équivalente et sans changement de lieu de travail.
  • Les employeurs devront informer Pôle emploi du refus de CDI. Les modalités de cette information seront définies par décret, mais il y a fort à parier qu’elle sera via la DSN, lorsque l’employeur signale le terme d’un CDD ou la fin du recours à une main d’œuvre intérimaire.
  • Pour les salariés qui refuseraient par deux fois une offre de CDI sur un poste similaire, dans les conditions précitées, au poste qu’ils occupaient à titre temporaire, sur une même période de 12 mois, ils perdent le bénéfice de l’assurance chômage à la fin de leur contrat précaire.

La réforme de la modulation de l’assurance chômage

Il s’agit de moduler l’indemnisation du chômage en fonction de la conjoncture économique et de la situation du marché du travail.

Le projet de loi évoque une « contracyclicité » signifiant que :

  • Lors des périodes favorables pour l’emploi, les conditions de l’accès à l’assurances chômage seront strictes, afin d’inciter les demandeurs d’emploi à reprendre un du travail ;
  • Lorsque les offres d’emploi se font plus rares, du fait d’une conjoncture économique, plus difficile, les conditions d’accès à l’assurance chômage sont plus souples.

Si la durée d’affiliation, celle de l’indemnisation et la variation du montant de l’allocation de retour à l’emploi ne devraient pas faire l’objet d’une modulation, une concertation avec les partenaires sociaux débute pour définir à la fois les conditions d’accès à l’assurance chômage devant varier dans le temps et les critères de cette variation.

Présentation des nouvelles dispositions de la loi Marché du Travail : l’accès à la validation des acquis de l’expérience est facilité

L’une des premières mesures importantes sur la VAE est de centraliser dans le code du travail toutes les dispositions qui lui sont relatives.

Sur le fond, un décret d’application viendra préciser une procédure simplifiée d’accès à la VAE, dont les grands principes sont posés par la loi :

  • Principe d’une VAE ouverte à tous. Elle sera notamment ouverte à toute personne justifiant d’une activité en rapport avec le contenu de la certification.
  • Principe d’une VAE « partielle » : la VAE pourra permettre d’acquérir également un bloc de compétences d’une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles et non de la certification dans son ensemble
  • Principe d’une VAE aux aspects théoriques et pratiques : Selon la loi nouvelle, la VAE comprend les actions d’accompagnement du candidat et, le cas échéant, des actions de formation ou des périodes de mise en situation en milieu professionnel.
  • Principe d’une VAE prenant en compte l’ensemble des expériences professionnelles : Seront prises en considération pour l’appréciation de la recevabilité d’une demande de VAR, les stages et les périodes de formations en milieu professionnel.
  • Principe d’une VAE étendue dans le temps : Le congé de VAE passera de 24 heures par session de validation à 48 heures, sachant que cette durée peut être augmentée par accord collectif.
  • Principe d’une VAE gérée par un service public dédié : La loi prévoit la création d’un service public dédié à la VAE qui aurait pour mission d’orienter et d’accompagner toute personne souhaitant y avoir recours.
  • Principe d’une VAE prise en charge par les Associations de Transition professionnelle (ATpro) : La loi permet au ATpro de financer les dépenses liées aux VAE, à l’instar de ce qui avait été mise en place pendant la pandémie de Covid-19.
  • Principe d’une VAE associée au contrat de professionnalisation : Cette mesure est expérimentale pour 3 ans, il s’agit d’inclure dans des contrats de professionnalisation du secteur privé en vue de la VAE.

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