DÉFILEZ VERS LE BAS

Déchéance de nationalité : définition, motifs légaux, limites et voies de recours 

Faux papiers et titre de séjour : ce que dit la loi et ce que font les juges

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Faux titre de séjour

Les étrangers incarcérés définitivement condamnés : une solution à la surpopulation carcérale

Gérard Darmanin, Garde des sceaux, Novembre 2025

Contentieux des étrangers : les décisions clés d’octobre 2025

Cour de cassation, Paris, (Auteur: Daniel Vorndran) 

Conseil d’Etat- Salle de l’assemblée générale

La fin de l’accord Franco-Algérien ? Ce qui change (et surtout ce qui ne change pas)

Assemblée nationale (auteur : Philippe Grangeau)

Evolution du nombre d'OQTF par nationalité

Naturalisation par décret en 2026 : B2 et examen civique — la ligne de Bruno Retailleau

Image d'une femme venant d'acquérir la nationalité française par naturalisation par décret

Les délais de recours de l’assignation à résidence (CESEDA) : durée, obligations, droits (guide 2025)

Auteur : Ted Eytan

Fondement AssignationArticle CESEDADélai pour introduire le recoursDélai pour juger
Assignation fondée sur 1 à 5 de l’article L.731-1L. 921-17 jours15 jours
Assignation fondée sur 6 à 8 de l’article L. 731-1 et 731-3R. 421-1 CRPA2 mois
Assignation fondée sur l’article L. 731-3*R. 421-1 CRPA2 mois

TYPE d’OQTFArticle CESEDADélai pour introduire le recoursDélai pour juger
OQTF* L. 911-11 mois6 mois
OQTF* et Assignation à résidenceL. 921-17 jours15 jours
OQTF* et rétentionL. 921-248 heures96 heures
OQTF* puis assignation à résidence en cours d’instanceL. 921-3 15 jours
OQTF* puis rétention en cours d’instanceL. 921-4 144 heures

Intégration et naturalisation en 2026 : titres de séjour, cartes pluriannuelles et cartes de résident

À tout moment de la procédure, le préfet chargé de l’instruction pourra déclarer l’irrecevabilité de la demande, sans qu’il soit besoin de convoquer la personne à un entretien.

Cartes « talent », carte bleue européenne, professions réglementées — ce que change le décret n° 2025-539 du 13 juin 2025   

Cartes « talent », carte bleue européenne, professions réglementées — ce que change le décret n° 2025-539 du 13 juin 2025   

Le décret n° 2025-539 du 13 juin 2025 ajuste en profondeur le régime des cartes “talent”, encadre des délais de décision (90 jours pour “Talent – Carte bleue européenne”, 30 jours dans certains cas de mobilité intra-UE) et confie au préfet un contrôle renforcé des professions réglementées. 

Ce décret a pour objectif principal de concrétiser les dispositions de la loi Immigration du 26 janvier 2024 et aligne le droit français sur la directive (UE) 2021/1883 relative à l’emploi hautement qualifié. Finalité : accélérer l’instruction des dossiers, sécuriser les mobilités intra-UE des titulaires de carte bleue européenne, et fiabiliser le contrôle des conditions d’accès aux professions réglementées.

Il apporte quelques évolutions notables concernant l’ensemble des titres de séjour. 

Le “passeport talent” devient “talent” (ex. Talent – salarié qualifié, Talent – porteur de projet). Par ailleurs, le décret vient concrétiser la création d’une carte “Talent – profession médicale de la pharmacie”. Elles ont une durée de validité maximale de 4 ans, valant visa long séjour. 

  • “Talent – Carte bleue européenne” (et Talent – famille) : les autorités administratives sont dans l’obligation de notifier le sens de la décision au plus tard à J+90 après dépôt complet (R.421-23 CESEDA). Auparavant, un silence 90 jours valait rejet implicite. 

  • Mobilité intra-UE (déjà titulaire d’une Carte Bleue Européenne délivrée par un autre État) : notification à l’intéressé ET à l’État membre ayant délivré la première carte dans les 30 jours après dépôt complet
  • CBE en mobilité (qui résident depuis au moins 18 mois dans un autre pays de l’Union) : délivrance d’une autorisation provisoire de séjour (APS) ouvrant droit au travail. Cette carte doit impérativement être délivrée au plus tard J+30 après la demande complète.

Ce dernier point est une évolution majeure qui va permettre aux étrangers d’assurer une continuité de leur emploi dans le cadre d’une mobilité salariale, ce qui est essentiel.

A travers le Décret, le préfet vérifie désormais lui-même le respect des conditions d’exercice des professions réglementées pour les cartes “talent”, via le nouvel article R.421-15-1 

Les attentes : contrôles plus systématiques et pièces probantes à fournir par le demandeur. 

Par définition, une profession réglementée est un métier qui exige, pour être exercé, la délivrance d’un diplôme spécifique. 

Jusqu’alors, cette condition majeure devait être contrôlée par les services de la main d’œuvre étrangère, afin d’éviter toute fraude ou abus. 

Mais malgré une compétence exclusive, ces vérifications étaient particulièrement souples, voire inexistantes. Il était relativement simple d’obtenir des autorisations de travail pour ces professions sans que les conditions soient effectivement remplies. 

Pour les dossiers incomplets : obligation faite aux préfectures de demander les pièces manquantes dans un délai raisonnable (tous titres).

Objectif : réduire les rejets pour pièces manquantes. Toutefois, au regard de la saturation des services préfectoraux, il reste à voir comment cette nouvelle obligation sera mise en œuvre de manière effective.

  • Anticiper la preuve de complétude du dossier (le J0 des délais court à réception d’un dossier complet).
  • Mobilité CBE : préparer contrat/offre, qualifications et preuve de résidence dans l’État d’origine ; viser l’APS travail sous 30 jours
  • Professions réglementées : réunir diplôme, équivalences, inscription ordinale (le cas échéant), autorisation d’exercice. Il faut s’attendre à des vérifications renforcées.
  • Synchroniser le calendrier d’embauche avec les nouveaux délais CESEDA (90 j / 30 j).
  • Sécuriser les profils réglementés : vérifier en amont les conditions d’exercice (ordre, autorisations, niveau linguistique).
  • Continuité d’activité : utiliser l’APS pour éviter les ruptures de contrat lors des mobilités intra-UE

Vous pouvez également lire l’article : La taxe pour l’embauche d’un salarié étranger (ex-taxe OFII)

  • Quand saurais-je si mon dossier “Talent – CBE” est accepté ?
    Au plus tard 90 jours après dépôt complet, l’administration doit notifier le sens de sa décision (R.421-23).  
  • Je viens d’un autre État membre avec une CBE : quels délais ?
    La préfecture notifie sous 30 jours à vous et à l’État d’origine ; vous devez recevoir une APS ouvrant droit au travail au plus tard J+30 après demande complète.
  • Qu’est-ce qui change pour les professions médicales/pharmacie ?
    Une carte “Talent – profession médicale de la pharmacie” (jusqu’à 4 ans) est créée ; contrôle préfectoral renforcé des conditions d’exercice.
  • Le contrôle des professions réglementées est-il plus strict ?
    Oui. L’article R.421-15-1 confie au préfet la vérification des conditions d’exercice ; attendez-vous à des demandes de pièces plus complètes.

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 OQTF : tout savoir sur les délais de recours 

 OQTF : tout savoir sur les délais de recours 

Vous venez de recevoir une OQTF et vous ne savez pas par où commencer ? 

Vous êtes au bon endroit ! 

Nous allons vous expliquer cette mesure afin que vous puissiez tout savoir sur les délais de recours.

D’abord, l’OQTF est une décision du préfet obligeant un étranger à quitter la France. Elle peut être assortie d’un délai de départ volontaire (DDV), d’une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF), d’une assignation à résidence ou d’une rétention. 

Ensuite, la mesure est valable 3 ans : une OQTF prise en 2023 peut être exécutée jusqu’en 2026 (référence : avis de la Cour de cassation du 20/11/2024, n° 24-70.005)

Enfin, les délais de recours varient selon la situation (1 mois, 7 jours, 48 h, etc.). Voir le tableau ci-dessous

Une obligation de quitter le territoire français (OQTF) est une décision administrative par laquelle le préfet enjoint à un étranger de quitter la France. Elle doit être motivée et préciser notamment le pays de renvoi.

L’OQTF vaut pendant 3 ans. Ainsi, les OQTF notifiées depuis 2023 peuvent être exécutées jusqu’en 2026. Pendant cette période, une assignation à résidence ou un placement en rétention peuvent être fondés sur une OQTF antérieure.

Le Code de l’Entrée et du Séjour des Étrangers et du Droit d’Asile (CESEDA) prévoit plusieurs cas ouvrant la voie à une OQTF. Par exemple :

  • Vous êtes entrez irrégulièrement sur le territoire et êtes restés sans titre de séjour en cours de validité.
  • Vous êtes entrez régulièrement avec un visa. MAIS vous êtes restés sur le territoire au-delà du temps imparti (3 mois) sans titre de séjour ou, le cas échéant, sans demande de renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel.
  • Vous avez reçu un refus de délivrance/renouvellement/retrait d’un titre de séjour ou d’une autorisation provisoire de séjour ;
  • Vous avez reçu un refus définitif de la qualité de réfugié/protection subsidiaire ou absence de droit au maintien. Dans le cas présent, vous ne bénéficiez plus du droit de se maintenir sur le territoire français car il n’y a pas eu recours contre la décision ou la cour nationale du droit d’asile a refusé la demande (articles L. 542-1 et L. 542-2). 
  • Vous constituez une menace pour l’ordre public ;
  • Vous résidez irrégulièrement en France depuis plus de trois mois. Durant cette période vous n’avez pas demandé d’autorisation de travail et/ou n’avez pas délivré un certificat médical pour exercer votre métier. Ainsi, vous avez ignoré les dispositions de l’article L. 5221-5 du code du travail. 
  • Lorsqu’une demande de séjour est réalisée à la suite d’un rejet de la demande d’asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français peut être prise sur le fondement du refus définitif évoqué au point 4.

Toutefois, un mineur ne peut pas faire l’objet d’une OQTF.

    Le préfet accorde ou non un délai de 30 jours. Il peut refuser ce délai en cas de :

  • Menace à l’ordre public
  • Fraude ou demande manifestement infondée
  • Risque de fuite

L’IRTF peut être prononcée notamment :

  • Si vous êtes restés au-delà de 30 jours d’une OQTF
  • Si aucun délai de départ volontaire ne vous est octroyé 
  • Si vous faites l’objet d’une OQTF (à l’appréciation de la préfecture)
  • Si vous représentez une menace à l’ordre public 
  • Si vous n’avez pas exécuté une précédente OQTF

Le préfet peut vous assigner à résidence ou vous placer en centre de rétention en vue de l’éloignement. (Un article dédié traitera ces deux régimes en détail).

  • OQTF avec DDV 30 jours : départ dans les 30 jours suivant la notification
  • OQTF sans DDV : départ dans les plus brefs délais 
  • OQTF + IRTF : interdiction de revenir pendant la durée fixée par l’arrêté.
  • OQTF + assignation à résidence : assignation au domicile en attendant l’éloignement.
  • OQTF + rétention : placement en centre de rétention dans l’attente de l’éloignement.

Attention : les délais sont très courts. Chaque OQTF doit être contestée devant le tribunal administratif dont votre domicile dépend

Type d’OQTFBase CESEDADélai pour déposer le recoursDélai pour juger
OQTF (avec/sans DDV, avec/sans IRTF)L.911-11 mois6 mois
OQTF + assignation à résidenceL.921-17 jours15 jours
OQTF + rétentionL.921-248 heures96 heures
OQTF puis assignation en cours d’instanceL.921-3—15 jours
OQTF puis rétention en cours d’instanceL.921-4—144 heures

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