DÉFILEZ VERS LE BAS

Distinguer les formes de détachement d’un salarié au sein de l’Union européenne

Distinguer les formes de détachement d’un salarié au sein de l’Union européenne.

Le détachement est une forme d’affectation d’un salarié à l’étranger à titre temporaire. Il prend la forme d’une mission de courte durée, d’une mise à disposition ou d’un transfert temporaire.

Le détachement a est à durée déterminée et le collaborateur détaché demeure subordonné à l’entreprise qui les détache et relève donc de la législation sociale de l’État d’origine.

Afin de favoriser le détachement des collaborateurs au sein de l’Europe, l’Union s’est dotée d’un ensemble de textes permettant d’éviter le « dumping social » en garantissant notamment le respect des droits essentiels des salariés dans tous les États membres de l’UE dans lesquels ils pourraient être détachés.

Ces règles se nomment « les règles de coordination ».

Pour aller plus loin

Le détachement d’un salarié dans l’Union Européenne en 2023

Pour saisir les contours de la « règle de coordination », il faut distinguer ce que les textes définissent comme « le détachement ordinaire », d’une part, et le « détachement extraordinaire », d’autre part :

Distinguer les formes de détachement d’un salarié au sein de l’Union européenne : le détachement ordinaire

Le détachement ordinaire est régi par l’article 12 du règlement CEE 833/2004. C’est pourquoi il est également appelé « détachement article 12 », ou encore « détachement de sécurité sociale ».

Il y a « détachement ordinaire » lorsque :

  • Le collaborateur franchir une ou plusieurs frontières nationales pour exercer sa mission ;
  • La mission effectuée dans le cadre du détachement ne peut excéder 24 mois. Cette condition est importante, car si le salarié dépasse cette durée de travail, il devra être affilié à l’état d’emploi pour toute la période excédentaire. Attention, les congés, la maladie, les périodes de formation ou autre n’est pas un motif de prorogation de la période maximale de 24 mois prévue par les textes.
  • Le collaborateur devant effectuer une mission de détachement doit avoir au moins 1 an d’ancienneté ;
  • L’employeur doit exercer normalement des « activités substantielles », d’après les textes soit « une activité substantielle autre que des activités de pure administration interne sur le territoire de l’État membre dans lequel il est établi. Ce point est déterminé en tenant compte de tous les facteurs caractérisant les activités de l’entreprise en question » ;
  • Le détachement ne doit pas être utilisé pour pourvoir des postes permanents. La rotation de salariés détachés sur un même poste est donc interdite. Un délai de carence de 2 mois dois être observé si un même salarié est détaché dans le même pays que précédemment.
  • Le lien de subordination entre le salarié détaché et son employeur doit être maintenu sous son autorité et lui rendre compte régulièrement de ses activités.
  • Enfin, un détachement ne vaut que pour un seul pays.

Pour aller plus loin

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Distinguer les formes de détachement d’un salarié au sein de l’Union européenne : le détachement extraordinaire

Le détachement extraordinaire est une procédure de détachement exceptionnelle. Aussi elle est aussi appelée « procédure de détachement exceptionnel ».

Aux termes de l’article 16 du règlement CEE 883/2004, il est en effet possible que deux Etats membres ou leurs autorités compétentes prévoient d’écarter les règles de coordination d’un commun accord.

L’enjeu est que s’assurer que le salarié ou le dirigeant assimilé concerné puisse conserver le bénéfice de la législation française au-delà de 24 mois.

Pour mettre en œuvre cette forme de détachement, l’employeur doit demander qu’un accord soit conclu entre les deux organes de sécurité sociale dans les deux Etat en cause.

En France, il faudra s’adresser au CLEISS : le centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale.

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Présentation du volet « travail » du projet de loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration »

Présentation du volet « travail » du projet de loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration ».

Le projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, présenté en Conseil des ministres le 1er février 2023, comporte des dispositions intéressant les entreprises à quatre égards :

  1. Il est prévu de favoriser l’intégration des salariés étrangers, en sollicitant les entreprises pour qu’ils progressent dans la maitrise de la langue française ;
  2. Créer de nouveaux titres de séjour pour faire face aux besoins de main-d’œuvre dans certains métiers en tension
  3. Permettre l’accès direct au marché du travail pour certains demandeurs d’asile ;
  4. Accroitre les sanctions contre les employeurs faisant travailler des étrangers sans titre de travail.

Cet article présente objectivement les mesures, mais invite les lecteurs à également consulter le rapport du Conseil d’Etat sur ce sujet, notamment pour l’analyse comparative avec le dispositif existant.

Présentation du volet « travail » du projet de loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » : impliquer les entreprises dans l’apprentissage de la langue française

L’article 2 du projet de loi immigration prévoit d’impliquer les entreprises qui emploient des salariés étrangers, dont la langue maternelle n’est pas francophone, par la mobilisation de ses dispositifs de formation :

1° les salariés étrangers pourront bénéficier de formations pour atteindre un niveau minimal de français pour exercer leurs fonctions dans le cadre du plan de développement des compétences (PDC) (ce niveau minimal sera fixé par décret).

2° pour les salariés étrangers engagés par un contrat d’intégration républicaine (CIR), le projet de loi prévoir qu’ils puissent suivre leur formation en français prévu dans ce cadre sur le temps de travail, ce qui implique qu’elle soit rémunérée par l’employeur (le temps de formation maximal imputé sur le temps de travail sera défini par décret).

3° Autre alternative pour les salariés étrangers engagés par un contrat d’intégration, ils pourront mobiliser leur compte personnel de formation (CPF) pour suivre une formation en français réalisée en tout ou partie durant le temps de travail (la encore le temps de formation maximal imputé sur le temps de travail sera défini par décret).

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Présentation du volet « travail » du projet de loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » : la création de nouveaux titres de séjour

Deux nouvelles cartes de séjours sont créées par les articles 3 et 7 du projet de loi immigration.

1° Une nouvelle carte de séjour temporaire « travail dans les métiers en tension » :

Dispositif expérimental valant jusqu’au 31 décembre 2026, ce titre vaudrait autorisation de travail pour 1 ans et serait délivrée automatiquement dans les cas suivants :

  • Le travailleur étranger souhaitant exercer une activité professionnelle sur la liste des métiers en tension pendant au moins 8 mois, consécutifs ou non, au cours des 24 derniers mois, et occupe toujours un tel emploi ;
  • Le travailleur étranger qui justifie d’une période de résidence ininterrompue d’au moins 3 ans en France.

A l’expiration de ce titre de séjour d’un délai d’un an, le travailleur étranger pourrait bénéficier d’une carte de séjour pluriannuelle « salarié » s’il dispose d’un CDI.

La nouveauté introduite par cette carte de séjour temporaire « travail dans les métiers en tension » est qu’elle n’implique aucune démarche de l’employeur pour son attribution !

Seul le travailleur étranger qui souhaite en bénéficier doit effectuer les démarches en ce sens et présenter les justificatifs nécessaires.

Attention toutefois, le projet de loi n’est pas si libératoire pour les entreprises puisqu’il prévoit néanmoins qu’à l’occasion de l’instruction de la demande du titre de séjour « travail dans les métiers en tension », « la situation de l’employeur fera l’objet des contrôles et vérifications prévus au code du travail (respect des obligations déclaratives sociales, vérification que l’employeur n’a pas fait l’objet de sanctions, que le salaire proposé à l’étranger est conforme aux minima prévus par la loi, les conventions collectives de branche, ou d’entreprises) ».

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2° Une nouvelle carte pluriannuelle de séjour « talent – professions médicales et de la pharmacie »

Ce titre de séjour serait institué au profit des travailleurs étrangers non ressortissants de l’UE qui occupent la profession de médecin, de chirurgien-dentiste, de sage-femme ou de pharmacien.

Pour l’obtenir, ces professionnels de santé étrangers devraient remplir les conditions suivantes :

– avoir une autorisation d’exercer de l’agence régionale de santé (ARS) ;

-être employés au sein d’un établissement public ou privé à but non lucratif de santé, social ou médico-social ;

-justifier d’un seuil de rémunération qui sera fixé par décret.

3° Nouveaux noms pour le « passeport talent »

L’article 6 du projet de loi immigration « passeport talent » serait renommé, l’utilisation actuelle du terme « passeport » prêtant à confusion.

Il y aurait ainsi :

  • La carte de séjour portant la mention « talent » ;
  • La carte de séjour pluriannuelle portant la mention « talent-porteur de projet », pour les personnes étrangères ayant un projet de création d’entreprise ou un projet économique innovant et d’investissement économique direct en France.  

Favoriser l’accès au marché du travail à certains demandeurs d’asile

L’article 4 du projet de loi immigration prévoit qu’il soit mis fin au délai de 6 mois actuellement prévu pour permettre aux demandeurs d’asile originaires de pays dont le taux de protection internationale excède un seuil fixé par décret et figurant sur une liste établie par l’administration d’accéder au marché du travail dès l’introduction de leur demande d’asile.

Présentation du volet « travail » du projet de loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » : une nouvelle amende administrative

L’article 2 du projet de loi immigration prévoit la création d’une nouvelle amende administrative qui pourrait être infligée aux entreprises faisant travailler un ou plusieurs étrangers de manière irrégulière, c’est-à-dire sans autorisation de travail valide ou conforme.

D’un montant maximal de 4000 € par travailleur étranger employé irrégulièrement, cette amende sera infligée au regard des circonstances. Les employeurs s’inscrivant, de bonne foi, dans une démarche de régularisation de leurs personnels devraient par conséquent éviter cette sanction, s’ils ne les font pas travailler dans les conditions indignes.

Le cas échéant, ce seront les sanctions actuelles qui pourront être prononcées :

Ainsi, comme l’expose le projet de loi, cette nouvelle amende administrative vient combler un vide juridique en ce qu’elle « s’inscrit dans une gradation des sanctions, en s’appliquant dans les situations où [l’] infraction est caractérisée mais où les conditions ne sont pas rassemblées pour justifier une fermeture administrative. Aucun critère de gravité ou de répétition n’est prévu ».

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Précisions sur comment un étranger parent d’un enfant de français peut obtenir un titre de séjour

Précisions sur comment un étranger parent d’un enfant de français peut obtenir un titre de séjour ?

L’article L.423-7 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que :

« L’étranger qui est père ou mère d’un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant dans les conditions prévues par l’article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention  » vie privée et familiale  » d’une durée d’un an, sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1. »

A noter que pour les ressortissants algériens le principe demeure mais se trouve à l’article 6, 4 de l’accord franco-algérien de 1968 qui prévoit la délivrance d’un certificat de résidence au ressortissant algérien parent d’un enfant français sur lequel il exerce, même partiellement, l’autorité parentale ou qu’il subvienne effectivement à ses besoins ; l’autorité parentale n’est pas ici subordonnée à l’effectivité de l’exercice parentale (CAA de Douai, 16 février 2012, n°11DA01697).

D’une clarté incontestable il n’en demeure pas moins que ce dispositif légal appelle quelques précisions.

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Précisions sur comment un étranger parent d’un enfant de français peut obtenir un titre de séjour : la notion de contribution effective à l’entretien et à l’éducation des enfants

Il est ici fait référence à l’article 371-2 du Code civil qui dispose que :

« Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant.

Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l’autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l’enfant est majeur. »

Le Conseil constitutionnel a indiqué que doit être regardé comme subvenant effectivement aux besoins de l’enfant le père ou la mère qui a pris les mesures nécessaires, compte tenu de ses ressources, pour assurer l’entretien de celui-ci ; toute autre interprétation méconnaitrait le droit des intéressés à mener une vie familiale normale (CC, 22 avril 1997, n°97-389 DC).

Il ressort donc qu’il revient à l’étranger de démontrer, au regard de ses moyens, qu’il met tout en œuvre pour contribuer à l’entretien de son enfant en participant aux frais inhérents à son développement et à son bien-être (achat de matériels scolaires, paiement des visites médicales…) mais également à son éducation en participant aux décisions essentielles.

Cette obligation varie selon les capacités contributives de l’étranger ;

  • Un étranger sans emploi peut satisfaire à cette condition s’il est présent constamment avec son enfant et contribue par cette présence au quotidien auprès de lui à son entretien et à son éducation (CAA de Lyon, 11 décembre 2008, n°08LY01167) ; et
  • Un étranger qui bénéficie de revenus conséquents peut tout à fait ne pas satisfaire cette condition lorsqu’il réalise des virements très faibles à l’endroit de son fils français au regard de son salaire mensuel (CE, 9 septembre 1996, n°147920).

Il convient donc de bien prendre en compte le fait que l’appréciation de cette contribution se fait in concreto au regard de la situation financière du sollicitant.

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Précisions sur comment un étranger parent d’un enfant de français peut obtenir un titre de séjour : l’exercice de l’autorité parentale

L’une des questions fondamentales est de savoir si en plus d’être parent d’un enfant français il faut également avoir l’exercice de l’autorité parentale.

Par autorité parentale on entend un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant (article 371-1 du Code civil).

La réponse est ici catégorique : la perte de l’autorité parentale par décision juridictionnelle empêche de solliciter un titre de séjour « parent d’enfant français » (CE, 20 janvier 1999, n°170946). Cependant, l’exercice.

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Maître Grégoire HERVET – EXILAE Avocats

Qu’est ce qu’une politique de mobilité internationale des salariés?

Qu’est ce qu’une politique de mobilité internationale des salariés?

Lorsqu’une société souhaite expatrier ou impatrier des collaborateurs, il est primordial pour elle de déterminer une politique de mobilité internationale.

Elle lui permet en effet de fixer un cadre cohérent pour régir les départs et les arrivées de salariés.

Une politique de mobilité internationale est déterminante pour attirer les talents et fidéliser des compétences clés pour l’entreprise.

Qu’est ce qu’une politique de mobilité internationale des salariés? Objet d’un tel outil

Une politique de mobilité internationale est déterminante pour détailler les conditions d’impatriation et d’expatriation des collaborateurs et les aider à se projeter dans le processus de mobilité.

Au sein d’un groupe, une politique de mobilité internationale est indispensable pour harmoniser les pratiques de l’ensemble des entités et permettre ainsi aussi, par cette voie, la mobilité intra-groupe.

En conséquence, une politique de mobilité est le guide unique en interne pour l’ensemble des dirigeants, managers et collaborateurs projetant leur activité ou son développement à l’international.

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La politique de mobilité internationale doit détailler :

  • La forme de la relation de travail à l’étranger et notamment si elle prend la forme d’un détachement ou d’une expatriation ;
  • Les avantages salariaux liés à chaque type et chaque durée de mobilité.

Surtout, et de façon déterminante pour les collaborateurs se projetant sur de la mobilité internationale : des indications claires sur l’impôt et les charges sociales dont le collaborateur et l’employeur seront redevables.

A cet égard, la politique de mobilité devra arbitrer quel système de gestion de l’impot est retenu.

On distingue, en droit de la mobilité internationale, trois techniques :

1° l’égalisation

2° la protection

3° la souscription d’un contrat de droit local avec, éventuellement, une clause de salaire net garanti.

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Comme toute politique d’entreprise, celle relative à la mobilité internationale pourra être établie unilatéralement ou en conscertation avec les partenaires sociaux.

Qu’elle qu’en soit la forme, décision unilatérale de l’employeur ou accord, il conviendra de consulter le CSE sur le projet de politique de mobilité internationale dès lors qu’il intéresse nécessairement les conditions de travail et la rémunération des collaborateurs.

A cet égard, il est certain que les conséquences fiscales de l’impatriation et de l’expatriation seront étudiées de près !

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Le détachement d’un salarié dans l’Union Européenne en 2023

Le détachement d’un salarié dans l’Union Européenne en 2023.

Le détachement est une forme d’affectation d’un salarié à l’étranger à titre temporaire. Il prend la forme d’une mission de courte durée, d’une mise à disposition ou d’un transfert temporaire.

C’est donc à la société employeur, qui décide d’envoyer un salarié à l’étrange,r de définir précisément la mobilité internationale de son collaborateur via une lettre de mission ou un avenant à durée déterminée à son contrat de travail.

Car le détachement a deux caractéristiques principales :

  • Il est à durée déterminée ;
  • Il est réalisé pour le compte de la société employeur, dans l’état d’origine du collaborateur, et sous la subordination de celui-ci.

Le détachement d’un salarié dans l’Union Européenne en 2023 : la règle de coordination applicable

Le droit de l’Union européenne organise le détachement de salariés dans les différents Etats membres sur le fondement de 3 règlements :

  • Le règlement CEE 883/2004,
  • Le règlement CEE 987/2009 ;
  • Le règlement UE 988/2009.

Ce sont ces trois textes qui déterminent la marge de manœuvre d’un employeur qui souhaite détacher un salarié dans l’Union européenne.

Elle se nomme « la règle de coordination », en ce qu’elle permet le maintien de la législation sociale française dans le pays de travail.

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Les pays concernés par la règle de coordination

Grace aux règlements précités, le détachement d’un collaborateur au sein de l’Union européenne est facilité au sein de ses 27 Etats membres :

Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Slovaque, République Tchèque, Roumanie, Slovénie et Suède (en plus de la France bien-sur).

D’autres conventions internationales ont étendu totalement ou partiellement les règles applicables au détachement de salarié au sein de l’UE à d’autres États n’en faisant pas partie.

Ainsi, elles s’appliquent notamment à :

  • La Croatie, pour les détachements de salariés depuis l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein) ;
  • La Suisse ;
  • L’Islande, la Norvège et le Liechtenstein (pays de l’AELE).

Les pays exclus des règles de coordination

En revanche, la règle de coordination de concerne pas les salariés détachés aux :

  • Le Royaume-Uni ;
  • Iles britanniques de Jersey et de Guernesey ;
  • Territoire de l’Antarctique britannique ;
  • Territoire britannique de l’océan indien ;
  • Iles vierges britanniques ;
  • Ile de Man ;
  • Aruba, aux Antilles néerlandaises (Bonaire, Curaçao, Saba, Saint Eustatius, Sint Maarten), Anguilla, iles Cayman, Iles Falkland, Géorgie du Sud et Iles Sandwich du Sud, Montserrat, Sainte-Hélène, Bermudes ;
  • Groenland ;
  • Nouvelle-Calédonie ;
  • Polynésie Française,
  • Wallis-et-Futuna ;
  • Mayotte ;
  • Saint-pierre et Miquelon ;
  • Iles Féroé.

Le détachement d’un salarié dans l’Union Européenne en 2023 : les conditions relatives au salarié pour bénéficier des règles de coordination

Les règles de coordination s’appliquent à tous les salariés ou dirigeants ressortissants de l’Union européenne ou de la Suisse. C’est également le cas des réfugiés résidant dans un état de l’Union européenne.

Les règles de coordination s’appliquent également à tous les salariés ou dirigeants qui ne sont pas ressortissant de l’Union européennes s’ils y résident légalement ou se trouve dans une situation transfrontalière. 

Le salarié détaché, s’il y bénéficie des règles de la coordination, verra sa relation de travail et les modalités sociales de celle-ci (notamment en termes de cotisations) soumises au droit Français pendant 24 mois.

L’autre point essentiel est que les règles de coordinations permettent que le salarié détaché dans un autre État membre de l’UE bénéficie d’un noyau dur de droits sociaux en vigueur dans l’Etat membre d’accueil, même s’ils demeurent subordonnés à l’entreprise qui les détache et relèvent donc de la législation de l’État membre d’origine.

Sont notamment prévus : les taux de salaire minimaux ; les périodes maximales de travail et les temps obligatoires de repos, dont les congés payés, les règles relatives à la santé et à la sécurité ainsi que celles relatives à l’égalité entre les hommes et les femmes au travail.

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Le placement en retenue d’un ressortissant étranger en 2023

Le placement en retenue d’un ressortissant étranger en 2023.

Le recours à la garde-à-vue n’est pas possible au seul motif de l’irrégularité du séjour d’un ressortissant étranger.

Le législateur a donc institué une mesure de vérification de la situation administrative des ressortissants étrangers qui ne sont pas en mesure de justifier leur droit de circulation et de séjour en France : la retenue.

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La procédure dite de retenue est consécutive à un contrôle d’identité réalisé en application des articles 78-1 à 78-2-2 du Code de procédure pénale.

C’est donc à la suite d’un contrôle d’identité au cours duquel un ressortissant étranger ne peut justifier de la possession d’un titre de séjour ou d’un visa en cours de validité qu’il sera soumis à cette procédure de retenue.

Cette vérification de la régularité du séjour de l’étranger implique un temps de retenue maximal de vingt-quatre heures (article L.813-3 du CESEDA).

Le procureur de la République est informé de cette procédure de retenue (s’il n’est pas informé de la retenue, il s’agit alors d’une voie de fait viciant la procédure et ouvrant droit à réparation).

Lors de la retenue, l’officier de police judiciaire a la possibilité de fouiller les bagages et effets personnels de la personne retenue, avec accord de celle-ci ou, à défaut, après information du procureur de la République.

Cette possibilité est critiquable car, dans la mesure où la retenue a juste pour but de vérifier la régularité du séjour de l’étranger concerné, il est ici question de fouiller les effets personnels d’une personne ce qui ne permettra, aucunement, à définir son droit au séjour.

L’emploi de mesures de contrainte (menottes, entraves) ne pourra intervenir que si la personne retenue fait preuve d’agressivité ou a clairement manifesté sa volonté de ne pas se soumettre à la retenue.

A noter que si l’étranger reconnait, dès le contrôle d’identité, être en situation irrégulière et décline sa véritable identité, il n’y a pas lieu de procéder à son placement en retenue puisque son absence de droit au séjour est établie (Cass, Civ 1ère, 28 mai 2014, n°13-50.034).

Le placement en retenue d’un ressortissant étranger en 2023 : les droits de l’étranger pendant la retenue

L’étranger est informé dès son placement en retenue qu’il dispose de la faculté d’être assisté d’un interprète, de faire aviser un avocat à la présentation duquel s’ouvre un droit d’entretien de trente minutes dans des conditions garantes de la confidentialité.

Cependant, la première audition peut avoir lieu sans avocat si elle a pour but unique de demander, nom, prénoms, date de naissance et nationalité (soit les éléments relatifs à l’identité de l’étranger).

L’étranger peut demander à être examiné par un médecin et contacter ou faire contacter sa famille ou toute personne de son choix.

L’officier de police judiciaire, s’il ne parvient aucunement à établir la situation de l’intéressé, peut procéder à des prises d’empreintes et de photographes après information du procureur de la République.

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Si la retenue démontre que l’étranger est situation irrégulière, il sera pris par la préfecture une obligation de quitter le territoire français.

Si la retenue démontre que l’étranger est sous le coup d’une mesure d’éloignement, il sera vérifié si elle est exécutoire ce qui peut alors entraîner un placement en rétention administrative.

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L’usage du référé-liberté en droit des étrangers

L’usage du référé-liberté en droit des étrangers.

A l’instar de la procédure administrative contentieuse « classique », la pratique du contentieux en droit des étrangers nécessite la maîtrise de l’intégralité des outils contentieux dont les référés, outils indispensables, pour défendre au mieux les intérêts de l’étranger.

Parmi ces référés, on note le référé-liberté dont l’utilité est certaine en droit des étrangers.

Le référé-liberté est prévu à l’article L.521-2 du Code de la justice administrative :

« Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ».

Il convient donc, à la lecture de ces dispositions, de démontrer la réunion de deux conditions : une situation d’urgence et l’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

L’usage du référé-liberté en droit des étrangers : la démonstration de l’urgence

Cette condition est stricte ; il faut ici démontrer une urgence impérieuse et immédiate.

Il faut justifier d’une urgence à obtenir une décision dans les quarante-huit heures, mais pour autant, le juge admet que certaines décisions créent par elles-mêmes un préjudice immédiat et grave (CE, 25 novembre 2003, n°261913).

En droit des étrangers, l’urgence est caractérisée en cas de décision de remise à un état étranger (CE, 30 juillet 2008, n°313767) ou lorsque l’étranger est placé en zone d’attente (CE, 24 octobre 2005, n°286247) ou assigné à résidence (CE, 7 juin 2011, n°349817).

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L’usage du référé-liberté en droit des étrangers : l’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale

La loi ne définit aucunement la notion de liberté fondamentale au sens de l’article L.521-2 du CJA ; c’est la jurisprudence qui est venue définir cette notion en qualifiant expressément telle liberté de fondamentale ou non.

La liberté d’aller et venir.

La liberté d’aller et venir est définie comme une liberté fondamentale (CE, 12 novembre 2001, n°239794 ou encore CE, 20 mars 2009, n°325967).

Il a ainsi été jugé que le refus de renouveler une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé peut constituer une atteinte à une liberté fondamentale (TA de Nantes, 3 février 2011, n°1100954).

Le droit de mener une vie familiale normale.

Le droit de mener une vie familiale normale est une liberté fondamentale au sens de l’article L.521-2 du Code de la justice administrative (CE, 13 mars 2009, n°325855).

Le droit de solliciter le statut de réfugié.

Le droit de demander le statut de réfugié est une liberté fondamentale ; le droit constitutionnel d’asile a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié dont l’obtention est déterminante pour l’exercice par les personnes concernées des libertés reconnues de façon générale aux ressortissants étrangers (CE, 14 janvier 2005, n°276123).

Ici, l’enjeu est tout naturellement l’hébergement des demandeurs d’asile : la privation de ce droit au logement des demandeurs d’asile est une atteinte grave et manifestement illégale au droit constitutionnel d’asile.

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La preuve de la discrimination à l’embauche fondée sur le nom de famille 

La preuve de la discrimination à l’embauche fondée sur le nom de famille.

Le 14 décembre 2022, la Cour de cassation a reconnu la discrimination en raison de l’origine subie par un salarié intérimaire qui n’a jamais obtenu de CDI en raison de son nom « à consonnance extra-européenne » en se fondant sur une preuve statistique (Cass Soc 14 décembre 2022 RG n° 21-19.628).

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La preuve de la discrimination à l’embauche fondée sur le nom de famille : ce que dit la loi

La loi est claire : Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement, ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire en raison de son nom de famille (Art. 225-1 du Code pénal ; art.   L.1132-1 du Code du travail).

Après une mission d’intérim, le salarié qui se voit refuser un poste en CDI en raison de son nom de famille est victime de discrimination.

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La preuve de la discrimination à l’embauche fondée sur le nom de famille : la preuve statistique

Dans cette affaire, le salarié en intérim avait occupé des postes de monteur entre 2015 et 2019.

Ce salarié sollicitait la requalification en CDI de ses contrats en intérim et demandait des dommages-intérêts au titre d’une discrimination à l’embauche en raison de son nom à consonance extra-européenne.

Pour démontrer la discrimination, le Code du Travail prévoit deux étapes :

  • Le salarié doit présenter des éléments de fait laissant supposer l’existence d’une discrimination.
  • S’il y a suffisamment d’éléments en ce sens, il revient ensuite à l’employeur de prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination (c. trav. art. L. 1134-1).

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Le juge rend alors sa décision après avoir étudié les faits « dans leur ensemble ».

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La preuve de la discrimination par les statistiques

Pour démontrer la discrimination le salarié avait utilisé le registre unique du personnel et s’appuyait sur ce document pour démontrer que :

  • Parmi les salariés en intérim, le nombre de salariés recrutés en CDI étaient de :
    • 18,07 % pour les salariés avec un patronyme européens ;
    • 6,9 % pour les salariés à patronyme extra-européen.
  • Les salariés à patronyme extra-européen en intérim représentaient :
    • 8,17 % de l’ensemble des salariés intérimaires ;
    • 2,12 % de l’ensemble des salariés en CDI pour les mêmes postes ;
  • Les salariés embauchés en CDI après avoir été en intérim représentaient :
    • 80,93 % des salariés à patronyme européen ;
    • 21,43 % des salariés à patronyme extra-européen.

Les juges ont considéré que ces éléments laissaient supposer l’existence d’une discrimination.

Face aux exemples peu fournis utilisés par l’employeur, les juges ont considéré que la société n’avait pas prouvé que ses choix d’embauche étaient justifiés par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.

La discrimination a donc été retenue.

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Qu’est ce que la Commission du titre de séjour ?

Qu’est ce que la Commission du titre de séjour ?

Selon l’article L.312-2 du CESEDA,

« La commission est saisie par l’autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l’article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné aux articles L. 314-11 et L. 314-12, ainsi que dans le cas prévu à l’article L. 431-3.

L’étranger est convoqué par écrit au moins quinze jours avant la date de la réunion de la commission qui doit avoir lieu dans les trois mois qui suivent sa saisine ; il peut être assisté d’un conseil ou de toute personne de son choix et être entendu avec l’assistance d’un interprète. L’étranger peut demander le bénéfice de l’aide juridictionnelle dans les conditions prévues par la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, cette faculté étant mentionnée dans la convocation. L’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par le président de la commission.

S’il ne dispose pas d’une carte de séjour temporaire ou si celle-ci est périmée, l’étranger reçoit, dès la saisine de la commission, un récépissé valant autorisation provisoire de séjour jusqu’à ce que l’autorité administrative ait statué. »

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Qu’est ce que la Commission du titre de séjour ?

La commission du titre de séjour est instituée dans chaque département.

Sa composition est prévue à l’article Commission du titre de séjour et du séjour des étrangers en France ; y siègent un maire d’une commune du département ou l’un de ses suppléants désigné par le président de l’association des maires du département et de deux personnalités qualifiées désignées par le préfet.

Généralement, les deux personnalités sont des fonctionnaires de la police de l’air et des frontières ou des agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

La compétence de la commission est fixée par l’article 432-13 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers en France ; elle est saisie lorsque l’autorité administrative envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour « vie privée et familiale » aux conjoints de français, père ou mère d’un enfant français, étranger né en France et ayant résidé pendant au moins huit ans, étranger entrée en France par la procédure de regroupement familial, jeune majeur ayant résidé habituellement en France depuis l’âge de treize ans ou qui a été confié à l’aide sociale à l’enfance, étranger malade ou à l’étranger titulaire d’une rente d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

La saisine de la commission est également obligatoire lorsqu’on envisage de refuser une admission exceptionnelle au séjour à un ressortissant étranger qui démontre résider en France depuis plus de dix années.

Si l’administration ne saisit pas la commission dans ces cas de figure, il s’agit d’un vice de procédure annulant automatiquement la décision de refus de délivrance ou de renouvellement (TA de Paris, 19 décembre 1997, n°9313645/4 ou encore CE, 10 août 2005, n°258044).

Concernant la procédure devant la commission, l’étranger est convoqué par écrit au moins quinze jours avant la date de la réunion de la commission qui doit avoir lieu dans les trois mois qui suivent sa saisine ; il peut être assisté d’un avocat et être entendu avec l’assistance d’un interprète.

Il sera questionné sur son parcours, sa situation personnelle et familiale ainsi que son insertion professionnelle.

Si l’étranger a commis des faits infractionnels, il sera questionné sur les circonstances de ces derniers.

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Bien choisir sa formule d’expatriation en 2023

Lorsqu’une entreprise souhaite envoyer un collaborateur à l’étranger, elle peut avoir recours à plusieurs dispositifs : mission de courte ou de longue durée, détachement, mise à disposition d’une filiale à l’étranger, expatriation, contrat de mission …

Contrairement au droit de la sécurité sociale, le Code du travail ne définit pas ces différentes formes de mobilité internationale. C’est la pratique qui les distingue, en particulier s’agissant du détachement et de l’expatriation.

Bien choisir sa formule d’expatriation en 2023 : le détachement

Le détachement est une forme d’affectation d’un salarié à l’étranger à titre temporaire, sur une plus ou moins longue durée.

Il prend la forme d’une mission de courte durée, d’une mise à disposition ou d’un transfert temporaire.

C’est donc à la société qui décide d’envoyer un salarié à l’étranger de définir précisément la mobilité internationale de son collaborateur via une lettre de mission ou un avenant à durée déterminée à son contrat de travail.

Car le détachement a deux caractéristiques principales :

  • Il est à durée déterminée ;
  • Il est réalisé pour le compte de la société employeur, dans l’état d’origine du collaborateur, et sous la subordination de celui-ci ;

Aussi, le détachement a deux conséquences sur la situation du collaborateur en mobilité :

  • L’employeur du collaborateur en mobilité internationale continue à cotiser selon les règles de l’État d’origine et non dans l’État d’emploi ;
  • Les prestations sociales dont peut bénéficier le collaborateur sont à la charge de la sécurité sociale du pays d’origine.

Les intérêts du détachement sont donc :

  • Le maintien du contrat de travail : Contrairement à l’expatriation, voire ci-dessous, le lien de subordination entre le salarié détaché et on employeur d’origine situé en France reste maintenu.

Il en résulte que le contrat de travail conclu en FRANCE, lors de l’embauche du collaborateur, continue de s’appliquer durant la mission à l’étranger.

A la fin de la mission, le collaborateur réintègre son entreprise d’origine, dans un emploi similaire (L. 1231-5 du Code du travail).

  • La protection sociale est maintenue dans le pays d’origine. L’employeur ne cotise pas dans le pays d’emploi

Les conditions juridiques du détachement :

  • Pour fixer les modalités du détachement, l’employeur doit formaliser la proposition de mission à l’étranger, ses conditions et les soumettre au collaborateur visé, soit par une lettre de mission ou un avenant à durée déterminée à son contrat de travail.

Bien choisir sa formule d’expatriation en 2023 : l’expatriation

L’Expatriation concerne toutes les situations où un salarié est employé à l’étranger par son employeur établi en France, en dehors des cas de détachement.

En effet, en cas d’expatriation, il n’y a plus de rattachement du collaborateur en mobilité internationale au régime de Sécurité sociale Française.

L’expatriation concerne donc :

  • Une mission prévue dès l’origine pour une très longue durée, en général pour occuper un poste précis ;
  • Une mission directement envisagée hors du cadre du détachement, bien qu’elle soit de courte durée.

L’expatriation a deux conséquences sur la situation du collaborateur en mobilité :

  • L’employeur demeure tenu d’assurer sa sécurité et de protéger sa santé en prenant toutes les mesures nécessaires ;
  • Le lien du de subordination entre le salarié et l’employeur d’origine est distendu, sinon rompu.

Les intérêts de l’expatriation sont donc :

  • La conclusion d’un contrat de travail local avec l’entreprise du pays d’expatriation, c’est-à-dire l’entreprise d’accueil (de fait, le contrat de travail français est suspendu tout au long de la mission à l’étranger, voire même rompu).

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Et la question de l’imposition ?

L’Imposition des revenus du salarié en mobilité internationale n’est pas liée au statut de détaché ou d’expatrié. C’est le critère de la résidence fiscale qui est déterminant.

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